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Les devoirs sont-ils inutiles?

D’après une récente étude de la V.R.T. et de Newsblad, les « devoirs ont peu d’effet sur l’apprentissage ».

Le problème, à mon (humble) avis, est que l’on traite le système de l’éducation comme une usine à fabriquer des facteurs de production; avec ses requis en terme de production et ses attentes en termes de résultats. Et le tout, en faisant passer chaque outil de travail par la même usine à les fabriquer.
Du coup, il faut « échouer » le circuit général pour arriver dans un circuit technique ou professionnalisant – ce qui, en termes psychologiques, peut être difficile à vivre tant pour les parents que pour les jeunes – pour privilégier, que sais-je, un idéal de médecin, avocat… auquel l’enfant n’aspire peut-être pas.
Alors que bon, si on reste dans l’optique ‘usine’ (auquel je ne souscris pas, mais soit), en termes de rentabilité expérience/années d’études, ce qui est le mieux reste les filières professionnelles – mi stage mi cours dans le secondaire. Alors que chaque parent pousse ardemment ses enfants vers le général.

Alors, je ne suis pas sûr que les devoirs n’ont pas d’effet sur l’apprentissage, parce que c’est en répétant des actions qu’on les rend mécaniques et donc qui nous permettent de les utiliser ensuite. Donc en primaire et début secondaire, je pense qu’on essaye de mettre trop de responsabilités sur le dos des professeurs. L’Homo Sapiens, normalement, éduque lui-même ses enfants, je le rappelle. On dit que l’éducation n’est plus ce qu’elle était mais visiblement, ce sont les parents qui sont incapables de faire faire leurs devoirs à leurs enfants.

Je pense que la première personne à éduquer, ce sont les parents. On dit toujours « il n’y a pas de cours pour être parent » – et c’est peut-être là notre erreur. Pour l’instant, nous reposons sur l’enfant pour transmettre de la documentation signée à la hâte, parcourue ou simplement ignorée.
En les renseignant bien sur les différents types d’études qui existent et en insistant sur le fait qu’il n’y en ait pas une plus mauvaise que l’autre – général, technique ou professionnalisant – pour pousser les enfants à s’orienter vers leur PASSION, et de s’y impliquer à 100%; je pense, et j’espère, que le problème des devoirs deviendra accessoire.

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Ne cherchez plus: Le problème, c’est moi.

Laurent Louis ne peut être contredit. Encore moins avec des questions précises.

Déclaration tapageuse de Laurent Louis.

Je ne vais pas sombrer dans ces querelles ridicules. Mais demandez-lui ceci:

Monsieur Louis, je vous cite: « Ne serait-il pas temps de rendre le pouvoir au peuple? » Est-ce ce même peuple qui doit disposer d’une autorisation pour avoir des enfants?

Mr Laurent Louis, encore à propos de vos déclarations. Vous dites que l’immigration est incontrôlée. Le même jour, je vois que la Belgique est condamnée par la Cour Européenne des Droits d l’Homme pour avoir voulu expatrier une irannienne.
http://bit.ly/jTTGxP
Donc non seulement il y a contrôle, mais en plus il y a trop de contrôle.

On vous gratifie de ceci:

Mr Fanna, c'est moi.

 Je suis donc l’ennemi public n°1, parce que je suis contre une politique des naissances en Belgique, parce que j’estime que le permis pour avoir des animaux, non seulement n’est pas dans nos priorités, mais en plus forcerait à créer un service public fédéral de l’attribution des permis, d’autres fonctionnaires à payer. Malgré ces autorisations, rien ne garantit l’efficacité des mesures.

Le Tribunal d’Application des Peines (TAP) a été créé par et pour le dossier Dutroux, à cause de la première libération dudit personnage qui a fait scandale. Et lorsqu’on emprisonne quelqu’un, il faut bien le libérer un jour.

Le respect des droits de l’homme, et le respect des libertés, c’est dans l’adversité qu’elle est mise à l’épreuve. Et son échec, ici, ne fait aucun doute.

J’ai été supprimé de sa page, m’empêchant de lui répondre. Petit à petit, l’homme dévoile son jeu totalitaire; avec ses rêves de coups d’État, avec ses discours populiste, la Belgique a intérêt à ne pas se laisser embobiner par ces belles paroles sans fondement.

Bonne journée.

De nauséabonds relents de populisme décérébré.

