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Archive for the ‘La Belgique pour les Nuls’ Category

Michelle Martin peut sortir de prison.

L’actualité de cette semaine est marquée par l’accord de liberté conditionnelle donné par le tribunal d’applications des peines. Un groupe facebook a rapidement été créé pour « dénoncer » ce qu’ils qualifient comme une injustice, à grands coups de propos injurieux et parfois des appels à la violence. Article contre la barbarie.

en-tête du groupe

Il n’aura fallu que quelques heures pour réunir pas loin de 70 000 adhérents. Dans les messages, on pouvait lire des choses horribles, allant de la lapidation à la torture, en passant par la grève de la faim forcée.

J’ai essayé (tant bien que mal) de les raisonner:

Je n’ai rien contre sa libération. D’un point de vue juridique, ça se tient.
« Associations de malfaiteurs », 15 ans de prison c’est déjà beaucoup. Si elle n’est pas libérée, elle va en appel parce que d’autres coupables du même chef d’accusation ont fait moins de prison que ça.
Elle aurait dû recevoir perpet’ sans réduction de peine dès le départ, c’est-à-dire comme son mari, pour avoir laissé crever de faim deux pauvres enfants.

Je tiens à conchier publiquement ceux qui demandent la peine de mort ou autres actes horribles à lui soumettre. Vous dites qu’il n’y a pas de justice mais la peine de mort, ce n’est pas ma justice.
Ne vous abaissez pas à son niveau.

Le vrai chef d’accusation de Michelle Martin est :

  • association de malfaiteurs (enlèvements et séquestrations d’enfants)
  • séquestration de 6 enfants avec la circonstance aggravante d’avoir entraîné la mort de ces deux dernières
  • viol de Yancka Mackova.
En Belgique, la justice ne pratique pas le cumul des peines, on se réfère donc à la plus grave de celles-ci. Elle a donc été emprisonnée pour 30 ans à dater du jour de son arrestation, en 1996.
Elle a demandé une liberté conditionnelle qui, au vu de son comportement et de son suivi psychologique justifiait une libération conditionnelle. Cela a réduit sa peine de moitié.
À cela, les gens réagissent d’une agressivité sans égale, prônant la prison à vie ou que sais-je. Cependant, d’un point de vue légal, elle a purgé sa peine et justice a été rendue.
Je souhaite du courage à la famille des petites victimes. Je pense qu’il n’y a aucune chance qu’ils se croisent où que ce soit; j’ai cru avoir entendu qu’eux-mêmes sont contre la peine de mort.
Je constate que la loi du Talion prend une vigueur sans précédent: Après la liesse ayant suivi le meurtre d’Obama, les menaces d’assassinats à l’encontre de Michelle Martin; je me rends compte que les libertés fondamentales quittent l’esprit des gens. Et que cela est propice à l’avènement de partis politiques qui prônent ces mesures.
Si je déplore ce barbarisme, je m’en inquiète également. Il devient banal, voire normal, d’entendre des gens dire « si ça m’arrive à moi, je le tue ». Si il en a toujours été ainsi, il arrivera bien une fois où ça arrivera et où il sera félicité.
Et là, nous aurons atteint le niveau où la justice est rendue par les gens, avec de la violence et de la vengeance. C’est à la fois déplorable et à éviter.
Il est normal d’avoir peur de la croiser, ou peur des représailles. Mais ce n’est pas supposé empêcher la justice de suivre son cours normal. Si la justice doit emprisonner, elle doit, en toute logique, rendre la liberté aux gens.
Une chose est cependant certaine, c’est que la prison ne rend pas les gens meilleurs. Ceux qui pensent qu’elle « comprendra » en « croupissant plus longtemps encore en prison « se trompent. Ils ne veulent pas se dire qu’être juste, c’est considérer tout le monde comme égaux.
Cette égalité est même peut-être le résultat d’un complexe d’infériorité. Ce sont d’ailleurs souvent les gens amoindris qui essayent d’amoindrir les autres à leur tour. Et lorsqu’on a des arguments aussi faciles que « elle a tué des enfants », ils s’en donnent à cœur joie.
Alors, chers concitoyens, montrez-vous meilleurs que ceux que vous avez emprisonnés. Ne cherchez pas à faire justice par vous-même. Croyez-le, jamais elle n’oubliera ce qu’elle a fait et jamais elle ne dormira plus sur ses deux oreilles.
Si les 15 ans de prison ne vous ont pas suffit pour abreuver votre haine, dites-vous qu’elle restera à tout jamais prisonnière de son passé.
Pour une justice libre d’émotions et de parti pris.
Bonne journée.
Mises à jour:
(1/3) suite à mon message et à ceux d’autres membres dans le courant de la nuit, l’administrateur du groupe ayant recueilli 70 000 personnes a ajouté une mention précisant que le but n’était pas un « appel au meurtre ».  Il faut cependant noter que le terme « monstre » vient de leur plume et que de pareils termes n’est pas supposé recevoir des messages gentils et agréables.
(2/3)

Parce que c'est beaucoup trop logique.

