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De nauséabonds relents de populisme décérébré.

Cette semaine, Mr Laurent Louis, député fédéral, a montré sur Twitter quelle était, exactement, son programme de parti: Agir contre la démocratie pour un peuple meilleur. Un eugénisme latent, erreur humaine mais indigne d’un homme politique. Un populisme évident, un homme qui ne pèse ses mots que pour les vendre au meilleur prix.

Propos tenus sur Twitter par le député; à lire de bas en haut dans l’ordre chronologique.

Et les médias en ont parlé, alors qu’un peu plus tôt il se plaignait sur le même site de micro-blogging faire l’objet d’un mutisme médiatique.  Et pourtant, ses propos sont souvent du genre à soulever des questions! Insultant le ministre de la justice (Ministre de l’Injustice) réagissant agressivement aux commentaires (très bon article), il répond d’abord et avant tout à ses émotions; ce dont n’importe quel apprenti juriste/homme politique devrait se méfier:

Comment est née l'idée du permis parental

Alors, sur facebook comme aux Médias, celui-ci se défend en disant « On ne m’a pas laissé m’expliquer jusqu’au bout ». Effectivement, parfois, en résumant trop on fait l’impasse sur des choses importantes.
Mais dans ce cas-ci, il est important de rappeler à Mr Louis que le débat ne porte non pas sur  le contenu de la proposition, mais bien sur son aspect.

En vérité, sa proposition me rappelle celle formulée dans La République de Platon. C’est eugéniste. Hitlérien. Intolérable dans un société démocratique, de la part d’un parti qui se dit démocratique.

Qui n’y a jamais pensé? Il est vrai, on s’est tous dit un jour qu’il faudrait que quelqu’un explique aux parents comment se comporter. Mais pas à l’échelle de l’État.

Pour cerner le personnage, il a, déjà, proposé de rendre toutes les peines de plus de 5 ans incompressibles.

Voici par quelle mécanique une initiative démocratique devient totalitaire:

Derrière ses paroles populistes se cache un homme profondément de droite, peut-être même d’extrême-droite. Cette contradiction est parfaitement visible sur le cas de cette proposition: Le peuple est choqué, il tire profit de ce choc pour donner une proposition de loi aussi barbare qu’est un groupe facebook sur Michelle Martin.
Une sorte de national-socialisme.

Mais peut-on voir le mal en lui? Je n’en suis pas sûr. Si, en quelques mots, il est possible de le transformer en Hitler, il n’y a peut-être pas la même haine qui l’anime. Je pense juste que, dans son cas, il s’agit plus d’un populisme décérébré; des bonnes volontés très mal exprimées; comme le montre cette grossière erreur de séparation des pouvoirs:

Les différents pouvoirs (Législatif, Judiciaire, Exécutif, Médias) ne doivent pas être mélangés.

S’il y a un député à lever de ses fonctions, c’est peut-être bien lui. Il n’a pas fait l’objet d’un vote personnel, et le MLD n’existe que par sa séparation du PP qui, lui, a recueilli des voix. Il est arrivé au Parlement par le fait d’un hasard politique et son incompétence montre qu’il a été bien plus arriviste que compétent. Dès lors, un pays aussi tourmenté que la Belgique s’en passerait volontiers: inutile de rendre le pouvoir Belge plus risible encore.

Bonne journée.

Hé, Adolf, tu devineras jamais la dernière…

Attention, l’orientation prise dans cet article est expressément inverse de la mienne. Il s’agit là d’une démonstration par l’absurde. Mon opinion sur le sujet a déjà fait l’objet du précédent article; je tiens juste à ouvrir les yeux des gens à propos des auteurs de la proposition de loi.

Timbre à l'éffigie du dictateur Allemand

Hé Adolf,

Tu ne devineras jamais la dernière! Dans les anciens peuples conquis de Belgique – tu sais, ce petit pays qui se disputait tout le temps, avec un fort séparatisme au Nord, qui t’a d’ailleurs été franchement utile? Hé ben ceux du Nord dont je te parles, ils veulent indemniser tes collaborateurs!

