Le droit de manifestation en Belgique: un dictateur président du Sénat

Pourtant Docteur en droit, Danny Pieters a constitué partie civile pour le Sénat contre les jeunes manifestants ayant fait irruption dans le Sénat. Critique de fond et de forme.

Le Sénat de Belgique. Crédit photo: senate.be

« Les Belges ont le droit de s’assembler paisiblement et sans armes, en se conformant aux lois qui peuvent régler l’exercice de ce droit, sans néanmoins le soumettre à une autorisation préalable. »

Les manifestations sont autorisées en Belgique. Loin d’être un simple rassemblement pourtant, le fondement même du droit de manifestation suppose le droit qu’a le peuple pour exprimer ses idées, les faire monter aux hommes qui le gouverne, sans craindre de représailles de leur part.

La liberté d’expression, la liberté de presse, la liberté de pétition, etc. … rejoignent ce droit pour dire « On a voté pour vous, cela ne vous rend pas intouchables pour autant. »

Et pourtant..

En sa qualité de président du Sénat, et de façon relativement justifiée, Danny Pieters a jugé utile de faire arrêter les protestants. Effectivement, il faut empêcher trop de débordements dans un pays civilisé.

Alors, dans sa défense, l’avocat du sénat plaidera l’article 19 de la Constitution, au moins aussi forte que la 26:

La liberté des cultes, celle de leur exercice public, ainsi que la liberté de manifester ses opinions en toute matière, sont garanties, sauf la répression des délits commis à l’occasion de l’usage de ces libertés.

Reste à savoir si lancer des feuilles dans une Assemblée parlementaire est un délit.  Petit tour de Code Pénal.

Art. 275

Sera puni d’un emprisonnement de quinze jours à six mois et d’une amende de cinquante à trois cents [euros]*, celui qui aura outragé par faits, paroles, gestes ou menaces, un membre des Chambres législatives dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de son mandat, (…).
Si l’outrage a eu lieu à la séance d’une des Chambres (…) l’emprisonnement sera de deux mois à deux ans, et l’amende de deux cents [euros] à mille [euros]*. (…)

* à multiplier par un indice, 5,5 il me semble: 275 à 1650€

couplé à l’article 277

Les outrages commis envers les corps constitués seront punis de la même manière que les outrages commis envers les membres de ces corps, d’après les distinctions établies aux deux articles précédents.

Peut-on considérer cela comme un outrage? Pas vraiment. Mais ce sera la question du procès s’il y a.

Mais derrière la question juridique que j’ai effleuré, il y a une question politique. Dans la situation actuelle, au bout de 327 jours après les élections,  il est plutôt compréhensible que des actions soient menées. Les sénateurs sont-ils vraiment responsables du blocage actuel? Pas vraiment. En tout cas, pas à 100%. S’il est vrai que leur opinion compte, le but reste de s’assurer que personne ne soit lésé dans le prochain gouvernement.

Cet agissement est donc très clairement compréhensible. Donc, on peut dire que Mr Pieters, président du Sénat, a eu une réaction disproportionnée par rapport à l’embarras causé. Après tout, 5 minutes d’interruption, ce n’est pas si grave.

La réaction peut même être considérée comme arbitraire: Les tracts auraient été séparatistes, ou N-VA, aurait-il réagi de la même façon? Rien n’est moins sûr! Et puisque ça m’a tout l’air d’être parfaitement arbitraire:

Article 147 du Code Pénal

[tout titulaire de fonction publique], qui aura illégalement et arbitrairement arrête ou fait arrêter, détenu ou fait détenir une ou plusieurs personnes, sera puni d’un emprisonnement de trois mois à deux ans.
  L’emprisonnement sera de six mois à trois ans, si la détention illégale et arbitraire a duré plus de dix jours.
  Si elle a duré plus d’un mois, le coupable sera condamné à un emprisonnement d’un an à cinq ans. (…)

Cela ne fait que montrer à quel point la N-VA n’est pas un parti fondamentalement démocratique. La démocratie s’adresse à tous, et pas seulement aux flamands.

Cela dit, je joins tous mes encouragements aux jeunes protestataires, les félicite pour leur courage et, franchement, l’idée est bien trouvée. J’espère que vous n’encourrez aucune sanction auprès de l’Académie Royale des Beaux-Arts qui devrait vous honorer pour cet esprit démocratique. C’est dit.

