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Hé, Adolf, tu devineras jamais la dernière…

Attention, l’orientation prise dans cet article est expressément inverse de la mienne. Il s’agit là d’une démonstration par l’absurde. Mon opinion sur le sujet a déjà fait l’objet du précédent article; je tiens juste à ouvrir les yeux des gens à propos des auteurs de la proposition de loi.

Timbre à l'éffigie du dictateur Allemand

Hé Adolf,

Tu ne devineras jamais la dernière! Dans les anciens peuples conquis de Belgique – tu sais, ce petit pays qui se disputait tout le temps, avec un fort séparatisme au Nord, qui t’a d’ailleurs été franchement utile? Hé ben ceux du Nord dont je te parles, ils veulent indemniser tes collaborateurs!

Oui, je vois ta tête jusqu’ici, sourire devant ces idioties qui te donnent plus de pouvoir. Quand on pense que tu t’es suicidé précisément parce que le monde te haïssait! On ne s’est plus écrits depuis lors, mais tes collaborateurs ont fait l’objet d’une sauvage répression. Oui, tes sourcils se froncent. Ils en ont tué pas mal, c’est vrai. Des femmes, aussi, pour avoir copulé avec tes soldats. Je ne peux pas te jurer qu’elles étaient aryennes, enfin soit.

Et ben, les enfants de ceux-là, ils seront indemnisés si la loi est votée. Elle est juste discutée, au Sénat, c’est même pas sûr qu’il sera adopté, mais ils y pensent. Oh, c’est pas tout ça, je sais que les enfants de tes amis ont le droit d’en honorer la mémoire sans honte, etc. … Mais pense donc à tous ces juifs déportés par lesdits collaborateurs! Et leurs enfants! Je t’entends rire jusqu’ici.

Les vrais perdants, dans tout ça, ce sont les enfants de tes résistants. Tués par lesdits collaborateurs, mais eux n’ont pas fait l’objet d’une indemnisation! Alors, tu vois le tableau! On conquit un pays, on profite du nationalisme au Nord (diviser pour régner, encore un coup de ton génie, peut-être même en font-ils usage encore maintenant) et maintenant tes collaborateurs sont récompensés! Voyez-vous ça! Je pense qu’ils aiment qu’on se moque d’eux.

Tu veux la meilleure? Leur ministre, là, un catholique, il a même parlé d’«oublier» ton passage! Un des hommes que tu as déporté aurait appelé ça un lapsus révélateur. Mais il s’est abjuré par après, va savoir; peut-être juge-t-il important de ne pas t’oublier. D’ailleurs, d’un côté, t’oublier empêcherait d’indemniser tes collaborateurs.

Il paraît que ça fait scandale, là-bas. Tu me diras, vu la quantité impressionnante de résistants qu’il y avait là-bas, pas mal de familles manquent encore un peu d’eugénisme. Ah! oui, l’eugénisme.

Tu sais, d’un côté, les flamands ils en font encore un peu preuve. Ils veulent se débarrasser des wallons car « trop pauvres, langue insignifiante, parasites, junkies potentiels, trop bêtes pour apprendre le néerlandais » … d’un côté, c’est plutôt eugéniste de vouloir se séparer! Bon, ils n’ont pas encore pensé à vraiment supprimer les inutiles; mais on a déjà un peu d’interdictions envers les francophones, c’est déjà pas mal.

Oui, là tu es plongé dans un silence partagé. Tu as connu ça, hein? Les débuts ne sont pas simples, pour eux. Ils en sont encore à la démocratie, c’est pas gagné d’avance. Encore que, parfois la démocratie n’a pas été écoutée pour des principes de procédure. Il suffit de ça, je te dirais.

Et d’ailleurs, il y a quatre ans de cela, ils ont voulu faire reconnaître à l’État la responsabilité de l’état dans la collaboration. Intéressant, n’est-ce pas? Un peu comme Pétain, les Belges. Tous, en fait. Ils ont vu en toi une possibilité de s’affirmer, parce que tu leurs as dit qu’ils avaient raison, toujours. Tu as su faire plaisir à leurs émotions, tu as su jouer de leurs histoires.

