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Les devoirs sont-ils inutiles?

D’après une récente étude de la V.R.T. et de Newsblad, les « devoirs ont peu d’effet sur l’apprentissage ».

Le problème, à mon (humble) avis, est que l’on traite le système de l’éducation comme une usine à fabriquer des facteurs de production; avec ses requis en terme de production et ses attentes en termes de résultats. Et le tout, en faisant passer chaque outil de travail par la même usine à les fabriquer.
Du coup, il faut « échouer » le circuit général pour arriver dans un circuit technique ou professionnalisant – ce qui, en termes psychologiques, peut être difficile à vivre tant pour les parents que pour les jeunes – pour privilégier, que sais-je, un idéal de médecin, avocat… auquel l’enfant n’aspire peut-être pas.
Alors que bon, si on reste dans l’optique ‘usine’ (auquel je ne souscris pas, mais soit), en termes de rentabilité expérience/années d’études, ce qui est le mieux reste les filières professionnelles – mi stage mi cours dans le secondaire. Alors que chaque parent pousse ardemment ses enfants vers le général.

Alors, je ne suis pas sûr que les devoirs n’ont pas d’effet sur l’apprentissage, parce que c’est en répétant des actions qu’on les rend mécaniques et donc qui nous permettent de les utiliser ensuite. Donc en primaire et début secondaire, je pense qu’on essaye de mettre trop de responsabilités sur le dos des professeurs. L’Homo Sapiens, normalement, éduque lui-même ses enfants, je le rappelle. On dit que l’éducation n’est plus ce qu’elle était mais visiblement, ce sont les parents qui sont incapables de faire faire leurs devoirs à leurs enfants.

Je pense que la première personne à éduquer, ce sont les parents. On dit toujours « il n’y a pas de cours pour être parent » – et c’est peut-être là notre erreur. Pour l’instant, nous reposons sur l’enfant pour transmettre de la documentation signée à la hâte, parcourue ou simplement ignorée.
En les renseignant bien sur les différents types d’études qui existent et en insistant sur le fait qu’il n’y en ait pas une plus mauvaise que l’autre – général, technique ou professionnalisant – pour pousser les enfants à s’orienter vers leur PASSION, et de s’y impliquer à 100%; je pense, et j’espère, que le problème des devoirs deviendra accessoire.

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België Barst… de Wever?

« Barst » de Wever pour un autre mandat de formateur de gouvernement? Il a déjà échoué dix jours durant, réussira-t-il en lui accordant plus de temps?
Alors qu’il y a un an que la Belgique retient son souffle, Paul Magnette soulève que « si on isole la n-va, on va la renforcer »… analyse.

België Barst, disaient-ils, avant qu'ils n'aient effectivement le pouvoir de le faire.

« Le Tisserand » se dénoue de l’Europe de plus en plus. Contestant les idées européennes, multipliant les déclarations douteuses, la mauvaise foi… Paul Magnette jugerait plus efficace de les laisser prendre le pouvoir afin de les regarder, amusé, se casser la figure.

Peut-on prendre un tel risque? Certes, il est évident que, malgré qu’ils soient entourés d’économistes, la défense de leurs idées passent par un mensonge évident qui, au pouvoir, ne saurait être appliqué. Mais des partis nationalistes au pouvoir, il y en a déjà eu des réussis, qui ont mené à des drames insupportables, qu’on ne peut laisser voir appliquées ici.

Si Bart de Wever est effectivement dans la formation gouvernementale, rien ne nous prouve que sa mauvaise foi ne durera pas jusque là… faire supprimer le vote obligatoire, et alors rencontrer les résultats Français (à savoir des votes « militants » ), prendre des mesures préparant à une séparation, sinon une séparation effective.

Peut-on prendre ce risque? Non. Ce n’est pas parce que la méthode de l’écartement n’est pas efficace ailleurs que ce n’est pas la bonne méthode. D’ailleurs, si l’écarter ne fait que la renforcer, le résultat final sera le même que si on l’accepte dans le gouvernement… à part qu’on aurait montré que la société n’est pas bâtie pour permettre un nationalisme.