Bonne journée!

La Belgique, ou « tergiverser sur des concepts inventés »: De quoi parlent les négociations?

Aujourd’hui, une fois n’est pas coutume, petit tour pour reprendre toute la négociation dans sa globalité, sans rentrer dans les détails. Avis aux non-initiés.

Crédit photo: RTL info

Tous les aspects se mélangent, et les politiciens en parlent sans les situer vraiment dans la « sphère » politique qui maintenant se présente davantage comme un labyrinthe.

Pour clarifier, je vais diviser le sujet en deux grands points: L’argent et la Langue. Bien entendu, beaucoup de choses – comme BHV, par exemple, regroupent un peu des deux sujets; mais là où une discussion relative à l’argent se présente, l’argument avancé est souvent la langue; tout comme lorsqu’il est question de l’emploi d’une langue dans une commune, l’intérêt présenté est bien souvent l’argent.

Quand on les place plus ou moins à égalité, ça a tendance à créer des mélanges idiots; comme traiter les wallons de pauvres ou de parasites, alors que la seule véritable différence qu’il y ait entre les flamands et les wallons… c’est leur langue.

Voilà pourquoi je les sépare distinctement. D’autre part, nous remarquerons que l’argent et la langue sont au centre des conversations depuis longtemps – si longtemps que la politique de l’état en elle-mêm s’est vue transfigurée sur le même schéma.

C’est ainsi que pour l’argent, il sera relativement aisé de rattacher les discussions aux compétences régionales, tandis que lorsqu’il sera question de langue ou de culture, par définition, il sera question des communautés.

L’argent

Tout le monde a entendu parler de la loi de financement. Pourtant, de quoi s’agit-il? Il s’agit d’une loi spéciale, surnommée LSF dans le jargon (loi spéciale du 16 janvier 1989 relative au financement des Communautés et des Régions); une lecture à la fois redondante et obscure, qui fixe le fonctionnement du financement des communautés et des Régions. Les Communautés n’ont aucun pouvoir fiscal, et reçoivent de l’argent du fédéral, tandis que les Régions disposent de recettes fiscales propres.

L’impôt que l’on paye tous est perçue par le fédéral (qui chapeaute les communautés et régions)  qui les redistribue proportionnellement à la contribution. La région qui apporte plus reçoit plus.

Ce modèle peut paraître juste, d’un point de vue extrêmement pragmatique. En effet, et du point de vue des nationalistes, il n’y a pas de raisons que les francophones vivent sur le dos des flamands. Mais encore une fois, la Flandre, par ce biais, pensant s’en prendre aux francophones, s’en prend en réalité aux Wallons. Et c’est différent: parmi les wallons, n’oublions pas les germanophones! Et n’oublions pas que Bruxelles est une région également qui compte son lot de francophones et qui pourtant rame d’un point de vue fiscal, car a besoin de plus de fonds que sa population n’apporte.

Ensuite, il pose un très lourd problème fiscal: en effet, en offrant des régimes fiscaux différents d’un côté du pays comme de l’autre, on risquerait d’exacerber une différence même ténue de financement, et provoquer ainsi la ruine pure et simple d’une région entière, en forçant l’exode d’une région à une autre.

Alors est prévu une solidarité; une sorte de système de vase communicants, dont profitent actuellement les deux régions Bruxelloise et Wallonne.

Mais alors, cela a posé un autre problème! Car si les communautés ne disposent pas d’un fonds propre, et que celui-ci provient du fédéral, il peut y avoir des disproportions d’usages de part et d’autre du pays. En 2001 a alors été pris une négociation concernant ce vase communiquant afin qu’il soit équitable.
Mais les nationalistes veulent davantage, pouvant conduire la Wallonie à perdre… 1 milliard d’euros par an.

Mais tout ce chipotage conduit à un constat: La Belgique s’appauvrit. Toutes ces collectivités politiques nécessitent un gouvernement chacun qui, il faut le dire, doit bien se nourrir.