T’inquiète pas, tu es mort, mais ta façon de procéder, elle, est immortelle. Tu en as de la chance, parce qu’en France, le FN en tire profit aussi; la N-VA un peu, aussi. Et dans d’autres pays aussi. Et! N’oublie pas! Les droits d’auteurs courent 70 ans après le décès de l’auteur. Ça n’en fait que 67, n’oublie pas de demander des royalties!

Sur ce, pense bien que l’homme sera toujours assez bête pour croire en tes mensonges: Seul, le monde n’est pas mieux.

Bonne journée.

Le droit de manifestation en Belgique: un dictateur président du Sénat

Pourtant Docteur en droit, Danny Pieters a constitué partie civile pour le Sénat contre les jeunes manifestants ayant fait irruption dans le Sénat. Critique de fond et de forme.

Le Sénat de Belgique. Crédit photo: senate.be

« Les Belges ont le droit de s’assembler paisiblement et sans armes, en se conformant aux lois qui peuvent régler l’exercice de ce droit, sans néanmoins le soumettre à une autorisation préalable. »

Les manifestations sont autorisées en Belgique. Loin d’être un simple rassemblement pourtant, le fondement même du droit de manifestation suppose le droit qu’a le peuple pour exprimer ses idées, les faire monter aux hommes qui le gouverne, sans craindre de représailles de leur part.

La liberté d’expression, la liberté de presse, la liberté de pétition, etc. … rejoignent ce droit pour dire « On a voté pour vous, cela ne vous rend pas intouchables pour autant. »

Et pourtant..

En sa qualité de président du Sénat, et de façon relativement justifiée, Danny Pieters a jugé utile de faire arrêter les protestants. Effectivement, il faut empêcher trop de débordements dans un pays civilisé.

Alors, dans sa défense, l’avocat du sénat plaidera l’article 19 de la Constitution, au moins aussi forte que la 26:

La liberté des cultes, celle de leur exercice public, ainsi que la liberté de manifester ses opinions en toute matière, sont garanties, sauf la répression des délits commis à l’occasion de l’usage de ces libertés.

Reste à savoir si lancer des feuilles dans une Assemblée parlementaire est un délit.  Petit tour de Code Pénal.

Art. 275

Sera puni d’un emprisonnement de quinze jours à six mois et d’une amende de cinquante à trois cents [euros]*, celui qui aura outragé par faits, paroles, gestes ou menaces, un membre des Chambres législatives dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de son mandat, (…).
Si l’outrage a eu lieu à la séance d’une des Chambres (…) l’emprisonnement sera de deux mois à deux ans, et l’amende de deux cents [euros] à mille [euros]*. (…)

* à multiplier par un indice, 5,5 il me semble: 275 à 1650€

couplé à l’article 277

Les outrages commis envers les corps constitués seront punis de la même manière que les outrages commis envers les membres de ces corps, d’après les distinctions établies aux deux articles précédents.

Peut-on considérer cela comme un outrage? Pas vraiment. Mais ce sera la question du procès s’il y a.

Mais derrière la question juridique que j’ai effleuré, il y a une question politique. Dans la situation actuelle, au bout de 327 jours après les élections,  il est plutôt compréhensible que des actions soient menées. Les sénateurs sont-ils vraiment responsables du blocage actuel? Pas vraiment. En tout cas, pas à 100%. S’il est vrai que leur opinion compte, le but reste de s’assurer que personne ne soit lésé dans le prochain gouvernement.

Cet agissement est donc très clairement compréhensible. Donc, on peut dire que Mr Pieters, président du Sénat, a eu une réaction disproportionnée par rapport à l’embarras causé. Après tout, 5 minutes d’interruption, ce n’est pas si grave.

La réaction peut même être considérée comme arbitraire: Les tracts auraient été séparatistes, ou N-VA, aurait-il réagi de la même façon? Rien n’est moins sûr! Et puisque ça m’a tout l’air d’être parfaitement arbitraire:

Article 147 du Code Pénal

[tout titulaire de fonction publique], qui aura illégalement et arbitrairement arrête ou fait arrêter, détenu ou fait détenir une ou plusieurs personnes, sera puni d’un emprisonnement de trois mois à deux ans.
  L’emprisonnement sera de six mois à trois ans, si la détention illégale et arbitraire a duré plus de dix jours.
  Si elle a duré plus d’un mois, le coupable sera condamné à un emprisonnement d’un an à cinq ans. (…)

Cela ne fait que montrer à quel point la N-VA n’est pas un parti fondamentalement démocratique. La démocratie s’adresse à tous, et pas seulement aux flamands.