Même sur le long terme, où l’on pourrait imaginer un vote de sanction plus rapide si on laisse la N-VA former un gouvernement, il n’est pas certain non plus que l’écartement pur et simple, dans notre cas, mènerait à un vote de sanction. « Ils ne sont même pas parvenus à s’imposer dans le pouvoir en place… » Je pense que dans le cas de la Belgique, il y a une autre conscience que celle des autres états. Au delà de respecter ses promesses, il y a celle de la défense de sa légitimité au pouvoir, puisqu’avec le vote proportionnel on peut voir apparaître des gouvernements à l’opposition.

Peut-on imaginer une N-VA prendre nos décisions à l’europe? Non! Sur la durée de son mandat, il y aura suffisamment de décisions importantes à prendre, et donc des divisions entre la le parti séparatiste et les autres partis, majoritairement européens. Cela déportera vers d’autres débats parlementaires sur l’appui de ces mesures et donc, sincèrement, une bête perte de temps.

C’est vrai, quitte à le voir disparaître, autant essayer de s’arranger que cela se passe tout de suite… toute théorie de sciences politiques qu’il s’agisse, il ne faut pas oublier les maths: Dans un cas, la n-va est écartée, et on la retrouve (peut-être) dans trois ans; dans un autre cas, la n-va est gardée, et on est pas surs de la perdre dans trois ans, avec les dégâts en prime.

Si la finalité est de la voir disparaître, le premier est cas est, mathématiquement, plus valable.

Alors, permettre à la N-VA de reprendre les négociations? C’est idiot. On ne va pas retourner à un cortège, nous ne sommes pas des poissons rouges qui tournent dans leur bocal: encore une fois il y aura refus net des francophones, et encore une fois ce sera de leur faute si aucun gouvernement n’est formé.

À côté de cela, le rappel du CD&V est qu’ils suivront le parti séparatiste si celui-ci veut d’un gouvernement. Il me semble plutôt évident, pour l’avoir démontré à plusieurs reprises, qu’il ne s’agit pas là de leur intention.

Si l’on veut d’un gouvernement valable, il faudra un gouvernement sans nationalisme, et si possible sans le prof d’histoire.

Bonne journée!

Être rattachiste maintenant, c’est être séparatiste.

Eric van Rompuy, à son retour d’Allemagne: « Avons-nous encore de vrais dirigeants au nord et au sud de ce pays? », belle hypocrisie! Cela paraît difficile de croire qu’il s’agit d’un trait d’humour, visiblement stérilisé, et lui-même est pourtant partisan du coup de pied dans la fourmilière quand cela n’est pas nécessaire.
En lisant les commentaires et la presse, je constate que, de plus en plus, la situation devient risible et insoluble. Reprise des éléments de ces derniers jours, pour montrer que la Belgique n’est plus qu’un dessin sur une plage, et que la vague est en route.

La Mer du Nord. La Belgique est au loin, au large... Crédit photo: Xiiime.

 Nous avons pourtant proposé des solutions. Peut-être ne sont-elles pas meilleures, mais il y en a.
Dans l’hypothèse où demain, ils trouveraient un accord,  un parti nationaliste en redemanderait davantage, trouverait un argument, parce qu’il y a toujours un argument pour être nationaliste.

La Belgique est un pays compliqué. Pas plus tard que ce matin, je pouvais lire, quelque part – je l’ai d’ailleurs twitté – « Halte à la dictature gouvernementale! Manifestation le 23 avril contre l’interdiction de fumer dans les cafés. »

Et là, double constat. D’une part, il ne s’agit pas d’une décision gouvernementale, mais d’un arrêt de la Cour Constitutionnelle. Ça ne change pas grand-chose, d’un côté, mis à part que ça peut difficilement relever de la dictature.

Mon autre constat est un rien plus négatif. Il a oublié que nous n’avons pas de gouvernement depuis un an. Et que ce qui nous sert de marionnettiste aveugle est un gouvernement qui n’a certainement pas les compétences pour adopter une loi aussi bénigne. Depuis le temps, il est probable que l’essentiel des affaires courantes soient traitées au profit des affaires urgentes et habituelles, donc cette loi n’en fait probablement pas partie.

La Belgique serait-elle trop compliquée? Sa population peut-elle véritablement voter « juste » si elle ne sait même pas comment son pays fonctionne?