Cette semaine, Mr Laurent Louis, député fédéral, a montré sur Twitter quelle était, exactement, son programme de parti: Agir contre la démocratie pour un peuple meilleur. Un eugénisme latent, erreur humaine mais indigne d’un homme politique. Un populisme évident, un homme qui ne pèse ses mots que pour les vendre au meilleur prix.

Propos tenus sur Twitter par le député; à lire de bas en haut dans l’ordre chronologique.

Et les médias en ont parlé, alors qu’un peu plus tôt il se plaignait sur le même site de micro-blogging faire l’objet d’un mutisme médiatique.  Et pourtant, ses propos sont souvent du genre à soulever des questions! Insultant le ministre de la justice (Ministre de l’Injustice) réagissant agressivement aux commentaires (très bon article), il répond d’abord et avant tout à ses émotions; ce dont n’importe quel apprenti juriste/homme politique devrait se méfier:

Comment est née l'idée du permis parental

Alors, sur facebook comme aux Médias, celui-ci se défend en disant « On ne m’a pas laissé m’expliquer jusqu’au bout ». Effectivement, parfois, en résumant trop on fait l’impasse sur des choses importantes.
Mais dans ce cas-ci, il est important de rappeler à Mr Louis que le débat ne porte non pas sur  le contenu de la proposition, mais bien sur son aspect.

En vérité, sa proposition me rappelle celle formulée dans La République de Platon. C’est eugéniste. Hitlérien. Intolérable dans un société démocratique, de la part d’un parti qui se dit démocratique.

Qui n’y a jamais pensé? Il est vrai, on s’est tous dit un jour qu’il faudrait que quelqu’un explique aux parents comment se comporter. Mais pas à l’échelle de l’État.

Pour cerner le personnage, il a, déjà, proposé de rendre toutes les peines de plus de 5 ans incompressibles.

Voici par quelle mécanique une initiative démocratique devient totalitaire:

Derrière ses paroles populistes se cache un homme profondément de droite, peut-être même d’extrême-droite. Cette contradiction est parfaitement visible sur le cas de cette proposition: Le peuple est choqué, il tire profit de ce choc pour donner une proposition de loi aussi barbare qu’est un groupe facebook sur Michelle Martin.
Une sorte de national-socialisme.

Mais peut-on voir le mal en lui? Je n’en suis pas sûr. Si, en quelques mots, il est possible de le transformer en Hitler, il n’y a peut-être pas la même haine qui l’anime. Je pense juste que, dans son cas, il s’agit plus d’un populisme décérébré; des bonnes volontés très mal exprimées; comme le montre cette grossière erreur de séparation des pouvoirs:

Les différents pouvoirs (Législatif, Judiciaire, Exécutif, Médias) ne doivent pas être mélangés.

S’il y a un député à lever de ses fonctions, c’est peut-être bien lui. Il n’a pas fait l’objet d’un vote personnel, et le MLD n’existe que par sa séparation du PP qui, lui, a recueilli des voix. Il est arrivé au Parlement par le fait d’un hasard politique et son incompétence montre qu’il a été bien plus arriviste que compétent. Dès lors, un pays aussi tourmenté que la Belgique s’en passerait volontiers: inutile de rendre le pouvoir Belge plus risible encore.

Bonne journée.

Hé, Adolf, tu devineras jamais la dernière…

Attention, l’orientation prise dans cet article est expressément inverse de la mienne. Il s’agit là d’une démonstration par l’absurde. Mon opinion sur le sujet a déjà fait l’objet du précédent article; je tiens juste à ouvrir les yeux des gens à propos des auteurs de la proposition de loi.

Timbre à l'éffigie du dictateur Allemand

Hé Adolf,

Tu ne devineras jamais la dernière! Dans les anciens peuples conquis de Belgique – tu sais, ce petit pays qui se disputait tout le temps, avec un fort séparatisme au Nord, qui t’a d’ailleurs été franchement utile? Hé ben ceux du Nord dont je te parles, ils veulent indemniser tes collaborateurs!

Oui, je vois ta tête jusqu’ici, sourire devant ces idioties qui te donnent plus de pouvoir. Quand on pense que tu t’es suicidé précisément parce que le monde te haïssait! On ne s’est plus écrits depuis lors, mais tes collaborateurs ont fait l’objet d’une sauvage répression. Oui, tes sourcils se froncent. Ils en ont tué pas mal, c’est vrai. Des femmes, aussi, pour avoir copulé avec tes soldats. Je ne peux pas te jurer qu’elles étaient aryennes, enfin soit.

