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Archive for mai 2011

Ne cherchez plus: Le problème, c’est moi.

Laurent Louis ne peut être contredit. Encore moins avec des questions précises.

Déclaration tapageuse de Laurent Louis.

Je ne vais pas sombrer dans ces querelles ridicules. Mais demandez-lui ceci:

Monsieur Louis, je vous cite: « Ne serait-il pas temps de rendre le pouvoir au peuple? » Est-ce ce même peuple qui doit disposer d’une autorisation pour avoir des enfants?

Mr Laurent Louis, encore à propos de vos déclarations. Vous dites que l’immigration est incontrôlée. Le même jour, je vois que la Belgique est condamnée par la Cour Européenne des Droits d l’Homme pour avoir voulu expatrier une irannienne.
http://bit.ly/jTTGxP
Donc non seulement il y a contrôle, mais en plus il y a trop de contrôle.

On vous gratifie de ceci:

Mr Fanna, c'est moi.

 Je suis donc l’ennemi public n°1, parce que je suis contre une politique des naissances en Belgique, parce que j’estime que le permis pour avoir des animaux, non seulement n’est pas dans nos priorités, mais en plus forcerait à créer un service public fédéral de l’attribution des permis, d’autres fonctionnaires à payer. Malgré ces autorisations, rien ne garantit l’efficacité des mesures.

Le Tribunal d’Application des Peines (TAP) a été créé par et pour le dossier Dutroux, à cause de la première libération dudit personnage qui a fait scandale. Et lorsqu’on emprisonne quelqu’un, il faut bien le libérer un jour.

Le respect des droits de l’homme, et le respect des libertés, c’est dans l’adversité qu’elle est mise à l’épreuve. Et son échec, ici, ne fait aucun doute.

J’ai été supprimé de sa page, m’empêchant de lui répondre. Petit à petit, l’homme dévoile son jeu totalitaire; avec ses rêves de coups d’État, avec ses discours populiste, la Belgique a intérêt à ne pas se laisser embobiner par ces belles paroles sans fondement.

Bonne journée.

De nauséabonds relents de populisme décérébré.

Cette semaine, Mr Laurent Louis, député fédéral, a montré sur Twitter quelle était, exactement, son programme de parti: Agir contre la démocratie pour un peuple meilleur. Un eugénisme latent, erreur humaine mais indigne d’un homme politique. Un populisme évident, un homme qui ne pèse ses mots que pour les vendre au meilleur prix.

Propos tenus sur Twitter par le député; à lire de bas en haut dans l’ordre chronologique.

Et les médias en ont parlé, alors qu’un peu plus tôt il se plaignait sur le même site de micro-blogging faire l’objet d’un mutisme médiatique.  Et pourtant, ses propos sont souvent du genre à soulever des questions! Insultant le ministre de la justice (Ministre de l’Injustice) réagissant agressivement aux commentaires (très bon article), il répond d’abord et avant tout à ses émotions; ce dont n’importe quel apprenti juriste/homme politique devrait se méfier:

Comment est née l'idée du permis parental

Alors, sur facebook comme aux Médias, celui-ci se défend en disant « On ne m’a pas laissé m’expliquer jusqu’au bout ». Effectivement, parfois, en résumant trop on fait l’impasse sur des choses importantes.
Mais dans ce cas-ci, il est important de rappeler à Mr Louis que le débat ne porte non pas sur  le contenu de la proposition, mais bien sur son aspect.

En vérité, sa proposition me rappelle celle formulée dans La République de Platon. C’est eugéniste. Hitlérien. Intolérable dans un société démocratique, de la part d’un parti qui se dit démocratique.

Qui n’y a jamais pensé? Il est vrai, on s’est tous dit un jour qu’il faudrait que quelqu’un explique aux parents comment se comporter. Mais pas à l’échelle de l’État.

Pour cerner le personnage, il a, déjà, proposé de rendre toutes les peines de plus de 5 ans incompressibles.

Voici par quelle mécanique une initiative démocratique devient totalitaire:

Derrière ses paroles populistes se cache un homme profondément de droite, peut-être même d’extrême-droite. Cette contradiction est parfaitement visible sur le cas de cette proposition: Le peuple est choqué, il tire profit de ce choc pour donner une proposition de loi aussi barbare qu’est un groupe facebook sur Michelle Martin.
Une sorte de national-socialisme.