Et pourtant, des blogueurs, des gens qui comprennent, des gens qui ne comprennent pas, tiennent à leur Belgique. Elle n’est pas si vieille, en soi – même si l’on parle d’une Beglicae depuis l’antiquité – et ne résulte que de moult guerres pour faire valoir ses droits. Droits piétinés par l’Histoire.

Je n’aime, d’habitude, pas parler de l’ésotérisme politique – même si c’est défendable – parce que la politique n’a vraiment d’effets que lorsqu’elle forme une majorité, ou un plébiscite suffisant pour être représenté.

Mais certains défendent l’idée que la France et la Belgique devraient se rattacher.

Et, au gré des vagues des crises politique, cela peut impliquer beaucoup de monde, et cesser d’être un ésotérisme politique. Par exemple, un sondage de l’IFOP diffusé par Le Soir* montre un record de 50% en 2008. Ils étaient 32% en 2010, selon le Figaro*. À peu près autant que la N-VA, la même année.

C’est une solution qui en enchante certains, défendue depuis avant même la naissance de la Belgique. Elle s’explique, entre autres, par des intérêts économiques et culturels. On accordera que nous partageons la langue, une histoire commune, un code civil en commun, une constitution d’inspiration commune.

Nous sommes des rejetons de la France, agglutinés à la Flandre, qui nous rejette ardemment. J’accorde que nous sommes moins Flamands que francophones, et j’admets également que l’idée d’habiter une des plus grandes puissances mondiales serait sympathique d’un point de vue économique.

Paris et sa beauté, son histoire, les côtes niçoises et leurs stars, les montagnes et leurs stations de ski, la Bretagne, si poétique, la côte atlantique, le Périgord… La France est un pays magnifique, où se mélangent des cultures et des accents, qui nous transportent dans l’histoire et dans les rues étroites de ses vignobles.

Mais la Belgique n’est pas la France. La Belgique, Anvers, Bruxelles, Charleroi, Liège; ces villes ne sont pas françaises.

Il serait absurde d’imaginer une Flandre en France. La N-VA aurait un coq un rien plus large à avaler, mais compte tenu de leur mauvaise foi, ils pourraient bloquer des négociations  qui n’ont même pas lieu d’être dans un pays où le vote est uninominal et majoritaire.

Il est donc évident que ces résultats témoignent, dans le chef de ceux qui l’ont souscrit, d’une volonté de se séparer avec la Flandre.

Dans l’état actuel des choses, dans une Belgique brouillée mais pas détruite, dans une séparation de fait – il faut admettre que la régionalisation est, dès le départ, une séparation – mais pas de droit, parler de rattachisme est un peu anticipé, sinon prématuré.

Parler de réunionnisme est, en réalité, prévoir l’éventualité d’une séparation avec la Belgique. Et se montrer rattachiste maintenant, ce n’est pas prévoir la meilleure solution envisageable maintenant, mais prévoir la dernière solution envisageable à tout jamais.

Le plan-B, comme l’appellent les journalistes politiques et les politiciens eux-mêmes, n’est pas à proprement parler la meilleure solution, d’un autre point de vue que celui du principal parti séparatiste.

Les autres partis flamands veulent-elles d’une séparation? Rien n’est moins sûr. Le dossier aurait déjà été déposé sur la table depuis longtemps. Ils se seraient réunis et auraient obtenu cela d’emblée.

Et Bruxelles, dans tout ça? Wallonne, Flamande? Je pense que l’on peut être unanimes à ce propos, par deux points. Premièrement, Bruxelles est principalement francophone. C’est amplement suffisant, à vrai dire. Deuxièmement, et là il s’agit d’une question de logique, ce n’est pas la partie qui désire se retirer qui va décider de comment ça se passe. Si la Wallonie va accorder à la N-VA une séparation légale de la Belgique, elle ne va aucunement concéder Bruxelles.

Si l’on en croit la jurisprudence internationale, il y a de fortes chances pour que le sort de Bruxelles soit, à terme, décidé par les cours compétentes. Mais je ne vois pas en quoi ces cours auraient intérêt à aller à l’encontre du choix populaire. Si une répartition de la ville même n’est pas envisageable – imaginez le bordel – ils se contenteront d’appliquer le principe général qui veut que l’on se fiera aux limites régionales pour former la séparation. La Flandre se sépare, elle se sépare par sa région uniquement.