Alors qu’on a inventé un petit concept – les région – les problèmes se sont succédés d’eux-mêmes en « butterfly effect », conduisant à une impasse. Il est évident qu’à force de vouloir complexifier un problème, on ne va pas le résoudre. Les Flamands pensent payer davantage que la Wallonie? C’est évident! Il aurait suffit que Charleroi soit en Flandres pour que la situation soit différente de ce point de vue.

Il est donc illogique d’avoir séparé les deux communautés encore davantage avec le système des régions. Parce que les Flamands, qui souffrent, nous allons le voir, de ce vieux complexe de langue, trouvent soudainement des arguments économiques à la séparation. C’est un bien trop gros cadeau, et il est temps de leur ouvrir les yeux à ce propos: Nous ne sommes qu’un seul pays, nous ne sommes pas des profiteurs ni des parasites.

Nous demandons également à ce que la situation économique de notre région s’améliore. Mais si c’est le cas, ce ne sera pas par le biais d’une isolation, d’un égoïsme financier.

La Langue

En 1829, la Belgique était hollandaise. Chassés du pays, la bourgeoisie – bien qu’ayant largement profité d’une milice néerlandophone – a voulu affirmer cette différence en faisant l’étalage du français dans la capitale. Un lion retient la France, une langue retient Guillaume D’Orange.

La fière Belgique peut se targuer de profiter de la langue de Molière. Les Flamands, eux, paysans, parlaient la langue de leur choix, mais ne pouvaient guère profiter d’une justice en leur langue.

Puisque l’Histoire a beaucoup d’importance lorsqu’on veut se servir d’arguments mitigés, elle vient au renfort des nationalismes flamands. Nous avons été longtemps lésés.

Il s’avère que du haut de leurs 21 millions de néerlandophones à travers le monde, ils ne mènent pas large.

Ce qui nous amène au problème de la « colonisation linguistique ». Soi-disant, les francophones envahissent la Belgique, d’après l’un des personnages les plus détestables qui soient, Vic Van Aelst.

Avocat de parachutistes, il défend la thèse que, tout comme lorsqu’il était enfant et opprimé par les méchants francophones, ceux-ci piétinaient ses terres et brûlaient tout sur leur passage; en dévorant les animaux, violant les enfants, et parlant français très fort avec des chaussettes dans des sandales à Knokke-le-Zoute.

Je ne vais pas m’étaler sur le sujet – peu intéressant, en somme – de la vérité de ces propos. Je vais plutôt analyser la situation en regard de ce qu’il a à y gagner.

BHV, et les communes à facilité, majoritairement francophones, peuvent voter pour des listes flamandes comme Francophone. Alors qu’il serait pourtant légitime et logique que tout le pays puisse en faire autant, cela semble « de trop » pour les nationalistes.

Pour Me Van Aelst, il est évident que cela ressemble à un agrandissement de la Communauté française de Belgique, et que par ce biais nous allons agrandir la francophonie et réduire la Flandres.

C’est ainsi que l’on fait fonctionner sa démagogie et que l’on accuse la francophonie de vouloir détruire la Flandres.

Ainsi, les électeurs, se sentant opprimés, voudront se défendre contre ça. Bart de Wever, fervent défenseur de l’Esprit Flamand, viendra remettre de l’ordre dans tout ça.

Tant et si bien qu’ils vont refuser de laisser la francophonie être définie comme minorité linguistique! Pourquoi? Parce qu’une minorité linguistique doit être défendue, or pour eux ce serait horrible de devoir tout faire pour la défendre.

Cela montre encore une fois de la ségrégation qui se déroule sous nos yeux: Non, nous ne reconnaissons pas cette minorité, comme ça nous n’avons pas de droit à leur reconnaître. Si, si, nous sommes des humains.

Synthèse

Comme nous pouvons le voir, la Belgique a inventé de nombreux concepts pour céder aux caprices nationalistes. Cependant, il faut tout de même se rendre compte de l’absurdité d’une telle chose: Au bout de bien 20 ans de négociation, rien n’est solide, et plus on accordera plus ils voudront. Il est temps, grand temps, d’oublier les communautés et les Régions, au profit d’une Belgique unie; à l’époque où elle vivait prospère.

La Flandre a bien vécu sur notre dos. Loin de demander un retour ou de récupérer quoi que ce soit, il faut peut-être qu’ils ouvrent les yeux – bon sang, on forme un pays!

Et un sacré bon pays!