Mais peut-on voir le mal en lui? Je n’en suis pas sûr. Si, en quelques mots, il est possible de le transformer en Hitler, il n’y a peut-être pas la même haine qui l’anime. Je pense juste que, dans son cas, il s’agit plus d’un populisme décérébré; des bonnes volontés très mal exprimées; comme le montre cette grossière erreur de séparation des pouvoirs:

Les différents pouvoirs (Législatif, Judiciaire, Exécutif, Médias) ne doivent pas être mélangés.

S’il y a un député à lever de ses fonctions, c’est peut-être bien lui. Il n’a pas fait l’objet d’un vote personnel, et le MLD n’existe que par sa séparation du PP qui, lui, a recueilli des voix. Il est arrivé au Parlement par le fait d’un hasard politique et son incompétence montre qu’il a été bien plus arriviste que compétent. Dès lors, un pays aussi tourmenté que la Belgique s’en passerait volontiers: inutile de rendre le pouvoir Belge plus risible encore.

Bonne journée.

Hé, Adolf, tu devineras jamais la dernière…

Attention, l’orientation prise dans cet article est expressément inverse de la mienne. Il s’agit là d’une démonstration par l’absurde. Mon opinion sur le sujet a déjà fait l’objet du précédent article; je tiens juste à ouvrir les yeux des gens à propos des auteurs de la proposition de loi.

Timbre à l'éffigie du dictateur Allemand

Hé Adolf,

Tu ne devineras jamais la dernière! Dans les anciens peuples conquis de Belgique – tu sais, ce petit pays qui se disputait tout le temps, avec un fort séparatisme au Nord, qui t’a d’ailleurs été franchement utile? Hé ben ceux du Nord dont je te parles, ils veulent indemniser tes collaborateurs!

Oui, je vois ta tête jusqu’ici, sourire devant ces idioties qui te donnent plus de pouvoir. Quand on pense que tu t’es suicidé précisément parce que le monde te haïssait! On ne s’est plus écrits depuis lors, mais tes collaborateurs ont fait l’objet d’une sauvage répression. Oui, tes sourcils se froncent. Ils en ont tué pas mal, c’est vrai. Des femmes, aussi, pour avoir copulé avec tes soldats. Je ne peux pas te jurer qu’elles étaient aryennes, enfin soit.

Et ben, les enfants de ceux-là, ils seront indemnisés si la loi est votée. Elle est juste discutée, au Sénat, c’est même pas sûr qu’il sera adopté, mais ils y pensent. Oh, c’est pas tout ça, je sais que les enfants de tes amis ont le droit d’en honorer la mémoire sans honte, etc. … Mais pense donc à tous ces juifs déportés par lesdits collaborateurs! Et leurs enfants! Je t’entends rire jusqu’ici.

Les vrais perdants, dans tout ça, ce sont les enfants de tes résistants. Tués par lesdits collaborateurs, mais eux n’ont pas fait l’objet d’une indemnisation! Alors, tu vois le tableau! On conquit un pays, on profite du nationalisme au Nord (diviser pour régner, encore un coup de ton génie, peut-être même en font-ils usage encore maintenant) et maintenant tes collaborateurs sont récompensés! Voyez-vous ça! Je pense qu’ils aiment qu’on se moque d’eux.

Tu veux la meilleure? Leur ministre, là, un catholique, il a même parlé d’«oublier» ton passage! Un des hommes que tu as déporté aurait appelé ça un lapsus révélateur. Mais il s’est abjuré par après, va savoir; peut-être juge-t-il important de ne pas t’oublier. D’ailleurs, d’un côté, t’oublier empêcherait d’indemniser tes collaborateurs.

Il paraît que ça fait scandale, là-bas. Tu me diras, vu la quantité impressionnante de résistants qu’il y avait là-bas, pas mal de familles manquent encore un peu d’eugénisme. Ah! oui, l’eugénisme.