La séparation est encore relativement utopique, cela dit. Ce qui est utopique également, c’est la possibilité d’une Belgique unie. Comprenez que nous sommes pile à mi-chemin entre les deux, et qu’il appartient aux négociateurs ou aux électeurs – s’ils ont encore leur mot à dire – de choisir la direction à prendre.

La mienne est déjà toute choisie, et déjà largement défendue dans ce blog, je suis pro-belgique, et je défendrai ce point de vue aussi longtemps qu’elle existera.

En conclusion, suite à ce court réquisitoire – ou cette longue argumentation – je réponds aux propos d’Eric Van Rompuy. Est-ce qu’on a encore des dirigeants, oui! Mais ces dirigeants dirigent-ils encore quelque chose? Les négociations avanceraient, on serait tentés de dire qu’ils dirigent les régions en défendant leurs intérêts. Mais actuellement, il s’agit d’une bagarre politique de trois lustres qui ne concerne plus que la caste politique. Non pas que les belges n’y voient pas leurs intérêts, mais tout simplement parce qu’ils ont cessé de comprendre, ou même d’essayer de comprendre, un pays qui leur glisse entre les doigts.

Bonne journée à tous!
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Note de bas de page
* J’émets de nombreux doutes quant à la valeur de ces statistiques. Seuls 500 francophones ayant été sondés, il est difficile d’attribuer à ces 500 personnes la représentation des francophones de Belgique. J’ajouterais que pour peu que cette statistique ait été effectuée dans le Hainaut, où le FN enregistre ses meilleurs votes, ce chiffre trouverait une explication à la fois logique et malencontreuse. Ces chiffres sont donc cités à titre indicatif.

On n’a pas de gouvernement, mais, en attendant, on en paye deux.

Prof. Matthijs, avec tout le pouvoir de son titre, a pu déployer une théorie du côté néerlandophone pour apaiser les volontés flamingantes au profit d’un plan raisonnable de régionalisation de BHV. Pourquoi serait-ce la meilleure solution en l’état des choses, mais pourquoi est-ce une solution illusoire? Clarification.

Professeur en finances publiques à la VUB, Prof. Herman Matthijs développe une idée édulcorée des régionalisations massives dont la Belgique fait l'objet.

Il ne suffit plus de sauver la Belgique, ni de contredire les partis. Il faut maintenant avancer des solutions. Et dans le cadre de ces solutions à proposer, celle du Prof. Matthijs me plaît particulièrement.

Nous sommes certes en désaccord à propos de la fédération, qu’il juge importante, alors que je continue de trouver cela à la fois anecdotique, inutile et sans réel fondement constitutionnel, il n’en reste pas moins que son idée sur BHV est non seulement intelligente, mais aussi parfaitement logique.

En effet, si, comme je l’avais suggéré dans Mon Utopie, on accordait à BHV le droit de choisir entre une régionalisation stricte soit flamande, soit wallonne, il ne fait aucun doute que le choix pour la Wallonie serait faite. Mais, bien entendu, cette solution ne serait jamais acceptée par les partis flamands.

Le Prof. Matthijs propose, dès lors, aux partis flamands de se rendre à l’évidence: « Que fera la Flandre lorsqu’il apparaîtra lors des élections communales que 90% des habitants de ces communes votent pour des listes francophones? »  Elle fera preuve de mauvaise foi, j’imagine.

Il est, par contre, partisan d’une Belgique à 4 régions, alors que je soutiens que le concept de région est un concept de trop, qui déroute les non-initiés et qui ne tire son fondement que d’un amalgame à la limite du racisme.

Il a raison pour BHV, c’est en effet la meilleure solution. Mais il faut se rendre à l’évidence, jamais les partis flamands de lâcheront BHV, ou en tout cas pas sans contrepartie, très large contrepartie.

Pendant que les négociations font, je cite, des « pas de géant », il y a encore du boulot à faire… :

« Des « pas de géant » ont été effectués dans les discussions, assure-t-on, mais « le plus délicat« , « le plus sensible » reste à faire » . C’est une blague? Cela fait bientôt un an entier que nous n’avons pas de gouvernement, j’aurais franchement cru qu’on était en plein dedans, dans « le plus délicat »; cela me rappelle la vidéo de Kris Janssens.