Oui, je vois ta tête jusqu’ici, sourire devant ces idioties qui te donnent plus de pouvoir. Quand on pense que tu t’es suicidé précisément parce que le monde te haïssait! On ne s’est plus écrits depuis lors, mais tes collaborateurs ont fait l’objet d’une sauvage répression. Oui, tes sourcils se froncent. Ils en ont tué pas mal, c’est vrai. Des femmes, aussi, pour avoir copulé avec tes soldats. Je ne peux pas te jurer qu’elles étaient aryennes, enfin soit.

Et ben, les enfants de ceux-là, ils seront indemnisés si la loi est votée. Elle est juste discutée, au Sénat, c’est même pas sûr qu’il sera adopté, mais ils y pensent. Oh, c’est pas tout ça, je sais que les enfants de tes amis ont le droit d’en honorer la mémoire sans honte, etc. … Mais pense donc à tous ces juifs déportés par lesdits collaborateurs! Et leurs enfants! Je t’entends rire jusqu’ici.

Les vrais perdants, dans tout ça, ce sont les enfants de tes résistants. Tués par lesdits collaborateurs, mais eux n’ont pas fait l’objet d’une indemnisation! Alors, tu vois le tableau! On conquit un pays, on profite du nationalisme au Nord (diviser pour régner, encore un coup de ton génie, peut-être même en font-ils usage encore maintenant) et maintenant tes collaborateurs sont récompensés! Voyez-vous ça! Je pense qu’ils aiment qu’on se moque d’eux.

Tu veux la meilleure? Leur ministre, là, un catholique, il a même parlé d’«oublier» ton passage! Un des hommes que tu as déporté aurait appelé ça un lapsus révélateur. Mais il s’est abjuré par après, va savoir; peut-être juge-t-il important de ne pas t’oublier. D’ailleurs, d’un côté, t’oublier empêcherait d’indemniser tes collaborateurs.

Il paraît que ça fait scandale, là-bas. Tu me diras, vu la quantité impressionnante de résistants qu’il y avait là-bas, pas mal de familles manquent encore un peu d’eugénisme. Ah! oui, l’eugénisme.

Tu sais, d’un côté, les flamands ils en font encore un peu preuve. Ils veulent se débarrasser des wallons car « trop pauvres, langue insignifiante, parasites, junkies potentiels, trop bêtes pour apprendre le néerlandais » … d’un côté, c’est plutôt eugéniste de vouloir se séparer! Bon, ils n’ont pas encore pensé à vraiment supprimer les inutiles; mais on a déjà un peu d’interdictions envers les francophones, c’est déjà pas mal.

Oui, là tu es plongé dans un silence partagé. Tu as connu ça, hein? Les débuts ne sont pas simples, pour eux. Ils en sont encore à la démocratie, c’est pas gagné d’avance. Encore que, parfois la démocratie n’a pas été écoutée pour des principes de procédure. Il suffit de ça, je te dirais.

Et d’ailleurs, il y a quatre ans de cela, ils ont voulu faire reconnaître à l’État la responsabilité de l’état dans la collaboration. Intéressant, n’est-ce pas? Un peu comme Pétain, les Belges. Tous, en fait. Ils ont vu en toi une possibilité de s’affirmer, parce que tu leurs as dit qu’ils avaient raison, toujours. Tu as su faire plaisir à leurs émotions, tu as su jouer de leurs histoires.

T’inquiète pas, tu es mort, mais ta façon de procéder, elle, est immortelle. Tu en as de la chance, parce qu’en France, le FN en tire profit aussi; la N-VA un peu, aussi. Et dans d’autres pays aussi. Et! N’oublie pas! Les droits d’auteurs courent 70 ans après le décès de l’auteur. Ça n’en fait que 67, n’oublie pas de demander des royalties!

Sur ce, pense bien que l’homme sera toujours assez bête pour croire en tes mensonges: Seul, le monde n’est pas mieux.

Bonne journée.

Ceci n’est pas mon pays: Prise en considération du négationnisme et de l’indemnisation des collabos

Dernièrement, le Sénat a accepté de prendre en considération un texte à tendance négationniste proposé par le Vlaams Belang. Ce document prévoit d’indemniser les victimes de la répression des (sic) « prétendus » collabos de la Seconde Guerre et d’effacer les condamnations dont ils ont fait l’objet.