Tu sais, d’un côté, les flamands ils en font encore un peu preuve. Ils veulent se débarrasser des wallons car « trop pauvres, langue insignifiante, parasites, junkies potentiels, trop bêtes pour apprendre le néerlandais » … d’un côté, c’est plutôt eugéniste de vouloir se séparer! Bon, ils n’ont pas encore pensé à vraiment supprimer les inutiles; mais on a déjà un peu d’interdictions envers les francophones, c’est déjà pas mal.

Oui, là tu es plongé dans un silence partagé. Tu as connu ça, hein? Les débuts ne sont pas simples, pour eux. Ils en sont encore à la démocratie, c’est pas gagné d’avance. Encore que, parfois la démocratie n’a pas été écoutée pour des principes de procédure. Il suffit de ça, je te dirais.

Et d’ailleurs, il y a quatre ans de cela, ils ont voulu faire reconnaître à l’État la responsabilité de l’état dans la collaboration. Intéressant, n’est-ce pas? Un peu comme Pétain, les Belges. Tous, en fait. Ils ont vu en toi une possibilité de s’affirmer, parce que tu leurs as dit qu’ils avaient raison, toujours. Tu as su faire plaisir à leurs émotions, tu as su jouer de leurs histoires.

T’inquiète pas, tu es mort, mais ta façon de procéder, elle, est immortelle. Tu en as de la chance, parce qu’en France, le FN en tire profit aussi; la N-VA un peu, aussi. Et dans d’autres pays aussi. Et! N’oublie pas! Les droits d’auteurs courent 70 ans après le décès de l’auteur. Ça n’en fait que 67, n’oublie pas de demander des royalties!

Sur ce, pense bien que l’homme sera toujours assez bête pour croire en tes mensonges: Seul, le monde n’est pas mieux.

Bonne journée.

Ceci n’est pas mon pays: Prise en considération du négationnisme et de l’indemnisation des collabos

Dernièrement, le Sénat a accepté de prendre en considération un texte à tendance négationniste proposé par le Vlaams Belang. Ce document prévoit d’indemniser les victimes de la répression des (sic) « prétendus » collabos de la Seconde Guerre et d’effacer les condamnations dont ils ont fait l’objet.

Un pardon est envisageable, mais pas lorsqu'il vient des principaux intéressés.

 La Belgique a été un pays de vives résistances; jouxtant l’Allemagne, bien que rapidement tombé, ses habitants n’ont pas tous laissé l’Occupation se faire sans difficulté.

Maintenant qu’il y a prescription, il pourrait être envisagé un pardon. Effectivement, quelle junte peut encore traquer des coupables d’autrefois? Il ne faut pas voir le diable partout non plus; on peut leur pardonner. Après tout, la situation n’est plus ce qu’elle était, et le Monde a désormais pardonné l’Allemagne. Les principaux responsables sont encore traqués, l’expérience de Milgram leur donnant parfois raison.

Mais lorsque le texte fait mention de « prétendues » collaborations; ou que celui-ci envisage de faire indemniser les coupables, et qu’il a été déposé par un parti d’extrême-droite, je ne souscris plus.

En effet, il est indignant pour la Belgique de se permettre de laisser un parti d’extrême-droite de faire valoir jusqu’au Sénat ses idées de négationnisme. La prise en considération a été créée dans ce but; et c’est un échec à la mission de cette protection parlementaire que d’avoir laissé ce texte parvenir jusqu’aux discussions. La Belgique est-elle négationniste? Non!
Venant de leur initiative, cela ressemble plus à autoriser un vieux racisme, un ancien intégrisme, pour permettre à un nouveau de s’implanter. Plus de
Reductio ad Hitlerum, plus de Godwin Point; maintenant la collaboration doit, à leurs yeux, être une chose qui n’est plus condamnable et qui s’entend parfaitement.

Ceci n’est pas mon pays.

C’est d’autant plus indignant que la Vlaams Belang va, jusque dans le titre, faire comprendre que, pour lui, les crimes punis à l’époques ont été le fait d’une peur irraisonnée d’Hitler. Ils ont raison. Mais il est trop tard, 67 ans après, pour dire que c’était une erreur. Tout comme il est idiot de faire interdire « Tintin au Congo » parce qu’il ne fait que témoigner de l’idéologie de l’époque, il n’est pas question de revenir en arrière concernant la répression de la collaboration.