Bientôt un an sans gouvernement… Nous, les Belges, sommes actuellement les pire pigeons du monde. Parce que, malgré le fait que nous n’ayons pas de gouvernement, on continue quand même d’en payer deux! Le contribuable, en plus de perdre sa dignité, de souffrir des effets de la crise politique, doit en plus payer deux gouvernements.

Et la N-VA, sans honte aucune, a posé un ultimatum pour le 30 avril le mois dernier. Mr. Jan Jambon, savez vous qui devrait poser un ultimatum? Le peuple! Salaire de chômeur tant que vous chômez! Vous nous coûtez assez cher comme ça.

 

Bonne journée à tous!

Détruire la Belgique, au profit de la facilité.

Devant les militants PS à Charleroi, Elio Di Rupo, vainqueur des élections législatives d’il y a bientôt un an, s’éloigne très loin de l’opinion de Moureaux. Ce dernier se croit peut-être en pleine Libye, contre le méchant Kaddhafi de Wever. Alors que les négociations piétinent, une excellente remarque de Mr Di Rupo aurait dû lui ouvrir les yeux. Pourquoi ces deux réactions sont aux pôles infertiles, et pourquoi cela détruirait la Belgique.

Elio di Rupo ne sauvera pas le pays en choisissant ce qu’on peut appeler une solution de facilité.

« A l’origine de cette situation exceptionnelle, il y a, pour la première fois dans notre histoire, la victoire électorale au Nord d’un parti dont l’objectif est l’indépendance de la Flandre, pas la formation d’un gouvernement ». Cela fait peut-être un an qu’on s’égosille à la dire. Cela fait longtemps qu’on ne dit plus « hommes politiques » mais bien « politiciens », parce que quand on en parle en Belgique, c’est fatalement dans une optique péjorative. Nous attendons, nous commentons, nous critiquons, nous proposons d’autres idées.

Là-dessus, Mr Moureaux, vice-président du même parti, prend une toute autre direction: « Il faut creuser des tranchées ». Les francophones auraient déjà fait des concessions importantes, au contraire des flamands qui n’ont rien cédé.

D’une part, « il faut s’hérissonner », d’autre part je peux lire des horreurs pareilles:
« La Wallonie est dans une phase de redressement spectaculaire, et elle n’a pas peur d’hériter de nouvelles compétences. Nous sommes ouverts à un transfert massif. », de la part de celui qui relevait plus haut que la volonté de la N-VA n’était pas de former un gouvernement.

Alors qu’il affirme, avec certitude et pour terminer:
« Je veux le répéter ici ce soir : nous voulons aboutir à un résultat avec la N-VA, que ce soit clair ».

La N-VA et le PS ayant les majorités, un accord entre ces deux partis suffiraient amplement pour former un gouvernement. Cependant, je trouve honteuse la réaction de Di Rupo, qui pense nécessaire de se justifier auprès de la Flandre en disant « La Wallonie est dans une phase de redressement ». On a pas besoin de se justifier auprès de Bart de Wever! On a pas besoin de répondre à leurs insultes qui rabaissent constamment le Sud du pays.

Évidemment que la Wallonie est en redressement, et évidemment que la Flandre est en train de perdre de l’emploi et du prestige. Nous sommes au tournant d’un grand changement économique en Europe, au moment où nous devront subitement passer d’un secteur à l’autre pour répondre aux concurrences.

Mais la volonté du PS, à ce que je sache, n’est pas de préparer le terrain pour une division du pays. Le but du PS est de pouvoir former un gouvernement qui mettrait en avant son programme social. Il n’est pas question de laisser Mr Di Rupo contrevenir à son propre programme, au profit d’un plan gouvernemental visant à aider la N-VA à transférer des compétences économiques! Mr Di Rupo veut vraiment emmener De Wever dans l’antichambre de la séparation?

Si la tête n°1 de la Wallonie se met à plier comme ça devant nos amis du Nord, ce n’est pas le cas de Mr Moureaux, qui doit visiblement les percevoir comme une forteresse imprenable contre laquelle il faut unir ses forces. Nos petites flèches n’ont pas atteint leurs fortifications, alors il faut former un bélier? Mr Moureaux, voulez-vous d’un accord dans le pays? Qu’est-ce que la Wallonie peut bien revendiquer, en soi? Un maintien des compétences?