Cela dit, je joins tous mes encouragements aux jeunes protestataires, les félicite pour leur courage et, franchement, l’idée est bien trouvée. J’espère que vous n’encourrez aucune sanction auprès de l’Académie Royale des Beaux-Arts qui devrait vous honorer pour cet esprit démocratique. C’est dit.

Bonne journée!

Pour que le monde soit à ses pieds.

Si Mr de Wever accédait au pouvoir, j’ai bien peur de faire partie des gens qui seront ennemis au pouvoir. Les mesures effrayantes qu’il serait capable de prendre contre ceux qui manifestent d’une trop grande liberté d’expression, surtout en français, n’ont d’égales que ce qu’il met en œuvre pour déstabiliser le pouvoir ou pour s’y trouver. S’auto-nommer formateur, le choix est posé.

La Nouvelle Arrogance flamande, le pouvoir qui s'impose ou qui détruit. Crédit photo: AFP

Faute de vouloir détruire le gouvernement en y posant, à chaque étape, une petite amorce, BDW, maintenant, se met à la place du roi et décide à sa place ce qu’il convient de faire. Et pour lui, ce serai, déjà, se résumer à choisir un premier ministre.

La tâche du formateur étant de choisir un gouvernement et de les mettre d’accords. Outre le fait que ça fait plus d’un an qu’aucun accord n’a été fait, cela se résume à une autre amorce: Soit il est nommé et devient Premier Ministre – ce qui ne présage rien de très bon, à raison de 27 sièges pour la N-VA – soit il est nommé et ne devient pas premier ministre – ce qui reviendrait à provoquer un blocage parlementaire, cette fois-ci, dès qu’une question importante sera posée aux Assemblées.

Admettez que de son point de vue, c’est tout bénef’.

Dans l’hypothèse où Bart de Wever devient Premier Ministre, libre à lui de déposer des lois abracadabrantesques sur le bureau du Parlement, ainsi que de mettre fin à ce gouvernement. D’échouer sa mission après avoir laissé des mines-antigouv sur son chemin.

S’il est nommé formateur mais se désiste à la tâche de Premier ministre, ou même de Ministre, – avouez qu’il serait peu probable, bien que cohérent de sa part, qu’il refuse un tel poste – le blocage sera, cette fois-ci, parlementaire: à raison de 27 sièges N-VA, un document ministériel remis de la part du conseil des ministres un peu trop « franchophone » à leur goût et leur absence à elle seule suffit à provoquer un blocage.

Mr de Wever se rend parfaitement compte qu’il a tout intérêt à maintenir le blocage. Si résolution il y a, d’une façon ou d’une autre il serait le perdant. Mais plus il garde le blocage – avec des déclarations comme celles-ci – plus il monte les flamands contre les francophones et vice-versa. Et à la politique du Diviser pour Régner, il ne sera pas le premier à gagner.

Cela dit, l’actualité politique belge devient redondante.

Bonne journée !

België Barst… de Wever?

« Barst » de Wever pour un autre mandat de formateur de gouvernement? Il a déjà échoué dix jours durant, réussira-t-il en lui accordant plus de temps?
Alors qu’il y a un an que la Belgique retient son souffle, Paul Magnette soulève que « si on isole la n-va, on va la renforcer »… analyse.

België Barst, disaient-ils, avant qu'ils n'aient effectivement le pouvoir de le faire.

« Le Tisserand » se dénoue de l’Europe de plus en plus. Contestant les idées européennes, multipliant les déclarations douteuses, la mauvaise foi… Paul Magnette jugerait plus efficace de les laisser prendre le pouvoir afin de les regarder, amusé, se casser la figure.

Peut-on prendre un tel risque? Certes, il est évident que, malgré qu’ils soient entourés d’économistes, la défense de leurs idées passent par un mensonge évident qui, au pouvoir, ne saurait être appliqué. Mais des partis nationalistes au pouvoir, il y en a déjà eu des réussis, qui ont mené à des drames insupportables, qu’on ne peut laisser voir appliquées ici.

Si Bart de Wever est effectivement dans la formation gouvernementale, rien ne nous prouve que sa mauvaise foi ne durera pas jusque là… faire supprimer le vote obligatoire, et alors rencontrer les résultats Français (à savoir des votes « militants » ), prendre des mesures préparant à une séparation, sinon une séparation effective.