(3/3) Suite à plusieurs messages rappelant à l’ordre ( de la part de moi-même et d’autres membres), le groupe a été annulé.
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La Belgique, ou « tergiverser sur des concepts inventés »: De quoi parlent les négociations?

Aujourd’hui, une fois n’est pas coutume, petit tour pour reprendre toute la négociation dans sa globalité, sans rentrer dans les détails. Avis aux non-initiés.

Crédit photo: RTL info

Tous les aspects se mélangent, et les politiciens en parlent sans les situer vraiment dans la « sphère » politique qui maintenant se présente davantage comme un labyrinthe.

Pour clarifier, je vais diviser le sujet en deux grands points: L’argent et la Langue. Bien entendu, beaucoup de choses – comme BHV, par exemple, regroupent un peu des deux sujets; mais là où une discussion relative à l’argent se présente, l’argument avancé est souvent la langue; tout comme lorsqu’il est question de l’emploi d’une langue dans une commune, l’intérêt présenté est bien souvent l’argent.

Quand on les place plus ou moins à égalité, ça a tendance à créer des mélanges idiots; comme traiter les wallons de pauvres ou de parasites, alors que la seule véritable différence qu’il y ait entre les flamands et les wallons… c’est leur langue.

Voilà pourquoi je les sépare distinctement. D’autre part, nous remarquerons que l’argent et la langue sont au centre des conversations depuis longtemps – si longtemps que la politique de l’état en elle-mêm s’est vue transfigurée sur le même schéma.

C’est ainsi que pour l’argent, il sera relativement aisé de rattacher les discussions aux compétences régionales, tandis que lorsqu’il sera question de langue ou de culture, par définition, il sera question des communautés.

L’argent

Tout le monde a entendu parler de la loi de financement. Pourtant, de quoi s’agit-il? Il s’agit d’une loi spéciale, surnommée LSF dans le jargon (loi spéciale du 16 janvier 1989 relative au financement des Communautés et des Régions); une lecture à la fois redondante et obscure, qui fixe le fonctionnement du financement des communautés et des Régions. Les Communautés n’ont aucun pouvoir fiscal, et reçoivent de l’argent du fédéral, tandis que les Régions disposent de recettes fiscales propres.

L’impôt que l’on paye tous est perçue par le fédéral (qui chapeaute les communautés et régions)  qui les redistribue proportionnellement à la contribution. La région qui apporte plus reçoit plus.

Ce modèle peut paraître juste, d’un point de vue extrêmement pragmatique. En effet, et du point de vue des nationalistes, il n’y a pas de raisons que les francophones vivent sur le dos des flamands. Mais encore une fois, la Flandre, par ce biais, pensant s’en prendre aux francophones, s’en prend en réalité aux Wallons. Et c’est différent: parmi les wallons, n’oublions pas les germanophones! Et n’oublions pas que Bruxelles est une région également qui compte son lot de francophones et qui pourtant rame d’un point de vue fiscal, car a besoin de plus de fonds que sa population n’apporte.

Ensuite, il pose un très lourd problème fiscal: en effet, en offrant des régimes fiscaux différents d’un côté du pays comme de l’autre, on risquerait d’exacerber une différence même ténue de financement, et provoquer ainsi la ruine pure et simple d’une région entière, en forçant l’exode d’une région à une autre.

Alors est prévu une solidarité; une sorte de système de vase communicants, dont profitent actuellement les deux régions Bruxelloise et Wallonne.

Mais alors, cela a posé un autre problème! Car si les communautés ne disposent pas d’un fonds propre, et que celui-ci provient du fédéral, il peut y avoir des disproportions d’usages de part et d’autre du pays. En 2001 a alors été pris une négociation concernant ce vase communiquant afin qu’il soit équitable.
Mais les nationalistes veulent davantage, pouvant conduire la Wallonie à perdre… 1 milliard d’euros par an.

Mais tout ce chipotage conduit à un constat: La Belgique s’appauvrit. Toutes ces collectivités politiques nécessitent un gouvernement chacun qui, il faut le dire, doit bien se nourrir.

Alors qu’on a inventé un petit concept – les région – les problèmes se sont succédés d’eux-mêmes en « butterfly effect », conduisant à une impasse. Il est évident qu’à force de vouloir complexifier un problème, on ne va pas le résoudre. Les Flamands pensent payer davantage que la Wallonie? C’est évident! Il aurait suffit que Charleroi soit en Flandres pour que la situation soit différente de ce point de vue.