Réfléchissons un peu. Si la Wallonie doit, déjà, négocier entre ses propres partis, pour soumettre un plan unique à la Flandre, ce ne sera pas un plan visant à fortifier l’unité du pays. Ce sera un plan pour faire accepter la N-VA. Si on montrait à la N-VA que leur racisme et leurs revendications séparatistes nuiront, aussi longtemps qu’ils resteront sur leurs positions, au bon déroulement des négociations, alors, là nous pourrons observer un mouvement de leur part. Parce qu’à ce que je sache, la Flandres ne peut pas s’auto-déclarer indépendante, et ce n’est pas à nous de les y encourager.

Je ne dis pas qu’il faut geler les négociations jusqu’à ce que la N-VA deviennent de braves concitoyens gentils et attentifs. Non, on part du principe qu’un parti qui porte un nom qui mériterait sa place dans le film Brazil ou dans un livre de Georges Orwell, « La Nouvelle Alliance Flamande », on serait surpris que du jour au lendemain ils renoncent à leur plan de ségrégation linguistique.

Cependant, il faut se remémorer les précédentes crises. À chaque fois, la Wallonie a fait des pas. Les communautés, créées suite aux manifestations flamandes, semblait relativement logique. Mais lorsque ont commencé à surgir des partis dont l’intention était de « promouvoir » l’esprit flamand et non plus la « défendre », on aurait dû se méfier.

Alors que nous cherchons à défendre la Wallonie, la Flandre cherche à se « promouvoir ». Et quand un actif rencontre un passif, ce dernier cède, logiquement.

Alors, soit on cède, soit on gèle, soit on devient actif, à promouvoir la Wallonie, ou du moins, promouvoir l’unité de la Belgique.

Les deux pôles, céder et geler, ne vont mener qu’à des négociations unilatérales, qui ne seront donc pas dans notre intérêt.

Devenir actif pourrait être, alors, une solution. Mais alors que Di Rupo opte, lui, pour la solution de facilité, à savoir d’une majorité bipartite, et que Moureaux, lui, viserait davantage de geler les négociations jusqu’à ce qu’on trouve un bélier pour enfoncer les murs, on se demande qui prendrait l’initiative de contrer les attaques flamandes.

Sinon, on a aussi une réunion du tout qui voulait renommer la Communauté Française, histoire de rendre les choses plus idiotes encore. Enfin, soit, passons l’intégrisme Wallon, qui n’est pas beaucoup plus intelligent.

« Unification du pays. » Est-ce que cela fait vraiment aussi peur? Est-ce qu’on peut mentionner le mot auprès des autres partis flamands? Est-ce qu’on peut crier « Eenheit – Unité » sur la table des négociations? Non, les gens veulent la solution de facilité, à savoir se mettre d’accord avec la N-VA.

Et il faut faire vite! Si la N-VA part, effectivement, de la table des négociations, comme elle l’a promis précédemment, les autres partis vont tomber dans le complexe du homard et défendront les idées du parti sortant.

Sortir la N-VA des négociations, malgré leur écrasante majorité en Flandre. Oui, c’est anti-démocratique. Mais la Flandre veut-elle vraiment d’une séparation?

Encore un bon gros 1100 mots, excellent vendredi à tous. Courage, ce soir, c’est le week-end!

« La Flandre n’abandonnera jamais Bruxelles », quand le paternalisme refait surface…

Kris Peeters prend un abonnement aux propos critiquables. On va peut-être me dire que je cherche la petite bête, mais je me demande de quel droit il peut dire que la Flandre n’abandonnera jamais Bruxelles… et surtout, comment on doit le prendre. Une menace?
C’est donc la Guerre, et la Flandre n’abandonnera pas ce point stratégique? Ou c’est pour montrer que le papa de la Capitale, c’est la Flandre?

À l’heure où Tintin au Congo est en procès pour son paternalisme colonial, Mr Peeters ne joue-t-il pas aussi au Blanc qui apporte la culture?

Kris Peeters, le ministre-président du CD&V qui n’a rien à envier à la N-VA niveau déclarations litigieuses.

Bruxelles peut se sentir rassurée, la Flandre est là. En effet, la Flandre verserait 670 millions d’euros en investissements à Bruxelles. Il ne renseigne pas le montant Wallon, mais là n’est pas le débat.