Rappel, à bruxelles ce samedi, ce n’est pas un picnic qu’il y aura à Bruxelles. J’espère vous y retrouver.

Bonne journée.

Comme mentionné dans la marge de droite, une quantité astronomique de travail m’empêchera peut-être de publier ces prochains jours.

Lettre ouverte à la Justice: Des gens tuent en ton nom!

Tu es pourtant si fière, Thémis, de vaincre ceux qui troublent l'ordre du Monde. Photo prise à Frankfurt par Mylius

Chère Justice,
des gens tuent en ton nom. « Justice a été rendue » lorsqu’un État surpuissant décide de concentrer son argent et ses efforts sur une seule personne pour le traquer. Justice a été rendue lorsqu’au bout de dix ans de recherche, l’homme est sauvagement abattu. Justice a été rendue lorsque sa mort est fêtée dans les rues par des milliers de personnes.

Les États se félicitent de leur propre barbarie, pour vaincre celle d’un autre. Ils ont tué des innocents aussi, pourtant, pour accéder à ce trésor qu’ils convoitent depuis toujours. Ils ont préféré le tuer, que le mener devant ton regard aveugle, sur ta balance toujours droite, sous ton épée effilée.

Pourtant aveugle, la justice, ils prétendent l’avoir rendue en assassinant. Ils disent que traquer un homme, au point de fouiller les innocents dans les aéroports, envoyer des soldats vaincre un autre monde, faire tuer ses enfants sur une autre terre, c’est faire agir la justice.

Moi je vois que lorsqu’on tue les enfants de la liberté, celle-ci cesse de te consulter.

La Liberté, et son flambeau, a cru que sa lumière portait au-delà de ton bandeau, ou de ton regard aveugle; ils ont cru que tu pouvais parfois tricher, et le retirer lorsqu’il s’agissait d’exécuter maintenant, tout de suite.

Si je partage le bonheur du Monde d’avoir vu un criminel mourir, je déplore, Justice, que l’on ne t’ait pas demandé ce qu’il convenait de faire.

Un Homme en a fait sa victoire personnelle: Quel heureux hasard qu’au moment du début des campagnes, « justice soit rendue » envers un criminel mondial! Et que cela montre la grandeur des États-Unis! Oui, je le crains, cet état prétend t’avoir dépassée, Thémis. Mais je ne veux pas rentrer des les discours conspirationnistes.

Tout monstre qu’il est, Oussama Ben Laden reste un homme; et bénéficie des mêmes droits. Pourquoi, dès lors, n’a-t-il pas eu droit à un procès équitable? Vous craigniez d’y perdre, Mr Obama? Y a-t-il eu des vices de procédures, des choses à cacher, des méthodes peu orthodoxes?

Ben Laden aurait-il été emprisonné à Guantànamo, où  il aurait été torturé, « au nom de la justice », pour nommer son successeur et donner sa position?

Parce que oui, Justice, malgré que la Monstre Al-Qaida soit décapité, il est probable que celui-ci bouge encore, et essaye, en la mémoire de son martyr, de reprendre les agissements. Non, nous ne pourrons pas voyager avec des champions ou des bouteilles d’eau de plus de 100mL de sitôt. Oui, nous continuerons à déshabiller chaque passager, « au nom de la justice » pour la lutte contre le terrorisme.

Justice, je pense qu’ils ont peur, et que ça les rend bêtes et méchants. Je crains que leur peur ne les empêche d’agir intelligemment, efficacement, contre une bêtise à la fois destructrice et injuste. Et je constate qu’ils n’hésite pas à envoyer leur propres fils se faire tuer loin de chez eux, parce qu’ils ont peur des problèmes à la maison.

Où sommes-nous encore en sécurité, Justice? Y a-t-il un endroit sur terre où le droit soit encore plus fort que la barbarie?

Justice, j’ai beau t’étudier dans tous les sens, je ne trouve pas quelle part de toi peut laisser faire de telles choses.  La mort de cet homme est une bonne chose, pour la sécurité du monde, parce qu’en prison il se serait évadé, avec ou sans aide. Mais son cadavre nourrit à présent les poissons, ou alors est-il conservé quelque part? Quoiqu’il en soit, je m’en remets à toi.