Et ben, les enfants de ceux-là, ils seront indemnisés si la loi est votée. Elle est juste discutée, au Sénat, c’est même pas sûr qu’il sera adopté, mais ils y pensent. Oh, c’est pas tout ça, je sais que les enfants de tes amis ont le droit d’en honorer la mémoire sans honte, etc. … Mais pense donc à tous ces juifs déportés par lesdits collaborateurs! Et leurs enfants! Je t’entends rire jusqu’ici.

Les vrais perdants, dans tout ça, ce sont les enfants de tes résistants. Tués par lesdits collaborateurs, mais eux n’ont pas fait l’objet d’une indemnisation! Alors, tu vois le tableau! On conquit un pays, on profite du nationalisme au Nord (diviser pour régner, encore un coup de ton génie, peut-être même en font-ils usage encore maintenant) et maintenant tes collaborateurs sont récompensés! Voyez-vous ça! Je pense qu’ils aiment qu’on se moque d’eux.

Tu veux la meilleure? Leur ministre, là, un catholique, il a même parlé d’«oublier» ton passage! Un des hommes que tu as déporté aurait appelé ça un lapsus révélateur. Mais il s’est abjuré par après, va savoir; peut-être juge-t-il important de ne pas t’oublier. D’ailleurs, d’un côté, t’oublier empêcherait d’indemniser tes collaborateurs.

Il paraît que ça fait scandale, là-bas. Tu me diras, vu la quantité impressionnante de résistants qu’il y avait là-bas, pas mal de familles manquent encore un peu d’eugénisme. Ah! oui, l’eugénisme.

Tu sais, d’un côté, les flamands ils en font encore un peu preuve. Ils veulent se débarrasser des wallons car « trop pauvres, langue insignifiante, parasites, junkies potentiels, trop bêtes pour apprendre le néerlandais » … d’un côté, c’est plutôt eugéniste de vouloir se séparer! Bon, ils n’ont pas encore pensé à vraiment supprimer les inutiles; mais on a déjà un peu d’interdictions envers les francophones, c’est déjà pas mal.

Oui, là tu es plongé dans un silence partagé. Tu as connu ça, hein? Les débuts ne sont pas simples, pour eux. Ils en sont encore à la démocratie, c’est pas gagné d’avance. Encore que, parfois la démocratie n’a pas été écoutée pour des principes de procédure. Il suffit de ça, je te dirais.

Et d’ailleurs, il y a quatre ans de cela, ils ont voulu faire reconnaître à l’État la responsabilité de l’état dans la collaboration. Intéressant, n’est-ce pas? Un peu comme Pétain, les Belges. Tous, en fait. Ils ont vu en toi une possibilité de s’affirmer, parce que tu leurs as dit qu’ils avaient raison, toujours. Tu as su faire plaisir à leurs émotions, tu as su jouer de leurs histoires.

T’inquiète pas, tu es mort, mais ta façon de procéder, elle, est immortelle. Tu en as de la chance, parce qu’en France, le FN en tire profit aussi; la N-VA un peu, aussi. Et dans d’autres pays aussi. Et! N’oublie pas! Les droits d’auteurs courent 70 ans après le décès de l’auteur. Ça n’en fait que 67, n’oublie pas de demander des royalties!

Sur ce, pense bien que l’homme sera toujours assez bête pour croire en tes mensonges: Seul, le monde n’est pas mieux.

Bonne journée.

Ceci n’est pas mon pays: Prise en considération du négationnisme et de l’indemnisation des collabos

Dernièrement, le Sénat a accepté de prendre en considération un texte à tendance négationniste proposé par le Vlaams Belang. Ce document prévoit d’indemniser les victimes de la répression des (sic) « prétendus » collabos de la Seconde Guerre et d’effacer les condamnations dont ils ont fait l’objet.

Un pardon est envisageable, mais pas lorsqu'il vient des principaux intéressés.

 La Belgique a été un pays de vives résistances; jouxtant l’Allemagne, bien que rapidement tombé, ses habitants n’ont pas tous laissé l’Occupation se faire sans difficulté.

Maintenant qu’il y a prescription, il pourrait être envisagé un pardon. Effectivement, quelle junte peut encore traquer des coupables d’autrefois? Il ne faut pas voir le diable partout non plus; on peut leur pardonner. Après tout, la situation n’est plus ce qu’elle était, et le Monde a désormais pardonné l’Allemagne. Les principaux responsables sont encore traqués, l’expérience de Milgram leur donnant parfois raison.