Il est donc illogique d’avoir séparé les deux communautés encore davantage avec le système des régions. Parce que les Flamands, qui souffrent, nous allons le voir, de ce vieux complexe de langue, trouvent soudainement des arguments économiques à la séparation. C’est un bien trop gros cadeau, et il est temps de leur ouvrir les yeux à ce propos: Nous ne sommes qu’un seul pays, nous ne sommes pas des profiteurs ni des parasites.

Nous demandons également à ce que la situation économique de notre région s’améliore. Mais si c’est le cas, ce ne sera pas par le biais d’une isolation, d’un égoïsme financier.

La Langue

En 1829, la Belgique était hollandaise. Chassés du pays, la bourgeoisie – bien qu’ayant largement profité d’une milice néerlandophone – a voulu affirmer cette différence en faisant l’étalage du français dans la capitale. Un lion retient la France, une langue retient Guillaume D’Orange.

La fière Belgique peut se targuer de profiter de la langue de Molière. Les Flamands, eux, paysans, parlaient la langue de leur choix, mais ne pouvaient guère profiter d’une justice en leur langue.

Puisque l’Histoire a beaucoup d’importance lorsqu’on veut se servir d’arguments mitigés, elle vient au renfort des nationalismes flamands. Nous avons été longtemps lésés.

Il s’avère que du haut de leurs 21 millions de néerlandophones à travers le monde, ils ne mènent pas large.

Ce qui nous amène au problème de la « colonisation linguistique ». Soi-disant, les francophones envahissent la Belgique, d’après l’un des personnages les plus détestables qui soient, Vic Van Aelst.

Avocat de parachutistes, il défend la thèse que, tout comme lorsqu’il était enfant et opprimé par les méchants francophones, ceux-ci piétinaient ses terres et brûlaient tout sur leur passage; en dévorant les animaux, violant les enfants, et parlant français très fort avec des chaussettes dans des sandales à Knokke-le-Zoute.

Je ne vais pas m’étaler sur le sujet – peu intéressant, en somme – de la vérité de ces propos. Je vais plutôt analyser la situation en regard de ce qu’il a à y gagner.

BHV, et les communes à facilité, majoritairement francophones, peuvent voter pour des listes flamandes comme Francophone. Alors qu’il serait pourtant légitime et logique que tout le pays puisse en faire autant, cela semble « de trop » pour les nationalistes.

Pour Me Van Aelst, il est évident que cela ressemble à un agrandissement de la Communauté française de Belgique, et que par ce biais nous allons agrandir la francophonie et réduire la Flandres.

C’est ainsi que l’on fait fonctionner sa démagogie et que l’on accuse la francophonie de vouloir détruire la Flandres.

Ainsi, les électeurs, se sentant opprimés, voudront se défendre contre ça. Bart de Wever, fervent défenseur de l’Esprit Flamand, viendra remettre de l’ordre dans tout ça.

Tant et si bien qu’ils vont refuser de laisser la francophonie être définie comme minorité linguistique! Pourquoi? Parce qu’une minorité linguistique doit être défendue, or pour eux ce serait horrible de devoir tout faire pour la défendre.

Cela montre encore une fois de la ségrégation qui se déroule sous nos yeux: Non, nous ne reconnaissons pas cette minorité, comme ça nous n’avons pas de droit à leur reconnaître. Si, si, nous sommes des humains.

Synthèse

Comme nous pouvons le voir, la Belgique a inventé de nombreux concepts pour céder aux caprices nationalistes. Cependant, il faut tout de même se rendre compte de l’absurdité d’une telle chose: Au bout de bien 20 ans de négociation, rien n’est solide, et plus on accordera plus ils voudront. Il est temps, grand temps, d’oublier les communautés et les Régions, au profit d’une Belgique unie; à l’époque où elle vivait prospère.

La Flandre a bien vécu sur notre dos. Loin de demander un retour ou de récupérer quoi que ce soit, il faut peut-être qu’ils ouvrent les yeux – bon sang, on forme un pays!

Et un sacré bon pays!

Rappel, à bruxelles ce samedi, ce n’est pas un picnic qu’il y aura à Bruxelles. J’espère vous y retrouver.

Bonne journée.

Comme mentionné dans la marge de droite, une quantité astronomique de travail m’empêchera peut-être de publier ces prochains jours.

Plus de procès pénaux place poelaert… Pour les mettre où ensuite?

Avez-vous visité le Palais de Justice? Les Chambres civiles ayant été déjà déplacées dans un bâtiment « ikéa » à 50 mètres de là, le tribunal de commerce de l’autre côté de la place… Il n’y aurait plus alors que quelques procès résiduels au séculaire palais de justice. 

Palais de Justice de Bruxelles, place poelard. Photo personnelle.

Symbole de la grandeur de la Belgique nouvelle au sortir de la Révolution, un ministre CD&V veut le rendre plus anecdotique encore.