Peut-on prendre ce risque? Non. Ce n’est pas parce que la méthode de l’écartement n’est pas efficace ailleurs que ce n’est pas la bonne méthode. D’ailleurs, si l’écarter ne fait que la renforcer, le résultat final sera le même que si on l’accepte dans le gouvernement… à part qu’on aurait montré que la société n’est pas bâtie pour permettre un nationalisme.

Même sur le long terme, où l’on pourrait imaginer un vote de sanction plus rapide si on laisse la N-VA former un gouvernement, il n’est pas certain non plus que l’écartement pur et simple, dans notre cas, mènerait à un vote de sanction. « Ils ne sont même pas parvenus à s’imposer dans le pouvoir en place… » Je pense que dans le cas de la Belgique, il y a une autre conscience que celle des autres états. Au delà de respecter ses promesses, il y a celle de la défense de sa légitimité au pouvoir, puisqu’avec le vote proportionnel on peut voir apparaître des gouvernements à l’opposition.

Peut-on imaginer une N-VA prendre nos décisions à l’europe? Non! Sur la durée de son mandat, il y aura suffisamment de décisions importantes à prendre, et donc des divisions entre la le parti séparatiste et les autres partis, majoritairement européens. Cela déportera vers d’autres débats parlementaires sur l’appui de ces mesures et donc, sincèrement, une bête perte de temps.

C’est vrai, quitte à le voir disparaître, autant essayer de s’arranger que cela se passe tout de suite… toute théorie de sciences politiques qu’il s’agisse, il ne faut pas oublier les maths: Dans un cas, la n-va est écartée, et on la retrouve (peut-être) dans trois ans; dans un autre cas, la n-va est gardée, et on est pas surs de la perdre dans trois ans, avec les dégâts en prime.

Si la finalité est de la voir disparaître, le premier est cas est, mathématiquement, plus valable.

Alors, permettre à la N-VA de reprendre les négociations? C’est idiot. On ne va pas retourner à un cortège, nous ne sommes pas des poissons rouges qui tournent dans leur bocal: encore une fois il y aura refus net des francophones, et encore une fois ce sera de leur faute si aucun gouvernement n’est formé.

À côté de cela, le rappel du CD&V est qu’ils suivront le parti séparatiste si celui-ci veut d’un gouvernement. Il me semble plutôt évident, pour l’avoir démontré à plusieurs reprises, qu’il ne s’agit pas là de leur intention.

Si l’on veut d’un gouvernement valable, il faudra un gouvernement sans nationalisme, et si possible sans le prof d’histoire.

Bonne journée!

The Kingdom

Demain, la Belgique sans gouvernement fêtera sa première année. Une année durant laquelle absolument rien n’a été fait. Révolution des Frites, chansons, rien n’a suffi à être entendu par les hommes politiques qui décident pour nous de ce qu’est la Belgique.
Petit patriotisme, la veille de la première année, pour garder à l’esprit que la Belgique, ce n’est pas qu’une question de dispute, c’est aussi un peu de fraternité.

Demain, une première bougie sera soufflée. Prions pour qu'il ne s'agisse pas de la bougie d'Amnesty.

Malgré la flagrante vision d’une situation négative, d’une politique qui se prépare à scinder le petit pays tout jeune pourtant, l’esprit Belge demeure, tel un cœur au sein de sa vie, battant et chaleureux.  La Division, Pas en notre nom! Pouvait-on scander aux Révolutions de la Frite. Ou encore: Eenheid – Unité!

En traversant certaines grandes villes, Bruxelles comprise, on peut voir de vieux drapeaux moisis par la pluie traîner sous les fenêtres. Cela fait si longtemps que nous nous battons pour son unité. Déjà, dans les sixties, quand les français usaient les routes, « sous les pavés la plage », les jeunes flamands disaient, plutôt, « Walen Buiten ».

Oui, depuis des années nous déplorons cette idéologie, marginale jusqu’ici, qui gangrène la Belgique.

C’est alors que, depuis un an, plus rien n’avance.