Un pardon est envisageable, mais pas lorsqu'il vient des principaux intéressés.

 La Belgique a été un pays de vives résistances; jouxtant l’Allemagne, bien que rapidement tombé, ses habitants n’ont pas tous laissé l’Occupation se faire sans difficulté.

Maintenant qu’il y a prescription, il pourrait être envisagé un pardon. Effectivement, quelle junte peut encore traquer des coupables d’autrefois? Il ne faut pas voir le diable partout non plus; on peut leur pardonner. Après tout, la situation n’est plus ce qu’elle était, et le Monde a désormais pardonné l’Allemagne. Les principaux responsables sont encore traqués, l’expérience de Milgram leur donnant parfois raison.

Mais lorsque le texte fait mention de « prétendues » collaborations; ou que celui-ci envisage de faire indemniser les coupables, et qu’il a été déposé par un parti d’extrême-droite, je ne souscris plus.

En effet, il est indignant pour la Belgique de se permettre de laisser un parti d’extrême-droite de faire valoir jusqu’au Sénat ses idées de négationnisme. La prise en considération a été créée dans ce but; et c’est un échec à la mission de cette protection parlementaire que d’avoir laissé ce texte parvenir jusqu’aux discussions. La Belgique est-elle négationniste? Non!
Venant de leur initiative, cela ressemble plus à autoriser un vieux racisme, un ancien intégrisme, pour permettre à un nouveau de s’implanter. Plus de
Reductio ad Hitlerum, plus de Godwin Point; maintenant la collaboration doit, à leurs yeux, être une chose qui n’est plus condamnable et qui s’entend parfaitement.

Ceci n’est pas mon pays.

C’est d’autant plus indignant que la Vlaams Belang va, jusque dans le titre, faire comprendre que, pour lui, les crimes punis à l’époques ont été le fait d’une peur irraisonnée d’Hitler. Ils ont raison. Mais il est trop tard, 67 ans après, pour dire que c’était une erreur. Tout comme il est idiot de faire interdire « Tintin au Congo » parce qu’il ne fait que témoigner de l’idéologie de l’époque, il n’est pas question de revenir en arrière concernant la répression de la collaboration.

Je ne souscris pas aux multiples exécutions qu’ont subit les collabos; tout comme je regrette que cette barbarie n’ait pas mené à une amélioration globale du racisme en général (le racisme ayant atteint un paroxysme aux États-Unis dans les années ’60 avec les groupes KKK et autres qui recueillent, aujourd’hui encore, de nombreux adhérents).

Le Vlaams Belang, dans leur paradigme étrange bien au-delà du monde, ont réussi à contaminer tous les autres partis flamands. C’est bien regrettable.

De leurs mots, « on peut parler de tout » « nous sommes en démocratie ». Mais ces mêmes partis n’ont-ils pas refusé de nommer des bourgmestres francophones? Ces mêmes partis ne font-ils pas preuve d’une ségrégation?

C’est l’hôpital qui se moque de la charité.

Bonne journée.

Pour que le monde soit à ses pieds.

Si Mr de Wever accédait au pouvoir, j’ai bien peur de faire partie des gens qui seront ennemis au pouvoir. Les mesures effrayantes qu’il serait capable de prendre contre ceux qui manifestent d’une trop grande liberté d’expression, surtout en français, n’ont d’égales que ce qu’il met en œuvre pour déstabiliser le pouvoir ou pour s’y trouver. S’auto-nommer formateur, le choix est posé.

La Nouvelle Arrogance flamande, le pouvoir qui s'impose ou qui détruit. Crédit photo: AFP

Faute de vouloir détruire le gouvernement en y posant, à chaque étape, une petite amorce, BDW, maintenant, se met à la place du roi et décide à sa place ce qu’il convient de faire. Et pour lui, ce serai, déjà, se résumer à choisir un premier ministre.