Alors que peu de procès civils s’y déroulent, le tribunal de première instance civile se situant à côté de celui-ci (en modèle moderne), le tribunal de commerce et de travail de l’autre côté de la place. Quelques procès correctionnels et une Cour d’Assise y font sa réputation.

Point culminant de Bruxelles, surplombant la ville toute entière, le palais se verrait évincé, au profit d’une autre utilisation; et ce, pour des raisons de sécurité.

Je me demande à quel point la sécurité du Palais est-il bas si il doit justifier des frais inutiles à la construction d’un nouveau bâtiment.

Ce qui doit hérisser Mr De Clerck, c’est que l’essentiel des gravures s’y trouvant sont inscrites en français: en effet, à l’époque il aurait été mal vu de parler la langue de celui qu’on a justement pourchassé.

Alors, serait-ce un geste symbolique, voulant réduire la grandeur de la Belgique à rien? Ou abaisser le dôme pour que celui-ci ne surplombe plus les gouvernements qui se veulent tout permis? Ou juste rendre désuet le symbole même de la révolution contre Guillaume d’Orange?
Et si ce n’est rien de tout ça; les travaux de la façade ayant dû être arrêtés, faute de budget, abandonnant un échafaudage – peut-être devenu inutilisable depuis lors – peut-on décemment construire un autre bâtiment – qui sera sûrement ikéa aussi – pour remplacer un chef-d’œuvre de l’architecture?

Alors qu’au parlement est voté une loi contre les habits couvrant le visage dont la sécurité juridique reste à démontrer : il faut savoir que cette loi, si elle ne fait l’objet d’aucun antécédent (et pourtant de nombreux débats) en France, en Belgique une telle règle a déjà été annulée par le Tribunal de Police d’Eterbeek, le 26 janvier 2011.

Cette annulation est effectuée en vue des griefs exposés: L’article 9 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme, garantissant la liberté de culte chez soi et dans les espaces publics.
Et pourrons-nous décemment interdire une personne de se protéger contre le vent ou le froid en hiver? Qui n’a jamais mis son écharpe sur le nez en période de grand vent neigeux?

Si la loi ne le dit pas spécifiquement, les débats parlementaires sont clairement dirigés dans ce sens: cette loi vise à interdire de le port du niqab et de la burqa.

Elle soulève donc un débat que nous risquerons de retrouver très prochainement dans la Cour Européenne des Droits de l’Homme, aussitôt que quelqu’un aura reçu une amende à ce propos. « Cette loi nuit à ma liberté de culte! » . Et, malgré qu’il soit évident  que ces tenues vestimentaires réduisent les femmes à moins qu’humains – comme le fait remarquer le débat parlementaire – le visage symbolisant l’humanité, recouvrir totalement celui-ci réduit l’humanité de la personne en question.

Cette loi, d’ailleurs, va-t-elle encourager les femmes islamiques à sortir découvertes? Non! Elle va surtout les empêcher de sortir, déportant le problème plus loin. Et il ne suffira pas de mener des actions sociales: en effet, quelle genre d’action sociale peut se permettre de demander à une femme de renier son culte?

Excellente journée à tous!

Pourquoi la Flandre et la Wallonie ne se sépareront pas (tout de suite)

#1anSansGouvernement (Article Anniversaire) 

Un an. Un an que Mr Leterme a déposé sa démission auprès du Roi. Il n’y a toujours aucun accord gouvernemental. Est-ce un synonyme d’échec? Il serait temps de l’envisager. Petit rappel de fond sur les raisons de ce blocage; est-ce une preuve de l’inséparabilité de la Belgique? 

Yves Leterme a déposé sa démission il y a un an... Et il est toujours premier ministre. C'est pas un record, ça?

Nous savons pourquoi le gouvernement s’est scindé. Un désaccord concernant un texte constitutionnel et le sort de BHV, l’Open VLD se retire du gouvernement, le texte est déposé, et le parlement est régulièrement dissous. Leterme remet sa démission au Roi, celui essaye d’arranger le problème pour finalement accorder la démission 4 jours plus tard.

La scission de BHV. L’un veut, l’autre refuse. L’un veut que l’on respecte le territoire, l’autre la langue (voire le choix) de ses habitants. Deux idéologies qui s’affrontent, diamétralement opposés. Et pourtant, c’est une question plus profonde qui est directement posée – et si la Belgique se séparait?

Bye – Bye Belgium, disait la RTBF. Ceux qui y ont cru savaient qu’il fallait s’y attendre, ceux qui n’y ont pas cru savent qu’il faut s’y attendre. Pas de solution envisagée, pas de plan de réforme, toujours en désaccord.

Cela dure depuis des décennies.