Je ne souscris pas aux multiples exécutions qu’ont subit les collabos; tout comme je regrette que cette barbarie n’ait pas mené à une amélioration globale du racisme en général (le racisme ayant atteint un paroxysme aux États-Unis dans les années ’60 avec les groupes KKK et autres qui recueillent, aujourd’hui encore, de nombreux adhérents).

Le Vlaams Belang, dans leur paradigme étrange bien au-delà du monde, ont réussi à contaminer tous les autres partis flamands. C’est bien regrettable.

De leurs mots, « on peut parler de tout » « nous sommes en démocratie ». Mais ces mêmes partis n’ont-ils pas refusé de nommer des bourgmestres francophones? Ces mêmes partis ne font-ils pas preuve d’une ségrégation?

C’est l’hôpital qui se moque de la charité.

Bonne journée.

Michelle Martin peut sortir de prison.

L’actualité de cette semaine est marquée par l’accord de liberté conditionnelle donné par le tribunal d’applications des peines. Un groupe facebook a rapidement été créé pour « dénoncer » ce qu’ils qualifient comme une injustice, à grands coups de propos injurieux et parfois des appels à la violence. Article contre la barbarie.

en-tête du groupe

Il n’aura fallu que quelques heures pour réunir pas loin de 70 000 adhérents. Dans les messages, on pouvait lire des choses horribles, allant de la lapidation à la torture, en passant par la grève de la faim forcée.

J’ai essayé (tant bien que mal) de les raisonner:

Je n’ai rien contre sa libération. D’un point de vue juridique, ça se tient.
« Associations de malfaiteurs », 15 ans de prison c’est déjà beaucoup. Si elle n’est pas libérée, elle va en appel parce que d’autres coupables du même chef d’accusation ont fait moins de prison que ça.
Elle aurait dû recevoir perpet’ sans réduction de peine dès le départ, c’est-à-dire comme son mari, pour avoir laissé crever de faim deux pauvres enfants.

Je tiens à conchier publiquement ceux qui demandent la peine de mort ou autres actes horribles à lui soumettre. Vous dites qu’il n’y a pas de justice mais la peine de mort, ce n’est pas ma justice.
Ne vous abaissez pas à son niveau.

Le vrai chef d’accusation de Michelle Martin est :

  • association de malfaiteurs (enlèvements et séquestrations d’enfants)
  • séquestration de 6 enfants avec la circonstance aggravante d’avoir entraîné la mort de ces deux dernières
  • viol de Yancka Mackova.
En Belgique, la justice ne pratique pas le cumul des peines, on se réfère donc à la plus grave de celles-ci. Elle a donc été emprisonnée pour 30 ans à dater du jour de son arrestation, en 1996.
Elle a demandé une liberté conditionnelle qui, au vu de son comportement et de son suivi psychologique justifiait une libération conditionnelle. Cela a réduit sa peine de moitié.
À cela, les gens réagissent d’une agressivité sans égale, prônant la prison à vie ou que sais-je. Cependant, d’un point de vue légal, elle a purgé sa peine et justice a été rendue.
Je souhaite du courage à la famille des petites victimes. Je pense qu’il n’y a aucune chance qu’ils se croisent où que ce soit; j’ai cru avoir entendu qu’eux-mêmes sont contre la peine de mort.
Je constate que la loi du Talion prend une vigueur sans précédent: Après la liesse ayant suivi le meurtre d’Obama, les menaces d’assassinats à l’encontre de Michelle Martin; je me rends compte que les libertés fondamentales quittent l’esprit des gens. Et que cela est propice à l’avènement de partis politiques qui prônent ces mesures.
Si je déplore ce barbarisme, je m’en inquiète également. Il devient banal, voire normal, d’entendre des gens dire « si ça m’arrive à moi, je le tue ». Si il en a toujours été ainsi, il arrivera bien une fois où ça arrivera et où il sera félicité.
Et là, nous aurons atteint le niveau où la justice est rendue par les gens, avec de la violence et de la vengeance. C’est à la fois déplorable et à éviter.
Il est normal d’avoir peur de la croiser, ou peur des représailles. Mais ce n’est pas supposé empêcher la justice de suivre son cours normal. Si la justice doit emprisonner, elle doit, en toute logique, rendre la liberté aux gens.
Une chose est cependant certaine, c’est que la prison ne rend pas les gens meilleurs. Ceux qui pensent qu’elle « comprendra » en « croupissant plus longtemps encore en prison « se trompent. Ils ne veulent pas se dire qu’être juste, c’est considérer tout le monde comme égaux.
Cette égalité est même peut-être le résultat d’un complexe d’infériorité. Ce sont d’ailleurs souvent les gens amoindris qui essayent d’amoindrir les autres à leur tour. Et lorsqu’on a des arguments aussi faciles que « elle a tué des enfants », ils s’en donnent à cœur joie.
Alors, chers concitoyens, montrez-vous meilleurs que ceux que vous avez emprisonnés. Ne cherchez pas à faire justice par vous-même. Croyez-le, jamais elle n’oubliera ce qu’elle a fait et jamais elle ne dormira plus sur ses deux oreilles.
Si les 15 ans de prison ne vous ont pas suffit pour abreuver votre haine, dites-vous qu’elle restera à tout jamais prisonnière de son passé.
Pour une justice libre d’émotions et de parti pris.
Bonne journée.
Mises à jour:
(1/3) suite à mon message et à ceux d’autres membres dans le courant de la nuit, l’administrateur du groupe ayant recueilli 70 000 personnes a ajouté une mention précisant que le but n’était pas un « appel au meurtre ».  Il faut cependant noter que le terme « monstre » vient de leur plume et que de pareils termes n’est pas supposé recevoir des messages gentils et agréables.
(2/3)