La tâche du formateur étant de choisir un gouvernement et de les mettre d’accords. Outre le fait que ça fait plus d’un an qu’aucun accord n’a été fait, cela se résume à une autre amorce: Soit il est nommé et devient Premier Ministre – ce qui ne présage rien de très bon, à raison de 27 sièges pour la N-VA – soit il est nommé et ne devient pas premier ministre – ce qui reviendrait à provoquer un blocage parlementaire, cette fois-ci, dès qu’une question importante sera posée aux Assemblées.

Admettez que de son point de vue, c’est tout bénef’.

Dans l’hypothèse où Bart de Wever devient Premier Ministre, libre à lui de déposer des lois abracadabrantesques sur le bureau du Parlement, ainsi que de mettre fin à ce gouvernement. D’échouer sa mission après avoir laissé des mines-antigouv sur son chemin.

S’il est nommé formateur mais se désiste à la tâche de Premier ministre, ou même de Ministre, – avouez qu’il serait peu probable, bien que cohérent de sa part, qu’il refuse un tel poste – le blocage sera, cette fois-ci, parlementaire: à raison de 27 sièges N-VA, un document ministériel remis de la part du conseil des ministres un peu trop « franchophone » à leur goût et leur absence à elle seule suffit à provoquer un blocage.

Mr de Wever se rend parfaitement compte qu’il a tout intérêt à maintenir le blocage. Si résolution il y a, d’une façon ou d’une autre il serait le perdant. Mais plus il garde le blocage – avec des déclarations comme celles-ci – plus il monte les flamands contre les francophones et vice-versa. Et à la politique du Diviser pour Régner, il ne sera pas le premier à gagner.

Cela dit, l’actualité politique belge devient redondante.

Bonne journée !

The Kingdom

Demain, la Belgique sans gouvernement fêtera sa première année. Une année durant laquelle absolument rien n’a été fait. Révolution des Frites, chansons, rien n’a suffi à être entendu par les hommes politiques qui décident pour nous de ce qu’est la Belgique.
Petit patriotisme, la veille de la première année, pour garder à l’esprit que la Belgique, ce n’est pas qu’une question de dispute, c’est aussi un peu de fraternité.

Demain, une première bougie sera soufflée. Prions pour qu'il ne s'agisse pas de la bougie d'Amnesty.

Malgré la flagrante vision d’une situation négative, d’une politique qui se prépare à scinder le petit pays tout jeune pourtant, l’esprit Belge demeure, tel un cœur au sein de sa vie, battant et chaleureux.  La Division, Pas en notre nom! Pouvait-on scander aux Révolutions de la Frite. Ou encore: Eenheid – Unité!

En traversant certaines grandes villes, Bruxelles comprise, on peut voir de vieux drapeaux moisis par la pluie traîner sous les fenêtres. Cela fait si longtemps que nous nous battons pour son unité. Déjà, dans les sixties, quand les français usaient les routes, « sous les pavés la plage », les jeunes flamands disaient, plutôt, « Walen Buiten ».

Oui, depuis des années nous déplorons cette idéologie, marginale jusqu’ici, qui gangrène la Belgique.

C’est alors que, depuis un an, plus rien n’avance.

Il faut se rendre à l’évidence, il y a une chose qui ne fonctionne pas, c’est le gouvernement en plan de réforme. « Pas de gouvernement sans la N-VA, parce qu’après, il faut réformer l’État ». Ce n’est pas impossible sans la N-VA et, de toute façon, cette réforme est une stupide idée. C’est tout à fait normal qu’ils ne parviennent pas à s’accorder si celui qui a le pouvoir dit des inepties.

Les partis francophones sont facilement qualifiés de lâches, d’inefficaces, de mener une politique qui, transposée dans une entreprise, mènerait à la faillite de celle-ci. Pourtant, des deux côtés, des hommes politiques chevronnés se tiennent. Un seul est tout nouveau dans le secteur. Inutile de préciser lequel.

Petite remarque par rapport à la date annoncée par la presse. Celle-ci soutient que l’anniversaire serait un 22 avril. Cela est faux. Officiellement, la démission de Mr. Leterme a effectivement été déposée un 22 avril, mais n’a été acceptée que le 26. C’est toujours ça de pris.

Bonne journée!

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