Il faut se rendre à l’évidence, il y a une chose qui ne fonctionne pas, c’est le gouvernement en plan de réforme. « Pas de gouvernement sans la N-VA, parce qu’après, il faut réformer l’État ». Ce n’est pas impossible sans la N-VA et, de toute façon, cette réforme est une stupide idée. C’est tout à fait normal qu’ils ne parviennent pas à s’accorder si celui qui a le pouvoir dit des inepties.

Les partis francophones sont facilement qualifiés de lâches, d’inefficaces, de mener une politique qui, transposée dans une entreprise, mènerait à la faillite de celle-ci. Pourtant, des deux côtés, des hommes politiques chevronnés se tiennent. Un seul est tout nouveau dans le secteur. Inutile de préciser lequel.

Petite remarque par rapport à la date annoncée par la presse. Celle-ci soutient que l’anniversaire serait un 22 avril. Cela est faux. Officiellement, la démission de Mr. Leterme a effectivement été déposée un 22 avril, mais n’a été acceptée que le 26. C’est toujours ça de pris.

Bonne journée!

Une européanisation en proue… et une N-VA à contre-courant.

Les vacances politiques n’ayant pas eu lieu, la fatigue générale se fait ressentir dans les rangs. Grincheux, divisés, chaque homme politique y va de sa petite anecdote.
Au niveau européen, on prépare un système de listes transnationales, qui fait débat. Entre les deux? La N-VA.

Double paradoxe pour la N-VA. Un parti nationaliste paneuropéen, contre les listes transnationales.

La N-VA a encore montré une idiote opposition à une idée qui formait la majorité. Alors que, de façon relativement unique, le parti séparatiste nationaliste se veut paneuropéen,  et surtout y faire progresser leur image -ce qui n’est pas gagné compte tenu de leur façon de traiter les minorités linguistiques – elle s’est opposée à la formation de partis européen transnationaux.

Cela permettrait à des partis européens de se faire élire au sein de plusieurs pays, plutôt que participer au parlement de façon ponctuelle, chacun y allant de la défense de son propre pays, de son propre programme qui ne sera, de toute façon, pas respecté.

Cela n’est certes pas extrêmement grave – la N-VA n’ayant pas tout à fait leur mot à dire à ce propos -, mais permettra peut-être aux autres partis d’ajouter un argument à la liste des « contre » en ce qui concerne l’adoption d’un gouvernement comprenant le principal parti flamand.

Cela n’étant pas gagné, si l’on en croit Kris Peeters. J’ai pourtant bien envie de croire que le parti séparatiste soit esseulé. Malgré le fait qu’on ne peut guère davantage éloigner les deux parties du pays, l’espoir de voir la Belgique sortir de cette crise demeure vivant.

Et ce qui fait me dire ça, ce sont les déclarations de la N-VA.

En effet, si ce parti s’est opposé à la formation d’un Super-État européen, c’est aussi parce qu’ils ont peur de l’effet que cela aurait sur l’idéologie Belge. Si on fédéralise de plus en plus l’Europe, il n’y a pas de raison de défédéraliser la Belgique. D’autre part, cela témoigne de la peur qu’a le parti de devoir subir le contrôle d’un organe qui lui est supérieur, ce qui, sans la formation d’un État Européen, est impossible.

Je ne dis pas que la fédéralisation globale de l’Europe est tout à fait envisageable, bien que l’idée m’enchante. Le mélange de cultures est un argument qui se vaut pour le rattachisme, il se vaudra tout autant pour l’étatisation.

Si les négociations s’enlisent, les pouvoirs de l’Europe, dont l’ambition est maintenant à l’unification, s’exprimeront en faveur d’une unification de la Belgique, ou de la séparation simple et dure entre la Flandres et la Wallonie au profit d’une solution rattachiste avec la France et les Pays-Bas.

La N-VA, armé d’arguments politiques certes convaincants, se veut pro-européenne. Et pourtant, je suis tenté de croire que l’ambition qu’il y a derrière est tout simplement ridicule; si la N-VA ne veut pas se mettre à la disposition de l’Europe, elle veut s’y imposer. Sans vouloir aller trop loin dans l’interprétation, cela pourrait impliquer le refus de certaines mesures, et la demande d’adoptions de textes qui ressortent directement de leurs idées ségrégationnistes… voir même de donner une importance à leur langue sous-représentée.