Mais lorsque le texte fait mention de « prétendues » collaborations; ou que celui-ci envisage de faire indemniser les coupables, et qu’il a été déposé par un parti d’extrême-droite, je ne souscris plus.

En effet, il est indignant pour la Belgique de se permettre de laisser un parti d’extrême-droite de faire valoir jusqu’au Sénat ses idées de négationnisme. La prise en considération a été créée dans ce but; et c’est un échec à la mission de cette protection parlementaire que d’avoir laissé ce texte parvenir jusqu’aux discussions. La Belgique est-elle négationniste? Non!
Venant de leur initiative, cela ressemble plus à autoriser un vieux racisme, un ancien intégrisme, pour permettre à un nouveau de s’implanter. Plus de
Reductio ad Hitlerum, plus de Godwin Point; maintenant la collaboration doit, à leurs yeux, être une chose qui n’est plus condamnable et qui s’entend parfaitement.

Ceci n’est pas mon pays.

C’est d’autant plus indignant que la Vlaams Belang va, jusque dans le titre, faire comprendre que, pour lui, les crimes punis à l’époques ont été le fait d’une peur irraisonnée d’Hitler. Ils ont raison. Mais il est trop tard, 67 ans après, pour dire que c’était une erreur. Tout comme il est idiot de faire interdire « Tintin au Congo » parce qu’il ne fait que témoigner de l’idéologie de l’époque, il n’est pas question de revenir en arrière concernant la répression de la collaboration.

Je ne souscris pas aux multiples exécutions qu’ont subit les collabos; tout comme je regrette que cette barbarie n’ait pas mené à une amélioration globale du racisme en général (le racisme ayant atteint un paroxysme aux États-Unis dans les années ’60 avec les groupes KKK et autres qui recueillent, aujourd’hui encore, de nombreux adhérents).

Le Vlaams Belang, dans leur paradigme étrange bien au-delà du monde, ont réussi à contaminer tous les autres partis flamands. C’est bien regrettable.

De leurs mots, « on peut parler de tout » « nous sommes en démocratie ». Mais ces mêmes partis n’ont-ils pas refusé de nommer des bourgmestres francophones? Ces mêmes partis ne font-ils pas preuve d’une ségrégation?

C’est l’hôpital qui se moque de la charité.

Bonne journée.

Pour que le monde soit à ses pieds.

Si Mr de Wever accédait au pouvoir, j’ai bien peur de faire partie des gens qui seront ennemis au pouvoir. Les mesures effrayantes qu’il serait capable de prendre contre ceux qui manifestent d’une trop grande liberté d’expression, surtout en français, n’ont d’égales que ce qu’il met en œuvre pour déstabiliser le pouvoir ou pour s’y trouver. S’auto-nommer formateur, le choix est posé.

La Nouvelle Arrogance flamande, le pouvoir qui s'impose ou qui détruit. Crédit photo: AFP

Faute de vouloir détruire le gouvernement en y posant, à chaque étape, une petite amorce, BDW, maintenant, se met à la place du roi et décide à sa place ce qu’il convient de faire. Et pour lui, ce serai, déjà, se résumer à choisir un premier ministre.

La tâche du formateur étant de choisir un gouvernement et de les mettre d’accords. Outre le fait que ça fait plus d’un an qu’aucun accord n’a été fait, cela se résume à une autre amorce: Soit il est nommé et devient Premier Ministre – ce qui ne présage rien de très bon, à raison de 27 sièges pour la N-VA – soit il est nommé et ne devient pas premier ministre – ce qui reviendrait à provoquer un blocage parlementaire, cette fois-ci, dès qu’une question importante sera posée aux Assemblées.

Admettez que de son point de vue, c’est tout bénef’.

Dans l’hypothèse où Bart de Wever devient Premier Ministre, libre à lui de déposer des lois abracadabrantesques sur le bureau du Parlement, ainsi que de mettre fin à ce gouvernement. D’échouer sa mission après avoir laissé des mines-antigouv sur son chemin.

S’il est nommé formateur mais se désiste à la tâche de Premier ministre, ou même de Ministre, – avouez qu’il serait peu probable, bien que cohérent de sa part, qu’il refuse un tel poste – le blocage sera, cette fois-ci, parlementaire: à raison de 27 sièges N-VA, un document ministériel remis de la part du conseil des ministres un peu trop « franchophone » à leur goût et leur absence à elle seule suffit à provoquer un blocage.