Cet homme emprisonné aurait été dangereux. Cet homme assassiné me pose un problème moral. Exécuté après un procès aussi; je suis contre la peine de mort.

Je suis désemparé, et même si jamais tu ne me réponds, aide-moi à trouver ce qu’il faut faire pour vaincre ceux qui tuent mes frères.

Veuillez agréer en l’expression de mes sentiments les plus distingués.

Bonne journée.

Pour que le monde soit à ses pieds.

Si Mr de Wever accédait au pouvoir, j’ai bien peur de faire partie des gens qui seront ennemis au pouvoir. Les mesures effrayantes qu’il serait capable de prendre contre ceux qui manifestent d’une trop grande liberté d’expression, surtout en français, n’ont d’égales que ce qu’il met en œuvre pour déstabiliser le pouvoir ou pour s’y trouver. S’auto-nommer formateur, le choix est posé.

La Nouvelle Arrogance flamande, le pouvoir qui s'impose ou qui détruit. Crédit photo: AFP

Faute de vouloir détruire le gouvernement en y posant, à chaque étape, une petite amorce, BDW, maintenant, se met à la place du roi et décide à sa place ce qu’il convient de faire. Et pour lui, ce serai, déjà, se résumer à choisir un premier ministre.

La tâche du formateur étant de choisir un gouvernement et de les mettre d’accords. Outre le fait que ça fait plus d’un an qu’aucun accord n’a été fait, cela se résume à une autre amorce: Soit il est nommé et devient Premier Ministre – ce qui ne présage rien de très bon, à raison de 27 sièges pour la N-VA – soit il est nommé et ne devient pas premier ministre – ce qui reviendrait à provoquer un blocage parlementaire, cette fois-ci, dès qu’une question importante sera posée aux Assemblées.

Admettez que de son point de vue, c’est tout bénef’.

Dans l’hypothèse où Bart de Wever devient Premier Ministre, libre à lui de déposer des lois abracadabrantesques sur le bureau du Parlement, ainsi que de mettre fin à ce gouvernement. D’échouer sa mission après avoir laissé des mines-antigouv sur son chemin.

S’il est nommé formateur mais se désiste à la tâche de Premier ministre, ou même de Ministre, – avouez qu’il serait peu probable, bien que cohérent de sa part, qu’il refuse un tel poste – le blocage sera, cette fois-ci, parlementaire: à raison de 27 sièges N-VA, un document ministériel remis de la part du conseil des ministres un peu trop « franchophone » à leur goût et leur absence à elle seule suffit à provoquer un blocage.

Mr de Wever se rend parfaitement compte qu’il a tout intérêt à maintenir le blocage. Si résolution il y a, d’une façon ou d’une autre il serait le perdant. Mais plus il garde le blocage – avec des déclarations comme celles-ci – plus il monte les flamands contre les francophones et vice-versa. Et à la politique du Diviser pour Régner, il ne sera pas le premier à gagner.

Cela dit, l’actualité politique belge devient redondante.

Bonne journée !

Plus de procès pénaux place poelaert… Pour les mettre où ensuite?

Avez-vous visité le Palais de Justice? Les Chambres civiles ayant été déjà déplacées dans un bâtiment « ikéa » à 50 mètres de là, le tribunal de commerce de l’autre côté de la place… Il n’y aurait plus alors que quelques procès résiduels au séculaire palais de justice. 

Palais de Justice de Bruxelles, place poelard. Photo personnelle.

Symbole de la grandeur de la Belgique nouvelle au sortir de la Révolution, un ministre CD&V veut le rendre plus anecdotique encore.

Alors que peu de procès civils s’y déroulent, le tribunal de première instance civile se situant à côté de celui-ci (en modèle moderne), le tribunal de commerce et de travail de l’autre côté de la place. Quelques procès correctionnels et une Cour d’Assise y font sa réputation.

Point culminant de Bruxelles, surplombant la ville toute entière, le palais se verrait évincé, au profit d’une autre utilisation; et ce, pour des raisons de sécurité.

Je me demande à quel point la sécurité du Palais est-il bas si il doit justifier des frais inutiles à la construction d’un nouveau bâtiment.

Ce qui doit hérisser Mr De Clerck, c’est que l’essentiel des gravures s’y trouvant sont inscrites en français: en effet, à l’époque il aurait été mal vu de parler la langue de celui qu’on a justement pourchassé.