Comme pour montrer qu’elle en est sa propriété, Mr Peeters se sent investi de la mission de protéger Bruxelles. Attention, cela dit, car dernièrement, tout le monde n’aime pas papa…
Poursuivi pour une même attitude, Tintin au Congo est au tribunal de première instance de Bruxelles. Moulinsart S.A. devra donc défendre la célèbre BD contre un congolais Belge et une association, qui tiennent un réquisitoire que je pourrais employer à l’encontre des hommes politiques du Nord:

« des images et des dialogues porteurs de préjugés racistes abominables, où les ‘indigènes sauvages’ ressemblent à des singes et parlent comme des imbéciles. »

L’Homme de Wallonie étant intellectuellement incapable de s’exprimer en Néerlandais, visiblement systématiquement chômeur, colonisateur et, surtout, se nourrissant du pain d’autrui.
Heureusement, Hergé lui-même se défendra avec bonne volonté, dans un interview:

« J’étais nourri des préjugés du milieu bourgeois dans lequel je vivais ».

Je me permets d’accréditer les flamingants de la même raison, à titre d’excuse. Ainsi, je me sentirai moins méchant, me disant que s’ils sont racistes, c’est peut-être aussi parce qu’ils ont été éduqués comme ça.

 

D’autre part, nous pourrions légitimement penser que Mr Peeters considère Bruxelles comme P. De Crem pourrait la considérer: Un point stratégique où positionner ses blindés, où il faut investir des forces et des frappes chirurgicales, car gagner cette position, c’est gagner le pays.

Effectivement, Bruxelles est assiégée de toutes parts, autant des flamands que des Wallons,  déplaçant habilement leurs pions, leurs marques, afin de posséder la Capitale de l’Europe et deuxième plus grand siège diplomatique du monde (derrière New-York).

Flamands comme Wallons lorgnent la ville millénaire et, telle une soirée au Floris ou au Delirium, s’enivrent de son bilinguisme pour essayer d’augmenter sa part.

Heureusement, celle-ci ne se ploie pas. Elle se plie, certes, mais ne se brisera pas. Pas de sitôt. Si la signalisation routière a pris les couleurs des abeilles, ce n’est pas pour autant que son caractère est changé. Bruxelles est bilingue, parce que la Constitution (oui, encore elle) le dit. En effet, l’article 4 en fait l’apologie:

« La Belgique comprend quatre régions linguistiques : la région de langue française, la région de langue néerlandaise, la région bilingue de Bruxelles-Capitale et la région de langue allemande. »

Et cet article ne peut être modifié qu’avec la majorité atteinte dans chaque groupe linguistique. Si les flamands forment une majorité aux Chambres, je suis certain qu’une infime minorité de francophones voteront pour une modification de cet article.

Ainsi protégée, tout paternaliste que K. Peeters puisse être, Bruxelles ne sera pas la prochaine « Deweverstad », et ne sera pas nederlandse tout de suite.

Mais bon, il ne faut pas oublier que le ministre-président du CD&V ne considère pas Bruxelles comme une région à part entière… donc, son statut constitutionnel doit lui paraître bien insignifiant.

Ne jetons pas trop la pierre non plus; n’oublions pas qu’il est logique de défendre les deux langues dans la capitale et qu’il n’est pas question de toucher à son bilinguisme; d’autre part, insistons sur le fait que ce caractère bilingue doit s’accompagner d’un juste financement de la part de l’une et l’autre Région, même si je suis relativement persuadé que la Capitale se suffit très bien à elle-même. N’étant pas économiste ni renseigné sur les chiffres, je ne m’enfoncerai pas trop dans ce sujet; mais je soupçonne un peu la Flandre d’investir uniquement dans le but de se donner un argument colonisateur.

Après tout, il serait sensé de leur part de dire: « Bruxelles nous revient de droit car nous investissons davantage dedans ». Bien entendu, si cela n’est qu’une pure et simple manipulation, nous serons dans le rare cas où le financement est contraire à l’affectio societatis.