Mr de Wever se rend parfaitement compte qu’il a tout intérêt à maintenir le blocage. Si résolution il y a, d’une façon ou d’une autre il serait le perdant. Mais plus il garde le blocage – avec des déclarations comme celles-ci – plus il monte les flamands contre les francophones et vice-versa. Et à la politique du Diviser pour Régner, il ne sera pas le premier à gagner.

Cela dit, l’actualité politique belge devient redondante.

Bonne journée !

Être rattachiste maintenant, c’est être séparatiste.

Eric van Rompuy, à son retour d’Allemagne: « Avons-nous encore de vrais dirigeants au nord et au sud de ce pays? », belle hypocrisie! Cela paraît difficile de croire qu’il s’agit d’un trait d’humour, visiblement stérilisé, et lui-même est pourtant partisan du coup de pied dans la fourmilière quand cela n’est pas nécessaire.
En lisant les commentaires et la presse, je constate que, de plus en plus, la situation devient risible et insoluble. Reprise des éléments de ces derniers jours, pour montrer que la Belgique n’est plus qu’un dessin sur une plage, et que la vague est en route.

La Mer du Nord. La Belgique est au loin, au large... Crédit photo: Xiiime.

 Nous avons pourtant proposé des solutions. Peut-être ne sont-elles pas meilleures, mais il y en a.
Dans l’hypothèse où demain, ils trouveraient un accord,  un parti nationaliste en redemanderait davantage, trouverait un argument, parce qu’il y a toujours un argument pour être nationaliste.

La Belgique est un pays compliqué. Pas plus tard que ce matin, je pouvais lire, quelque part – je l’ai d’ailleurs twitté – « Halte à la dictature gouvernementale! Manifestation le 23 avril contre l’interdiction de fumer dans les cafés. »

Et là, double constat. D’une part, il ne s’agit pas d’une décision gouvernementale, mais d’un arrêt de la Cour Constitutionnelle. Ça ne change pas grand-chose, d’un côté, mis à part que ça peut difficilement relever de la dictature.

Mon autre constat est un rien plus négatif. Il a oublié que nous n’avons pas de gouvernement depuis un an. Et que ce qui nous sert de marionnettiste aveugle est un gouvernement qui n’a certainement pas les compétences pour adopter une loi aussi bénigne. Depuis le temps, il est probable que l’essentiel des affaires courantes soient traitées au profit des affaires urgentes et habituelles, donc cette loi n’en fait probablement pas partie.

La Belgique serait-elle trop compliquée? Sa population peut-elle véritablement voter « juste » si elle ne sait même pas comment son pays fonctionne?

Et pourtant, des blogueurs, des gens qui comprennent, des gens qui ne comprennent pas, tiennent à leur Belgique. Elle n’est pas si vieille, en soi – même si l’on parle d’une Beglicae depuis l’antiquité – et ne résulte que de moult guerres pour faire valoir ses droits. Droits piétinés par l’Histoire.

Je n’aime, d’habitude, pas parler de l’ésotérisme politique – même si c’est défendable – parce que la politique n’a vraiment d’effets que lorsqu’elle forme une majorité, ou un plébiscite suffisant pour être représenté.

Mais certains défendent l’idée que la France et la Belgique devraient se rattacher.

Et, au gré des vagues des crises politique, cela peut impliquer beaucoup de monde, et cesser d’être un ésotérisme politique. Par exemple, un sondage de l’IFOP diffusé par Le Soir* montre un record de 50% en 2008. Ils étaient 32% en 2010, selon le Figaro*. À peu près autant que la N-VA, la même année.

C’est une solution qui en enchante certains, défendue depuis avant même la naissance de la Belgique. Elle s’explique, entre autres, par des intérêts économiques et culturels. On accordera que nous partageons la langue, une histoire commune, un code civil en commun, une constitution d’inspiration commune.

Nous sommes des rejetons de la France, agglutinés à la Flandre, qui nous rejette ardemment. J’accorde que nous sommes moins Flamands que francophones, et j’admets également que l’idée d’habiter une des plus grandes puissances mondiales serait sympathique d’un point de vue économique.