Alors, serait-ce un geste symbolique, voulant réduire la grandeur de la Belgique à rien? Ou abaisser le dôme pour que celui-ci ne surplombe plus les gouvernements qui se veulent tout permis? Ou juste rendre désuet le symbole même de la révolution contre Guillaume d’Orange?
Et si ce n’est rien de tout ça; les travaux de la façade ayant dû être arrêtés, faute de budget, abandonnant un échafaudage – peut-être devenu inutilisable depuis lors – peut-on décemment construire un autre bâtiment – qui sera sûrement ikéa aussi – pour remplacer un chef-d’œuvre de l’architecture?

Alors qu’au parlement est voté une loi contre les habits couvrant le visage dont la sécurité juridique reste à démontrer : il faut savoir que cette loi, si elle ne fait l’objet d’aucun antécédent (et pourtant de nombreux débats) en France, en Belgique une telle règle a déjà été annulée par le Tribunal de Police d’Eterbeek, le 26 janvier 2011.

Cette annulation est effectuée en vue des griefs exposés: L’article 9 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme, garantissant la liberté de culte chez soi et dans les espaces publics.
Et pourrons-nous décemment interdire une personne de se protéger contre le vent ou le froid en hiver? Qui n’a jamais mis son écharpe sur le nez en période de grand vent neigeux?

Si la loi ne le dit pas spécifiquement, les débats parlementaires sont clairement dirigés dans ce sens: cette loi vise à interdire de le port du niqab et de la burqa.

Elle soulève donc un débat que nous risquerons de retrouver très prochainement dans la Cour Européenne des Droits de l’Homme, aussitôt que quelqu’un aura reçu une amende à ce propos. « Cette loi nuit à ma liberté de culte! » . Et, malgré qu’il soit évident  que ces tenues vestimentaires réduisent les femmes à moins qu’humains – comme le fait remarquer le débat parlementaire – le visage symbolisant l’humanité, recouvrir totalement celui-ci réduit l’humanité de la personne en question.

Cette loi, d’ailleurs, va-t-elle encourager les femmes islamiques à sortir découvertes? Non! Elle va surtout les empêcher de sortir, déportant le problème plus loin. Et il ne suffira pas de mener des actions sociales: en effet, quelle genre d’action sociale peut se permettre de demander à une femme de renier son culte?

Excellente journée à tous!

België Barst… de Wever?

« Barst » de Wever pour un autre mandat de formateur de gouvernement? Il a déjà échoué dix jours durant, réussira-t-il en lui accordant plus de temps?
Alors qu’il y a un an que la Belgique retient son souffle, Paul Magnette soulève que « si on isole la n-va, on va la renforcer »… analyse.

België Barst, disaient-ils, avant qu'ils n'aient effectivement le pouvoir de le faire.

« Le Tisserand » se dénoue de l’Europe de plus en plus. Contestant les idées européennes, multipliant les déclarations douteuses, la mauvaise foi… Paul Magnette jugerait plus efficace de les laisser prendre le pouvoir afin de les regarder, amusé, se casser la figure.

Peut-on prendre un tel risque? Certes, il est évident que, malgré qu’ils soient entourés d’économistes, la défense de leurs idées passent par un mensonge évident qui, au pouvoir, ne saurait être appliqué. Mais des partis nationalistes au pouvoir, il y en a déjà eu des réussis, qui ont mené à des drames insupportables, qu’on ne peut laisser voir appliquées ici.

Si Bart de Wever est effectivement dans la formation gouvernementale, rien ne nous prouve que sa mauvaise foi ne durera pas jusque là… faire supprimer le vote obligatoire, et alors rencontrer les résultats Français (à savoir des votes « militants » ), prendre des mesures préparant à une séparation, sinon une séparation effective.

Peut-on prendre ce risque? Non. Ce n’est pas parce que la méthode de l’écartement n’est pas efficace ailleurs que ce n’est pas la bonne méthode. D’ailleurs, si l’écarter ne fait que la renforcer, le résultat final sera le même que si on l’accepte dans le gouvernement… à part qu’on aurait montré que la société n’est pas bâtie pour permettre un nationalisme.