Depuis que, gouvernement sur gouvernement, démissions sur démissions, l’on essaye de forcer la main, d’envisager une séparation un petit peu plus grande à chaque fois. D’abord les communautés, défendre sa langue et sa culture, contre celle de l’autre.

Ensuite, les régions, faire valoir son patrimoine et son capital, son argent, contre ceux qui en ont moins, ou ceux qui veulent y porter atteinte.

Petit à petit, les différents hommes politiques qui se sont succédés ont essayé, point par point, petit à petit, de déchirer la Belgique, juste là, en dessous de Bruxelles. Là où on en est, maintenant? Tirer la déchirure vers le haut, ou vers le bas, pour garder le pourtour de Bruxelles; élargir encore l’abîme avec de nouvelles compétences, creuser la tranchée avec des slogans, des actions, des affiches enlevées, des signaux routiers barrés, des postes changés.

Voire même des choses incroyables, comme l‘interdiction de parler français dans des bureaux de poste.

Pendant un an, un gouvernement provisoire a tenu la Belgique en parfait état de fonctionnement. Oui, la Belgique est un des rares États à afficher un bilan positif cette année. Économiquement parlant, ce gouvernement fonctionne. Alors pourquoi se retrancher derrière des négociations? Celles-ci sont clairement inutiles, puisque le pays tourne sans.
À côté de cela, malgré les rares manifestations séparatistes (qui regroupent quelques dizaines de personnes pas plus), la Révolution des frites, Shame ou Camping 16, regroupent des milliers de personnes. Y a-t-il une façon plus claire encore de dire au gouvernement: Non, nous ne voulons pas nous séparer! Ni un peu, ni beaucoup!

Pourtant, si accord était effectuée sur la Réforme de l’État, est-ce que tout ce séparatisme cesserait? Non, bien entendu. Alors, la Flandre en demandera encore plus, et par la Flandre, j’entend les partis qui en ont fait leur credo. On a deux cas; soit les négociations se poursuivent avec la N-VA, soit sans.

« Impossible de faire sans la N-VA, sans la N-VA il n’y aura pas la réforme de l’État » pouvait-on lire de la part de la Voka ou du CD&V… Je vais citer une deuxième fois un même article, mais dans celui-ci la N-VA n’est pas cité. Donc la Réforme n’est pas l’apanage du parti séparatiste, au contraire.

Et si la N-VA faisait partie du gouvernement? Un gouvernement Nouvelle-Flandre ne se fera pas dans l’intérêt du pays, et des mesures de plus en plus séparatistes seront prises jusqu’à ce que les Francophones fassent ce que l’Open VLD a déjà fait; scinder le gouvernement. Il en a le pouvoir, et il le fera si celui-ci constate que la N-VA fait tout pour scinder le pays. Retour à la case départ.

Alors que si on envisage un abandon de la réforme de l’État, et même une unification du pays, peut-être pour démarrer sur une autre réforme – une réforme budgétaire pour ceux qui soutiennent une inégalité de ce côté, par exemple – peut-être que la tabula rasa saura se montrer efficace?

D’accord, chi va piano va sano e va lontano, mais 1 an sans gouvernement?

Cela fait un an que:

  • Nous n’avons plus que des mesures habituelles, urgentes ou courantes qui sont prises. Aucune loi qui soit utile, qui suive l’actualité, qui soit un tant soi peu moderne!
  • Est-ce que les arrêtés ministériels qui nomment les entreprises/sociétés peuvent se donner? Sûrement, en affaires habituelles, ou urgentes… Mais il faut motiver tous les arrêtés!
  • La légitimité d’un tel gouvernement n’est pas démontrable! Un gouvernement démissionnaire d’un an, ce n’est plus un gouvernement démissionnaire, ça devient de l’intérim… Il a fallu donner des compétences spéciales à Mr Leterme pour qu’il puisse gérer le budget.
Si ces négociations aboutissent, s’ils aboutissent un jour, ils ne donneront rien de bon sur le long terme; et j’en veux pour preuve le fait que d’autres négociations ont abouti par le passé et n’ont pas tenu. Parce que le problème avec les extrémismes, c’est qu’ils ne font pas dans la demi-mesure… et donc, sont totalement contraires avec le concept même de négociation.
Alors, nous sommes peut-être à une sorte de croisée des chemins, même si celui-ci est loin derrière nous. Soit nous continuons vers les voies du séparatismes, dont l’élargissement des compétences régionales et la scission de BHV n’en sont que l’antichambre; soit nous abandonnons cette stupide idée et essayons de repartir vers une fraternité. Et pourquoi pas? Peut-être devenir nationalistes, avec nos voisins du Nord, un nationalisme paneuropéen.
Excellente journée à vous, et bon anniversaire à notre Belgique qui a le profil bien bas.