« Honny Soit Qui Mal Y Pense », comme diraient les anglais, on ne rencontre plus d’avancées importantes dans les négociations depuis bientôt un an. La date du 26 avril, jour de la démission du précédent Premier Ministre et actuel premier ministre en affaires courantes, Yves Leterme, se rapprochant beaucoup trop vite, on peut déjà se préparer à un tonnerre d’articles sur tous les médias du monde pour dire que la Belgique se passe de gouvernement depuis un an.

Ce sera le moment de sortir notre légendaire auto-dérision.

Bonne journée!

Être rattachiste maintenant, c’est être séparatiste.

Eric van Rompuy, à son retour d’Allemagne: « Avons-nous encore de vrais dirigeants au nord et au sud de ce pays? », belle hypocrisie! Cela paraît difficile de croire qu’il s’agit d’un trait d’humour, visiblement stérilisé, et lui-même est pourtant partisan du coup de pied dans la fourmilière quand cela n’est pas nécessaire.
En lisant les commentaires et la presse, je constate que, de plus en plus, la situation devient risible et insoluble. Reprise des éléments de ces derniers jours, pour montrer que la Belgique n’est plus qu’un dessin sur une plage, et que la vague est en route.

La Mer du Nord. La Belgique est au loin, au large... Crédit photo: Xiiime.

 Nous avons pourtant proposé des solutions. Peut-être ne sont-elles pas meilleures, mais il y en a.
Dans l’hypothèse où demain, ils trouveraient un accord,  un parti nationaliste en redemanderait davantage, trouverait un argument, parce qu’il y a toujours un argument pour être nationaliste.

La Belgique est un pays compliqué. Pas plus tard que ce matin, je pouvais lire, quelque part – je l’ai d’ailleurs twitté – « Halte à la dictature gouvernementale! Manifestation le 23 avril contre l’interdiction de fumer dans les cafés. »

Et là, double constat. D’une part, il ne s’agit pas d’une décision gouvernementale, mais d’un arrêt de la Cour Constitutionnelle. Ça ne change pas grand-chose, d’un côté, mis à part que ça peut difficilement relever de la dictature.

Mon autre constat est un rien plus négatif. Il a oublié que nous n’avons pas de gouvernement depuis un an. Et que ce qui nous sert de marionnettiste aveugle est un gouvernement qui n’a certainement pas les compétences pour adopter une loi aussi bénigne. Depuis le temps, il est probable que l’essentiel des affaires courantes soient traitées au profit des affaires urgentes et habituelles, donc cette loi n’en fait probablement pas partie.

La Belgique serait-elle trop compliquée? Sa population peut-elle véritablement voter « juste » si elle ne sait même pas comment son pays fonctionne?

Et pourtant, des blogueurs, des gens qui comprennent, des gens qui ne comprennent pas, tiennent à leur Belgique. Elle n’est pas si vieille, en soi – même si l’on parle d’une Beglicae depuis l’antiquité – et ne résulte que de moult guerres pour faire valoir ses droits. Droits piétinés par l’Histoire.

Je n’aime, d’habitude, pas parler de l’ésotérisme politique – même si c’est défendable – parce que la politique n’a vraiment d’effets que lorsqu’elle forme une majorité, ou un plébiscite suffisant pour être représenté.

Mais certains défendent l’idée que la France et la Belgique devraient se rattacher.

Et, au gré des vagues des crises politique, cela peut impliquer beaucoup de monde, et cesser d’être un ésotérisme politique. Par exemple, un sondage de l’IFOP diffusé par Le Soir* montre un record de 50% en 2008. Ils étaient 32% en 2010, selon le Figaro*. À peu près autant que la N-VA, la même année.

C’est une solution qui en enchante certains, défendue depuis avant même la naissance de la Belgique. Elle s’explique, entre autres, par des intérêts économiques et culturels. On accordera que nous partageons la langue, une histoire commune, un code civil en commun, une constitution d’inspiration commune.

Nous sommes des rejetons de la France, agglutinés à la Flandre, qui nous rejette ardemment. J’accorde que nous sommes moins Flamands que francophones, et j’admets également que l’idée d’habiter une des plus grandes puissances mondiales serait sympathique d’un point de vue économique.

Paris et sa beauté, son histoire, les côtes niçoises et leurs stars, les montagnes et leurs stations de ski, la Bretagne, si poétique, la côte atlantique, le Périgord… La France est un pays magnifique, où se mélangent des cultures et des accents, qui nous transportent dans l’histoire et dans les rues étroites de ses vignobles.