Même sur le long terme, où l’on pourrait imaginer un vote de sanction plus rapide si on laisse la N-VA former un gouvernement, il n’est pas certain non plus que l’écartement pur et simple, dans notre cas, mènerait à un vote de sanction. « Ils ne sont même pas parvenus à s’imposer dans le pouvoir en place… » Je pense que dans le cas de la Belgique, il y a une autre conscience que celle des autres états. Au delà de respecter ses promesses, il y a celle de la défense de sa légitimité au pouvoir, puisqu’avec le vote proportionnel on peut voir apparaître des gouvernements à l’opposition.

Peut-on imaginer une N-VA prendre nos décisions à l’europe? Non! Sur la durée de son mandat, il y aura suffisamment de décisions importantes à prendre, et donc des divisions entre la le parti séparatiste et les autres partis, majoritairement européens. Cela déportera vers d’autres débats parlementaires sur l’appui de ces mesures et donc, sincèrement, une bête perte de temps.

C’est vrai, quitte à le voir disparaître, autant essayer de s’arranger que cela se passe tout de suite… toute théorie de sciences politiques qu’il s’agisse, il ne faut pas oublier les maths: Dans un cas, la n-va est écartée, et on la retrouve (peut-être) dans trois ans; dans un autre cas, la n-va est gardée, et on est pas surs de la perdre dans trois ans, avec les dégâts en prime.

Si la finalité est de la voir disparaître, le premier est cas est, mathématiquement, plus valable.

Alors, permettre à la N-VA de reprendre les négociations? C’est idiot. On ne va pas retourner à un cortège, nous ne sommes pas des poissons rouges qui tournent dans leur bocal: encore une fois il y aura refus net des francophones, et encore une fois ce sera de leur faute si aucun gouvernement n’est formé.

À côté de cela, le rappel du CD&V est qu’ils suivront le parti séparatiste si celui-ci veut d’un gouvernement. Il me semble plutôt évident, pour l’avoir démontré à plusieurs reprises, qu’il ne s’agit pas là de leur intention.

Si l’on veut d’un gouvernement valable, il faudra un gouvernement sans nationalisme, et si possible sans le prof d’histoire.

Bonne journée!

Pourquoi la Flandre et la Wallonie ne se sépareront pas (tout de suite)

#1anSansGouvernement (Article Anniversaire) 

Un an. Un an que Mr Leterme a déposé sa démission auprès du Roi. Il n’y a toujours aucun accord gouvernemental. Est-ce un synonyme d’échec? Il serait temps de l’envisager. Petit rappel de fond sur les raisons de ce blocage; est-ce une preuve de l’inséparabilité de la Belgique? 

Yves Leterme a déposé sa démission il y a un an... Et il est toujours premier ministre. C'est pas un record, ça?

Nous savons pourquoi le gouvernement s’est scindé. Un désaccord concernant un texte constitutionnel et le sort de BHV, l’Open VLD se retire du gouvernement, le texte est déposé, et le parlement est régulièrement dissous. Leterme remet sa démission au Roi, celui essaye d’arranger le problème pour finalement accorder la démission 4 jours plus tard.

La scission de BHV. L’un veut, l’autre refuse. L’un veut que l’on respecte le territoire, l’autre la langue (voire le choix) de ses habitants. Deux idéologies qui s’affrontent, diamétralement opposés. Et pourtant, c’est une question plus profonde qui est directement posée – et si la Belgique se séparait?

Bye – Bye Belgium, disait la RTBF. Ceux qui y ont cru savaient qu’il fallait s’y attendre, ceux qui n’y ont pas cru savent qu’il faut s’y attendre. Pas de solution envisagée, pas de plan de réforme, toujours en désaccord.

Cela dure depuis des décennies.

Depuis que, gouvernement sur gouvernement, démissions sur démissions, l’on essaye de forcer la main, d’envisager une séparation un petit peu plus grande à chaque fois. D’abord les communautés, défendre sa langue et sa culture, contre celle de l’autre.

Ensuite, les régions, faire valoir son patrimoine et son capital, son argent, contre ceux qui en ont moins, ou ceux qui veulent y porter atteinte.

