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Être ou ne pas être Charlie

Ces quelques jours ont été éprouvants. Pour ceux qui, comme moi, ont dévoré l’actualité seconde après seconde, horrifié par le meurtre lâche, cagoulé fuyarde, enthousiasmés par les succès des opérations françaises pour les pourchasser et attristés par le décompte cinglant de cet épisode sombre de ce début de cette année qui ne fait que commencer. Charlie Hebdo était un magasine provocateur, et d’autres cultures que la nôtre – qui estime avoir autorité chez nous – a mis la tête d’un dessinateur tolérant mais insolent à prix, confiant le sale boulot à des petites mains reliées à un cerveau asservi. Et puis nous voyons la vidéo de l’intervention où l’on voit une très large poignée de policiers tirer un très grand nombre de coups de feu sur un homme et certains médias s’en féliciter :

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Titre de la Meuse: Non « Justice » n’a pas été faite.

Non, justice n’est pas faite. Parce que cette justice-là n’est dès lors plus différente de celle-ci:

Ignobles tueries au nom du Prophète

Ignobles tueries au nom du Prophète

Donc même si je partage le soulagement de tous, je déplore tout de même que nos pays peuvent éviter ces catastrophes. Liberté d’expression et Charlie Hebdo : les ennemis de tous sont notre phare

Unanimité autour de Charlie : un contre-sens?

Luz reprend la mouvance du magazine en remettant tout le monde à leur place. Vous n’êtes pas Charlie, vous êtes des gens blessés, tout comme Charlie Hebdo l’est. Mais dans le fond, le fait que nous « tolérons », et supportons quand ils sont blessés, notre ennemi, montre que nous sommes animés d’une force qui transcende celui des guerres. Ce que nous défendons, c’est le droit qu’a nos ennemis de s’exprimer plutôt que faire la guerre. Nous nous chérissons les uns les autres même lorsque parfois nous regardons un peu ailleurs ou nous fâchons un petit peu. Non, ce n’est pas un contre-sens, Luz. C’est juste que nous avons besoin de la diversité de l’humour, tout comme celle de religions.

Un message de paix

Être ou ne pas être Charlie, en fin de compte, avec Charlie, ça n’a aucune importance. Il vous tournera tous en dérision. Parce que nous sommes en démocratie, nous écoutons les masses, mais également les petites voix qui s’opposent à tout, on débat avec, on en accepte les critiques, et on arrive à une solution. Nous avons créé un pays qui ne tue plus ses citoyens qu’en cas d’extrême nécessité, qui accepte toutes les religions tout en permettant à ses habitants de vivre, parfois difficilement, mais d’un point de vue historique, il s’agit d’un exploit. Nous sommes libres, égaux et frères. Et c’est cet exploit que nous défendons. Parce que Charlie pouvait se mettre tout le monde à dos. Il pouvait blasphémer et briser les limites. Parce que dans notre monde obscurci, nous avons besoin de connaître les limites à nos libertés, et les repousser comme un mur contre la terreur de la guerre et l’autodafé. Nous n’avons pas peur, nous ne répondrons pas à vos menaces. Nous sommes Charlie et en paix. Toutes les religions réunies aujourd’hui à Paris vous le diront :

Salem • Shalom • Charlie

=D

C’est trop injuste! (A.K.A L’allégorie de la Montgolfière)

Ce matin, Laurette Onkelinx, vice-premier ministre, qualifie De Wever de Caliméro. Les choses se précipitent dans la classe politique: d’une part le rapport semestriel doit être déposé à l’Europe, d’autre part les négociations sont à nouveau bloquées, et enfin nous arrivons bientôt à l’échéance donnée par Wouter Beke et par la N-Va.

Wouter Beke, CD&V, négociateur Royal, déçoit les francophones et ne s’accorde plus qu’une dizaine de jours pour résoudre le casse-tête.

Bart de Wever, le Caliméro politique. « J’aurais préféré que l’on me consulte » à propos du programme de réforme qui doit être remis à l’Europe. Il a été consulté.

Il y a un peu moins d’un mois, la N-VA (Jan Jambon) lançait un ultimatum, 6è du nom. « Nous attendrons le suivant. » Ça c’est de la fermeté.

Pendant que la N-VA devrait se rendre à l’évidence de l’inaccessibilité de son parti au pouvoir, elle continue à bloquer la situation, comme des gamins qui ne veulent pas voir arriver quelque chose qu’ils redoutent. Ils aiment mieux faire preuve de mauvaise foi que laisser un gouvernement stable se former.

Misère! Ce serait la fin du séparatisme!

Plus loin, en France, là où la langue de Molière est mise à l’honneur, on fait une nouvelle gaffe:

 

Les Galeries Royales Saint-Hubert, c’est bien à Bruxelles, ça, non? Bruxelles, c’est la Flandre, maintenant?

Celle-ci, après après la carte de TF1:

 

La preuve irréfutable que la TF1 préfère fabriquer ses propres cartes que chercher sur Google.

C’est à se demander si c’est une bonne idée de mélanger la Wallonie de la France. Ils pourraient se dire: « Oui, on accepte la Wallonie en France, comme ça on a la Côte Belge! ».

Quel intérêt, pour nous, de rejoindre la France? Absolument aucun. Je ne veux pas d’un président et encore moins de leurs bagarres politiques qui sont en totale rupture avec notre façon de mener un débat politique. Nous, on se dispute PUIS on forme un gouvernement, pas l’inverse… je ne dis pas que c’est mieux.

Et quel intérêt pour les Français d’ajouter la Wallonie? On leur a demandé leur avis, aux Français? Ce serait injuste pour eux…

Abandonnons cette idée loufoque, l’Europe n’a guère besoin de mettre Bruxelles à Paris, pas plus qu’à Amsterdam. La Belgique, c’est le cœur de l’Europe, et la N-VA veut propulser la Flandre sur la scène européenne … en empêchant son propre gouvernement de déposer ses budgets.

La ségrégation linguistique, c’est bien interdit par l’Europe, il me semble. En total désaccord avec l’idéologie Européenne, la N-VA n’a absolument aucune chance de s’y imposer.

La N-VA continue son voyage de mauvaise foi, pour mieux maintenir la montgolfière au sol. Et tant qu’on restera arrimés, les partis auront beau actionner le brûleur pour former une coalition cohérente, il y a encore cette lourde masse à bord qui les entravent dans leur périple.

Et cette lourde masse sait très bien que si elle partait, si on larguait du lest, la montgolfière s’élèverait. Et pendant qu’ils hurlent tous: Allez, Aide-nous à grimper! Lui, comme menace, dit: « Non. Si vous n’acceptez pas, je sors de la nacelle », alors que c’est aussi une solution…

Voilà pourquoi la N-VA refuse de partir. Ils sont parfaitement conscients que s’ils partent, les autres partis se débrouilleront sans lui.

Alors, cet ultimatum, Mr De Wever? On se dégonfle?

 

Encore un café sur un ton relativement léger. Bonne journée.

 

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