The Kingdom

Demain, la Belgique sans gouvernement fêtera sa première année. Une année durant laquelle absolument rien n’a été fait. Révolution des Frites, chansons, rien n’a suffi à être entendu par les hommes politiques qui décident pour nous de ce qu’est la Belgique.
Petit patriotisme, la veille de la première année, pour garder à l’esprit que la Belgique, ce n’est pas qu’une question de dispute, c’est aussi un peu de fraternité.

Demain, une première bougie sera soufflée. Prions pour qu'il ne s'agisse pas de la bougie d'Amnesty.

Malgré la flagrante vision d’une situation négative, d’une politique qui se prépare à scinder le petit pays tout jeune pourtant, l’esprit Belge demeure, tel un cœur au sein de sa vie, battant et chaleureux.  La Division, Pas en notre nom! Pouvait-on scander aux Révolutions de la Frite. Ou encore: Eenheid – Unité!

En traversant certaines grandes villes, Bruxelles comprise, on peut voir de vieux drapeaux moisis par la pluie traîner sous les fenêtres. Cela fait si longtemps que nous nous battons pour son unité. Déjà, dans les sixties, quand les français usaient les routes, « sous les pavés la plage », les jeunes flamands disaient, plutôt, « Walen Buiten ».

Oui, depuis des années nous déplorons cette idéologie, marginale jusqu’ici, qui gangrène la Belgique.

C’est alors que, depuis un an, plus rien n’avance.

Il faut se rendre à l’évidence, il y a une chose qui ne fonctionne pas, c’est le gouvernement en plan de réforme. « Pas de gouvernement sans la N-VA, parce qu’après, il faut réformer l’État ». Ce n’est pas impossible sans la N-VA et, de toute façon, cette réforme est une stupide idée. C’est tout à fait normal qu’ils ne parviennent pas à s’accorder si celui qui a le pouvoir dit des inepties.

Les partis francophones sont facilement qualifiés de lâches, d’inefficaces, de mener une politique qui, transposée dans une entreprise, mènerait à la faillite de celle-ci. Pourtant, des deux côtés, des hommes politiques chevronnés se tiennent. Un seul est tout nouveau dans le secteur. Inutile de préciser lequel.

Petite remarque par rapport à la date annoncée par la presse. Celle-ci soutient que l’anniversaire serait un 22 avril. Cela est faux. Officiellement, la démission de Mr. Leterme a effectivement été déposée un 22 avril, mais n’a été acceptée que le 26. C’est toujours ça de pris.

Bonne journée!

Être rattachiste maintenant, c’est être séparatiste.

Eric van Rompuy, à son retour d’Allemagne: « Avons-nous encore de vrais dirigeants au nord et au sud de ce pays? », belle hypocrisie! Cela paraît difficile de croire qu’il s’agit d’un trait d’humour, visiblement stérilisé, et lui-même est pourtant partisan du coup de pied dans la fourmilière quand cela n’est pas nécessaire.
En lisant les commentaires et la presse, je constate que, de plus en plus, la situation devient risible et insoluble. Reprise des éléments de ces derniers jours, pour montrer que la Belgique n’est plus qu’un dessin sur une plage, et que la vague est en route.

La Mer du Nord. La Belgique est au loin, au large... Crédit photo: Xiiime.

 Nous avons pourtant proposé des solutions. Peut-être ne sont-elles pas meilleures, mais il y en a.
Dans l’hypothèse où demain, ils trouveraient un accord,  un parti nationaliste en redemanderait davantage, trouverait un argument, parce qu’il y a toujours un argument pour être nationaliste.

La Belgique est un pays compliqué. Pas plus tard que ce matin, je pouvais lire, quelque part – je l’ai d’ailleurs twitté – « Halte à la dictature gouvernementale! Manifestation le 23 avril contre l’interdiction de fumer dans les cafés. »

Et là, double constat. D’une part, il ne s’agit pas d’une décision gouvernementale, mais d’un arrêt de la Cour Constitutionnelle. Ça ne change pas grand-chose, d’un côté, mis à part que ça peut difficilement relever de la dictature.

Mon autre constat est un rien plus négatif. Il a oublié que nous n’avons pas de gouvernement depuis un an. Et que ce qui nous sert de marionnettiste aveugle est un gouvernement qui n’a certainement pas les compétences pour adopter une loi aussi bénigne. Depuis le temps, il est probable que l’essentiel des affaires courantes soient traitées au profit des affaires urgentes et habituelles, donc cette loi n’en fait probablement pas partie.

La Belgique serait-elle trop compliquée? Sa population peut-elle véritablement voter « juste » si elle ne sait même pas comment son pays fonctionne?

Et pourtant, des blogueurs, des gens qui comprennent, des gens qui ne comprennent pas, tiennent à leur Belgique. Elle n’est pas si vieille, en soi – même si l’on parle d’une Beglicae depuis l’antiquité – et ne résulte que de moult guerres pour faire valoir ses droits. Droits piétinés par l’Histoire.