Petit à petit, les différents hommes politiques qui se sont succédés ont essayé, point par point, petit à petit, de déchirer la Belgique, juste là, en dessous de Bruxelles. Là où on en est, maintenant? Tirer la déchirure vers le haut, ou vers le bas, pour garder le pourtour de Bruxelles; élargir encore l’abîme avec de nouvelles compétences, creuser la tranchée avec des slogans, des actions, des affiches enlevées, des signaux routiers barrés, des postes changés.

Voire même des choses incroyables, comme l‘interdiction de parler français dans des bureaux de poste.

Pendant un an, un gouvernement provisoire a tenu la Belgique en parfait état de fonctionnement. Oui, la Belgique est un des rares États à afficher un bilan positif cette année. Économiquement parlant, ce gouvernement fonctionne. Alors pourquoi se retrancher derrière des négociations? Celles-ci sont clairement inutiles, puisque le pays tourne sans.
À côté de cela, malgré les rares manifestations séparatistes (qui regroupent quelques dizaines de personnes pas plus), la Révolution des frites, Shame ou Camping 16, regroupent des milliers de personnes. Y a-t-il une façon plus claire encore de dire au gouvernement: Non, nous ne voulons pas nous séparer! Ni un peu, ni beaucoup!

Pourtant, si accord était effectuée sur la Réforme de l’État, est-ce que tout ce séparatisme cesserait? Non, bien entendu. Alors, la Flandre en demandera encore plus, et par la Flandre, j’entend les partis qui en ont fait leur credo. On a deux cas; soit les négociations se poursuivent avec la N-VA, soit sans.

« Impossible de faire sans la N-VA, sans la N-VA il n’y aura pas la réforme de l’État » pouvait-on lire de la part de la Voka ou du CD&V… Je vais citer une deuxième fois un même article, mais dans celui-ci la N-VA n’est pas cité. Donc la Réforme n’est pas l’apanage du parti séparatiste, au contraire.

Et si la N-VA faisait partie du gouvernement? Un gouvernement Nouvelle-Flandre ne se fera pas dans l’intérêt du pays, et des mesures de plus en plus séparatistes seront prises jusqu’à ce que les Francophones fassent ce que l’Open VLD a déjà fait; scinder le gouvernement. Il en a le pouvoir, et il le fera si celui-ci constate que la N-VA fait tout pour scinder le pays. Retour à la case départ.

Alors que si on envisage un abandon de la réforme de l’État, et même une unification du pays, peut-être pour démarrer sur une autre réforme – une réforme budgétaire pour ceux qui soutiennent une inégalité de ce côté, par exemple – peut-être que la tabula rasa saura se montrer efficace?

D’accord, chi va piano va sano e va lontano, mais 1 an sans gouvernement?

Cela fait un an que:

  • Nous n’avons plus que des mesures habituelles, urgentes ou courantes qui sont prises. Aucune loi qui soit utile, qui suive l’actualité, qui soit un tant soi peu moderne!
  • Est-ce que les arrêtés ministériels qui nomment les entreprises/sociétés peuvent se donner? Sûrement, en affaires habituelles, ou urgentes… Mais il faut motiver tous les arrêtés!
  • La légitimité d’un tel gouvernement n’est pas démontrable! Un gouvernement démissionnaire d’un an, ce n’est plus un gouvernement démissionnaire, ça devient de l’intérim… Il a fallu donner des compétences spéciales à Mr Leterme pour qu’il puisse gérer le budget.
Si ces négociations aboutissent, s’ils aboutissent un jour, ils ne donneront rien de bon sur le long terme; et j’en veux pour preuve le fait que d’autres négociations ont abouti par le passé et n’ont pas tenu. Parce que le problème avec les extrémismes, c’est qu’ils ne font pas dans la demi-mesure… et donc, sont totalement contraires avec le concept même de négociation.
Alors, nous sommes peut-être à une sorte de croisée des chemins, même si celui-ci est loin derrière nous. Soit nous continuons vers les voies du séparatismes, dont l’élargissement des compétences régionales et la scission de BHV n’en sont que l’antichambre; soit nous abandonnons cette stupide idée et essayons de repartir vers une fraternité. Et pourquoi pas? Peut-être devenir nationalistes, avec nos voisins du Nord, un nationalisme paneuropéen.
Excellente journée à vous, et bon anniversaire à notre Belgique qui a le profil bien bas.
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