Paris et sa beauté, son histoire, les côtes niçoises et leurs stars, les montagnes et leurs stations de ski, la Bretagne, si poétique, la côte atlantique, le Périgord… La France est un pays magnifique, où se mélangent des cultures et des accents, qui nous transportent dans l’histoire et dans les rues étroites de ses vignobles.

Mais la Belgique n’est pas la France. La Belgique, Anvers, Bruxelles, Charleroi, Liège; ces villes ne sont pas françaises.

Il serait absurde d’imaginer une Flandre en France. La N-VA aurait un coq un rien plus large à avaler, mais compte tenu de leur mauvaise foi, ils pourraient bloquer des négociations  qui n’ont même pas lieu d’être dans un pays où le vote est uninominal et majoritaire.

Il est donc évident que ces résultats témoignent, dans le chef de ceux qui l’ont souscrit, d’une volonté de se séparer avec la Flandre.

Dans l’état actuel des choses, dans une Belgique brouillée mais pas détruite, dans une séparation de fait – il faut admettre que la régionalisation est, dès le départ, une séparation – mais pas de droit, parler de rattachisme est un peu anticipé, sinon prématuré.

Parler de réunionnisme est, en réalité, prévoir l’éventualité d’une séparation avec la Belgique. Et se montrer rattachiste maintenant, ce n’est pas prévoir la meilleure solution envisageable maintenant, mais prévoir la dernière solution envisageable à tout jamais.

Le plan-B, comme l’appellent les journalistes politiques et les politiciens eux-mêmes, n’est pas à proprement parler la meilleure solution, d’un autre point de vue que celui du principal parti séparatiste.

Les autres partis flamands veulent-elles d’une séparation? Rien n’est moins sûr. Le dossier aurait déjà été déposé sur la table depuis longtemps. Ils se seraient réunis et auraient obtenu cela d’emblée.

Et Bruxelles, dans tout ça? Wallonne, Flamande? Je pense que l’on peut être unanimes à ce propos, par deux points. Premièrement, Bruxelles est principalement francophone. C’est amplement suffisant, à vrai dire. Deuxièmement, et là il s’agit d’une question de logique, ce n’est pas la partie qui désire se retirer qui va décider de comment ça se passe. Si la Wallonie va accorder à la N-VA une séparation légale de la Belgique, elle ne va aucunement concéder Bruxelles.

Si l’on en croit la jurisprudence internationale, il y a de fortes chances pour que le sort de Bruxelles soit, à terme, décidé par les cours compétentes. Mais je ne vois pas en quoi ces cours auraient intérêt à aller à l’encontre du choix populaire. Si une répartition de la ville même n’est pas envisageable – imaginez le bordel – ils se contenteront d’appliquer le principe général qui veut que l’on se fiera aux limites régionales pour former la séparation. La Flandre se sépare, elle se sépare par sa région uniquement.

La séparation est encore relativement utopique, cela dit. Ce qui est utopique également, c’est la possibilité d’une Belgique unie. Comprenez que nous sommes pile à mi-chemin entre les deux, et qu’il appartient aux négociateurs ou aux électeurs – s’ils ont encore leur mot à dire – de choisir la direction à prendre.

La mienne est déjà toute choisie, et déjà largement défendue dans ce blog, je suis pro-belgique, et je défendrai ce point de vue aussi longtemps qu’elle existera.

En conclusion, suite à ce court réquisitoire – ou cette longue argumentation – je réponds aux propos d’Eric Van Rompuy. Est-ce qu’on a encore des dirigeants, oui! Mais ces dirigeants dirigent-ils encore quelque chose? Les négociations avanceraient, on serait tentés de dire qu’ils dirigent les régions en défendant leurs intérêts. Mais actuellement, il s’agit d’une bagarre politique de trois lustres qui ne concerne plus que la caste politique. Non pas que les belges n’y voient pas leurs intérêts, mais tout simplement parce qu’ils ont cessé de comprendre, ou même d’essayer de comprendre, un pays qui leur glisse entre les doigts.

Bonne journée à tous!
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Note de bas de page
* J’émets de nombreux doutes quant à la valeur de ces statistiques. Seuls 500 francophones ayant été sondés, il est difficile d’attribuer à ces 500 personnes la représentation des francophones de Belgique. J’ajouterais que pour peu que cette statistique ait été effectuée dans le Hainaut, où le FN enregistre ses meilleurs votes, ce chiffre trouverait une explication à la fois logique et malencontreuse. Ces chiffres sont donc cités à titre indicatif.

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