Je n’aime, d’habitude, pas parler de l’ésotérisme politique – même si c’est défendable – parce que la politique n’a vraiment d’effets que lorsqu’elle forme une majorité, ou un plébiscite suffisant pour être représenté.

Mais certains défendent l’idée que la France et la Belgique devraient se rattacher.

Et, au gré des vagues des crises politique, cela peut impliquer beaucoup de monde, et cesser d’être un ésotérisme politique. Par exemple, un sondage de l’IFOP diffusé par Le Soir* montre un record de 50% en 2008. Ils étaient 32% en 2010, selon le Figaro*. À peu près autant que la N-VA, la même année.

C’est une solution qui en enchante certains, défendue depuis avant même la naissance de la Belgique. Elle s’explique, entre autres, par des intérêts économiques et culturels. On accordera que nous partageons la langue, une histoire commune, un code civil en commun, une constitution d’inspiration commune.

Nous sommes des rejetons de la France, agglutinés à la Flandre, qui nous rejette ardemment. J’accorde que nous sommes moins Flamands que francophones, et j’admets également que l’idée d’habiter une des plus grandes puissances mondiales serait sympathique d’un point de vue économique.

Paris et sa beauté, son histoire, les côtes niçoises et leurs stars, les montagnes et leurs stations de ski, la Bretagne, si poétique, la côte atlantique, le Périgord… La France est un pays magnifique, où se mélangent des cultures et des accents, qui nous transportent dans l’histoire et dans les rues étroites de ses vignobles.

Mais la Belgique n’est pas la France. La Belgique, Anvers, Bruxelles, Charleroi, Liège; ces villes ne sont pas françaises.

Il serait absurde d’imaginer une Flandre en France. La N-VA aurait un coq un rien plus large à avaler, mais compte tenu de leur mauvaise foi, ils pourraient bloquer des négociations  qui n’ont même pas lieu d’être dans un pays où le vote est uninominal et majoritaire.

Il est donc évident que ces résultats témoignent, dans le chef de ceux qui l’ont souscrit, d’une volonté de se séparer avec la Flandre.

Dans l’état actuel des choses, dans une Belgique brouillée mais pas détruite, dans une séparation de fait – il faut admettre que la régionalisation est, dès le départ, une séparation – mais pas de droit, parler de rattachisme est un peu anticipé, sinon prématuré.

Parler de réunionnisme est, en réalité, prévoir l’éventualité d’une séparation avec la Belgique. Et se montrer rattachiste maintenant, ce n’est pas prévoir la meilleure solution envisageable maintenant, mais prévoir la dernière solution envisageable à tout jamais.

Le plan-B, comme l’appellent les journalistes politiques et les politiciens eux-mêmes, n’est pas à proprement parler la meilleure solution, d’un autre point de vue que celui du principal parti séparatiste.

Les autres partis flamands veulent-elles d’une séparation? Rien n’est moins sûr. Le dossier aurait déjà été déposé sur la table depuis longtemps. Ils se seraient réunis et auraient obtenu cela d’emblée.

Et Bruxelles, dans tout ça? Wallonne, Flamande? Je pense que l’on peut être unanimes à ce propos, par deux points. Premièrement, Bruxelles est principalement francophone. C’est amplement suffisant, à vrai dire. Deuxièmement, et là il s’agit d’une question de logique, ce n’est pas la partie qui désire se retirer qui va décider de comment ça se passe. Si la Wallonie va accorder à la N-VA une séparation légale de la Belgique, elle ne va aucunement concéder Bruxelles.

Si l’on en croit la jurisprudence internationale, il y a de fortes chances pour que le sort de Bruxelles soit, à terme, décidé par les cours compétentes. Mais je ne vois pas en quoi ces cours auraient intérêt à aller à l’encontre du choix populaire. Si une répartition de la ville même n’est pas envisageable – imaginez le bordel – ils se contenteront d’appliquer le principe général qui veut que l’on se fiera aux limites régionales pour former la séparation. La Flandre se sépare, elle se sépare par sa région uniquement.

La séparation est encore relativement utopique, cela dit. Ce qui est utopique également, c’est la possibilité d’une Belgique unie. Comprenez que nous sommes pile à mi-chemin entre les deux, et qu’il appartient aux négociateurs ou aux électeurs – s’ils ont encore leur mot à dire – de choisir la direction à prendre.

La mienne est déjà toute choisie, et déjà largement défendue dans ce blog, je suis pro-belgique, et je défendrai ce point de vue aussi longtemps qu’elle existera.