Parce que c'est beaucoup trop logique.

(3/3) Suite à plusieurs messages rappelant à l’ordre ( de la part de moi-même et d’autres membres), le groupe a été annulé.

Le droit de manifestation en Belgique: un dictateur président du Sénat

Pourtant Docteur en droit, Danny Pieters a constitué partie civile pour le Sénat contre les jeunes manifestants ayant fait irruption dans le Sénat. Critique de fond et de forme.

Le Sénat de Belgique. Crédit photo: senate.be

« Les Belges ont le droit de s’assembler paisiblement et sans armes, en se conformant aux lois qui peuvent régler l’exercice de ce droit, sans néanmoins le soumettre à une autorisation préalable. »

Les manifestations sont autorisées en Belgique. Loin d’être un simple rassemblement pourtant, le fondement même du droit de manifestation suppose le droit qu’a le peuple pour exprimer ses idées, les faire monter aux hommes qui le gouverne, sans craindre de représailles de leur part.

La liberté d’expression, la liberté de presse, la liberté de pétition, etc. … rejoignent ce droit pour dire « On a voté pour vous, cela ne vous rend pas intouchables pour autant. »

Et pourtant..

En sa qualité de président du Sénat, et de façon relativement justifiée, Danny Pieters a jugé utile de faire arrêter les protestants. Effectivement, il faut empêcher trop de débordements dans un pays civilisé.

Alors, dans sa défense, l’avocat du sénat plaidera l’article 19 de la Constitution, au moins aussi forte que la 26:

La liberté des cultes, celle de leur exercice public, ainsi que la liberté de manifester ses opinions en toute matière, sont garanties, sauf la répression des délits commis à l’occasion de l’usage de ces libertés.

Reste à savoir si lancer des feuilles dans une Assemblée parlementaire est un délit.  Petit tour de Code Pénal.

Art. 275

Sera puni d’un emprisonnement de quinze jours à six mois et d’une amende de cinquante à trois cents [euros]*, celui qui aura outragé par faits, paroles, gestes ou menaces, un membre des Chambres législatives dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de son mandat, (…).
Si l’outrage a eu lieu à la séance d’une des Chambres (…) l’emprisonnement sera de deux mois à deux ans, et l’amende de deux cents [euros] à mille [euros]*. (…)

* à multiplier par un indice, 5,5 il me semble: 275 à 1650€

couplé à l’article 277

Les outrages commis envers les corps constitués seront punis de la même manière que les outrages commis envers les membres de ces corps, d’après les distinctions établies aux deux articles précédents.

Peut-on considérer cela comme un outrage? Pas vraiment. Mais ce sera la question du procès s’il y a.