Mais la Belgique n’est pas la France. La Belgique, Anvers, Bruxelles, Charleroi, Liège; ces villes ne sont pas françaises.

Il serait absurde d’imaginer une Flandre en France. La N-VA aurait un coq un rien plus large à avaler, mais compte tenu de leur mauvaise foi, ils pourraient bloquer des négociations  qui n’ont même pas lieu d’être dans un pays où le vote est uninominal et majoritaire.

Il est donc évident que ces résultats témoignent, dans le chef de ceux qui l’ont souscrit, d’une volonté de se séparer avec la Flandre.

Dans l’état actuel des choses, dans une Belgique brouillée mais pas détruite, dans une séparation de fait – il faut admettre que la régionalisation est, dès le départ, une séparation – mais pas de droit, parler de rattachisme est un peu anticipé, sinon prématuré.

Parler de réunionnisme est, en réalité, prévoir l’éventualité d’une séparation avec la Belgique. Et se montrer rattachiste maintenant, ce n’est pas prévoir la meilleure solution envisageable maintenant, mais prévoir la dernière solution envisageable à tout jamais.

Le plan-B, comme l’appellent les journalistes politiques et les politiciens eux-mêmes, n’est pas à proprement parler la meilleure solution, d’un autre point de vue que celui du principal parti séparatiste.

Les autres partis flamands veulent-elles d’une séparation? Rien n’est moins sûr. Le dossier aurait déjà été déposé sur la table depuis longtemps. Ils se seraient réunis et auraient obtenu cela d’emblée.

Et Bruxelles, dans tout ça? Wallonne, Flamande? Je pense que l’on peut être unanimes à ce propos, par deux points. Premièrement, Bruxelles est principalement francophone. C’est amplement suffisant, à vrai dire. Deuxièmement, et là il s’agit d’une question de logique, ce n’est pas la partie qui désire se retirer qui va décider de comment ça se passe. Si la Wallonie va accorder à la N-VA une séparation légale de la Belgique, elle ne va aucunement concéder Bruxelles.

Si l’on en croit la jurisprudence internationale, il y a de fortes chances pour que le sort de Bruxelles soit, à terme, décidé par les cours compétentes. Mais je ne vois pas en quoi ces cours auraient intérêt à aller à l’encontre du choix populaire. Si une répartition de la ville même n’est pas envisageable – imaginez le bordel – ils se contenteront d’appliquer le principe général qui veut que l’on se fiera aux limites régionales pour former la séparation. La Flandre se sépare, elle se sépare par sa région uniquement.

La séparation est encore relativement utopique, cela dit. Ce qui est utopique également, c’est la possibilité d’une Belgique unie. Comprenez que nous sommes pile à mi-chemin entre les deux, et qu’il appartient aux négociateurs ou aux électeurs – s’ils ont encore leur mot à dire – de choisir la direction à prendre.

La mienne est déjà toute choisie, et déjà largement défendue dans ce blog, je suis pro-belgique, et je défendrai ce point de vue aussi longtemps qu’elle existera.

En conclusion, suite à ce court réquisitoire – ou cette longue argumentation – je réponds aux propos d’Eric Van Rompuy. Est-ce qu’on a encore des dirigeants, oui! Mais ces dirigeants dirigent-ils encore quelque chose? Les négociations avanceraient, on serait tentés de dire qu’ils dirigent les régions en défendant leurs intérêts. Mais actuellement, il s’agit d’une bagarre politique de trois lustres qui ne concerne plus que la caste politique. Non pas que les belges n’y voient pas leurs intérêts, mais tout simplement parce qu’ils ont cessé de comprendre, ou même d’essayer de comprendre, un pays qui leur glisse entre les doigts.

Bonne journée à tous!
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Note de bas de page
* J’émets de nombreux doutes quant à la valeur de ces statistiques. Seuls 500 francophones ayant été sondés, il est difficile d’attribuer à ces 500 personnes la représentation des francophones de Belgique. J’ajouterais que pour peu que cette statistique ait été effectuée dans le Hainaut, où le FN enregistre ses meilleurs votes, ce chiffre trouverait une explication à la fois logique et malencontreuse. Ces chiffres sont donc cités à titre indicatif.

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