En conclusion, suite à ce court réquisitoire – ou cette longue argumentation – je réponds aux propos d’Eric Van Rompuy. Est-ce qu’on a encore des dirigeants, oui! Mais ces dirigeants dirigent-ils encore quelque chose? Les négociations avanceraient, on serait tentés de dire qu’ils dirigent les régions en défendant leurs intérêts. Mais actuellement, il s’agit d’une bagarre politique de trois lustres qui ne concerne plus que la caste politique. Non pas que les belges n’y voient pas leurs intérêts, mais tout simplement parce qu’ils ont cessé de comprendre, ou même d’essayer de comprendre, un pays qui leur glisse entre les doigts.

Bonne journée à tous!
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Note de bas de page
* J’émets de nombreux doutes quant à la valeur de ces statistiques. Seuls 500 francophones ayant été sondés, il est difficile d’attribuer à ces 500 personnes la représentation des francophones de Belgique. J’ajouterais que pour peu que cette statistique ait été effectuée dans le Hainaut, où le FN enregistre ses meilleurs votes, ce chiffre trouverait une explication à la fois logique et malencontreuse. Ces chiffres sont donc cités à titre indicatif.

C’est trop injuste! (A.K.A L’allégorie de la Montgolfière)

Ce matin, Laurette Onkelinx, vice-premier ministre, qualifie De Wever de Caliméro. Les choses se précipitent dans la classe politique: d’une part le rapport semestriel doit être déposé à l’Europe, d’autre part les négociations sont à nouveau bloquées, et enfin nous arrivons bientôt à l’échéance donnée par Wouter Beke et par la N-Va.

Wouter Beke, CD&V, négociateur Royal, déçoit les francophones et ne s’accorde plus qu’une dizaine de jours pour résoudre le casse-tête.

Bart de Wever, le Caliméro politique. « J’aurais préféré que l’on me consulte » à propos du programme de réforme qui doit être remis à l’Europe. Il a été consulté.

Il y a un peu moins d’un mois, la N-VA (Jan Jambon) lançait un ultimatum, 6è du nom. « Nous attendrons le suivant. » Ça c’est de la fermeté.

Pendant que la N-VA devrait se rendre à l’évidence de l’inaccessibilité de son parti au pouvoir, elle continue à bloquer la situation, comme des gamins qui ne veulent pas voir arriver quelque chose qu’ils redoutent. Ils aiment mieux faire preuve de mauvaise foi que laisser un gouvernement stable se former.

Misère! Ce serait la fin du séparatisme!

Plus loin, en France, là où la langue de Molière est mise à l’honneur, on fait une nouvelle gaffe:

 

Les Galeries Royales Saint-Hubert, c’est bien à Bruxelles, ça, non? Bruxelles, c’est la Flandre, maintenant?

Celle-ci, après après la carte de TF1:

 

La preuve irréfutable que la TF1 préfère fabriquer ses propres cartes que chercher sur Google.

C’est à se demander si c’est une bonne idée de mélanger la Wallonie de la France. Ils pourraient se dire: « Oui, on accepte la Wallonie en France, comme ça on a la Côte Belge! ».

Quel intérêt, pour nous, de rejoindre la France? Absolument aucun. Je ne veux pas d’un président et encore moins de leurs bagarres politiques qui sont en totale rupture avec notre façon de mener un débat politique. Nous, on se dispute PUIS on forme un gouvernement, pas l’inverse… je ne dis pas que c’est mieux.

Et quel intérêt pour les Français d’ajouter la Wallonie? On leur a demandé leur avis, aux Français? Ce serait injuste pour eux…

Abandonnons cette idée loufoque, l’Europe n’a guère besoin de mettre Bruxelles à Paris, pas plus qu’à Amsterdam. La Belgique, c’est le cœur de l’Europe, et la N-VA veut propulser la Flandre sur la scène européenne … en empêchant son propre gouvernement de déposer ses budgets.

La ségrégation linguistique, c’est bien interdit par l’Europe, il me semble. En total désaccord avec l’idéologie Européenne, la N-VA n’a absolument aucune chance de s’y imposer.

La N-VA continue son voyage de mauvaise foi, pour mieux maintenir la montgolfière au sol. Et tant qu’on restera arrimés, les partis auront beau actionner le brûleur pour former une coalition cohérente, il y a encore cette lourde masse à bord qui les entravent dans leur périple.

Et cette lourde masse sait très bien que si elle partait, si on larguait du lest, la montgolfière s’élèverait. Et pendant qu’ils hurlent tous: Allez, Aide-nous à grimper! Lui, comme menace, dit: « Non. Si vous n’acceptez pas, je sors de la nacelle », alors que c’est aussi une solution…

Voilà pourquoi la N-VA refuse de partir. Ils sont parfaitement conscients que s’ils partent, les autres partis se débrouilleront sans lui.

Alors, cet ultimatum, Mr De Wever? On se dégonfle?

 

Encore un café sur un ton relativement léger. Bonne journée.

 

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