 

Pour terminer, je citerai à nouveau Mr Peeters (qui a vraisemblablement passé ces derniers jours avec des journalistes derrière lui):

« D’un côté on veut faire de Bruxelles une troisième région entièrement autonome, à part entière, grâce à un refinancement structurel qui doit passer par le fédéral, et donc aussi par des moyens flamands. D’un autre côté, on veut une Fédération wallo-bruxelloise au sein de la fédération belge, sans tenir compte de la fonction de capitale (de Bruxelles) ni des Flamands bruxellois, de leur présence et de leur participation dans les institutions politiques bruxelloises »

Mr Peeters semble oublier:
D’une part, que Bruxelles est une région à part entière, et que si la Flandre refuse de participer au financement de celle-ci, elle verrait d’autres Réformes se faire avorter;
D’autre part que la Flandre dispose déjà d’une communauté qui a Bruxelles pour compétence territoriale et qui agit dans l’intérêt des flamands bruxellois. Je pense que celle-ci se soucie déjà largement assez de ces derniers; il est donc inutile de demander à la Communauté Française de s’en soucier, elle aussi. Et, par pitié, ce serait faire preuve de très mauvaise foi que plaider la protection aux minorités linguistiques.

Voilà, bel article de quasi 1000 mots pour ce jeudi matin. Bonne journée.

 

 

Il n’y a pas de bonne façon de mal agir

D’un côté du pays, je cite, « il faut supprimer les cours de Français en Flandres » de l’autre, les droits culturels des francophones doit être défendu devant l’ONU. Il y a de quoi se demander si le seul problème véritable du pays ne serait pas cette irrésistible volonté de trouver la petite bête…

Au moment où la N-VA lève de ses fonctions l’administrateur de KVS, et que les partis francophones défendent ardemment l’idée de la Fédération Wallonie-Bruxelles, il y a de quoi se demander si la volonté de tout le monde n’est pas d’être anti-productif.

D’ailleurs, Quid des négociations? On s’en fiche. Cela va faire un an bientôt que la Belgique fonctionne en Affaires Courantes, aux compétences limitées, et rien n’avance moins vite que la situation politique Belge.

On se demande même si notre fabuleuse capacité à faire des compromis ne serait pas entachée d’une volonté plus forte de nuire à l’autre. L’idée n’est plus d’obtenir ce que l’on veut, mais juste d’empêcher l’autre d’avoir ce qu’il veut. Un débat psychologique, qui tourne au drame politique lorsqu’il s’agit de former un pays qui fonctionne.

Vaste blague belge que d’avoir laissé un séparatiste essayer d’unir le pays! Quelle idée de laisser des présidents de partis se sentir comme chez eux à Bruxelles? Et surtout, qui, bon sang qui laisse un avocat qui n’a rien à voir avec la politique s’exprimer à propos de l’emploi des langues dans l’enseignement? C’est l’affaire du Parlement Flamand d’adopter un tel texte, et un juriste, pas plus député que ministre, se permet de faire l’étalage de ses idées flamingandes dans la presse. Vic Van Aelst ne se contente pas, d’ailleurs, de penser des idioties, mais en plus il les dit, déclarant que le Français n’est plus une langue internationale.

Il devrait réviser ses cours de droit international, puisque le Français est une des deux langues de travail de l’ONU. Oui, aux côtés de l’Anglais. Il faut donc supposer que l’avocat d’assises, sûrement pénaliste, a cessé de s’intéresser à la situation internationale quand il a commencé à s’intéresser autant à sa précieuse communauté.

Laissons les insultes de côté, il faut tout de même souligner que malgré ses dires, le Néerlandais est enseigné dans un grand nombre d’écoles et lycées. Il faut juste qu’il comprenne qu’à Arlon (Province du Luxembourg) le néerlandais est presque aussi utile pour l’emploi que le sanskrit, avec le Luxembourg.

D’ailleurs, pour rester dans son domaine, la Cour Pénale Internationale, située à LaHaye, en Hollande, a pour langues le Français et l’Anglais (non, pas le Néerlandais).

Donc, le Français n’est pas une langue si insignifiante.

 

Pour ces différents motifs, je tiens tout de même à rappeler à l’ordre cet avocat. Dès l’instant où il fera partie d’une liste politique (ce qu’il compte faire, auprès de la N-VA), il devra soigner ses dires, car ce type de paroles (à savoir « Le français est une langue insignifiante ») peut mener à des sanctions internationales.

 

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