Mais derrière la question juridique que j’ai effleuré, il y a une question politique. Dans la situation actuelle, au bout de 327 jours après les élections,  il est plutôt compréhensible que des actions soient menées. Les sénateurs sont-ils vraiment responsables du blocage actuel? Pas vraiment. En tout cas, pas à 100%. S’il est vrai que leur opinion compte, le but reste de s’assurer que personne ne soit lésé dans le prochain gouvernement.

Cet agissement est donc très clairement compréhensible. Donc, on peut dire que Mr Pieters, président du Sénat, a eu une réaction disproportionnée par rapport à l’embarras causé. Après tout, 5 minutes d’interruption, ce n’est pas si grave.

La réaction peut même être considérée comme arbitraire: Les tracts auraient été séparatistes, ou N-VA, aurait-il réagi de la même façon? Rien n’est moins sûr! Et puisque ça m’a tout l’air d’être parfaitement arbitraire:

Article 147 du Code Pénal

[tout titulaire de fonction publique], qui aura illégalement et arbitrairement arrête ou fait arrêter, détenu ou fait détenir une ou plusieurs personnes, sera puni d’un emprisonnement de trois mois à deux ans.
  L’emprisonnement sera de six mois à trois ans, si la détention illégale et arbitraire a duré plus de dix jours.
  Si elle a duré plus d’un mois, le coupable sera condamné à un emprisonnement d’un an à cinq ans. (…)

Cela ne fait que montrer à quel point la N-VA n’est pas un parti fondamentalement démocratique. La démocratie s’adresse à tous, et pas seulement aux flamands.

Cela dit, je joins tous mes encouragements aux jeunes protestataires, les félicite pour leur courage et, franchement, l’idée est bien trouvée. J’espère que vous n’encourrez aucune sanction auprès de l’Académie Royale des Beaux-Arts qui devrait vous honorer pour cet esprit démocratique. C’est dit.

Bonne journée!

La Belgique, ou « tergiverser sur des concepts inventés »: De quoi parlent les négociations?

Aujourd’hui, une fois n’est pas coutume, petit tour pour reprendre toute la négociation dans sa globalité, sans rentrer dans les détails. Avis aux non-initiés.

Crédit photo: RTL info

Tous les aspects se mélangent, et les politiciens en parlent sans les situer vraiment dans la « sphère » politique qui maintenant se présente davantage comme un labyrinthe.

Pour clarifier, je vais diviser le sujet en deux grands points: L’argent et la Langue. Bien entendu, beaucoup de choses – comme BHV, par exemple, regroupent un peu des deux sujets; mais là où une discussion relative à l’argent se présente, l’argument avancé est souvent la langue; tout comme lorsqu’il est question de l’emploi d’une langue dans une commune, l’intérêt présenté est bien souvent l’argent.

Quand on les place plus ou moins à égalité, ça a tendance à créer des mélanges idiots; comme traiter les wallons de pauvres ou de parasites, alors que la seule véritable différence qu’il y ait entre les flamands et les wallons… c’est leur langue.

Voilà pourquoi je les sépare distinctement. D’autre part, nous remarquerons que l’argent et la langue sont au centre des conversations depuis longtemps – si longtemps que la politique de l’état en elle-mêm s’est vue transfigurée sur le même schéma.

C’est ainsi que pour l’argent, il sera relativement aisé de rattacher les discussions aux compétences régionales, tandis que lorsqu’il sera question de langue ou de culture, par définition, il sera question des communautés.

L’argent

Tout le monde a entendu parler de la loi de financement. Pourtant, de quoi s’agit-il? Il s’agit d’une loi spéciale, surnommée LSF dans le jargon (loi spéciale du 16 janvier 1989 relative au financement des Communautés et des Régions); une lecture à la fois redondante et obscure, qui fixe le fonctionnement du financement des communautés et des Régions. Les Communautés n’ont aucun pouvoir fiscal, et reçoivent de l’argent du fédéral, tandis que les Régions disposent de recettes fiscales propres.

L’impôt que l’on paye tous est perçue par le fédéral (qui chapeaute les communautés et régions)  qui les redistribue proportionnellement à la contribution. La région qui apporte plus reçoit plus.

Ce modèle peut paraître juste, d’un point de vue extrêmement pragmatique. En effet, et du point de vue des nationalistes, il n’y a pas de raisons que les francophones vivent sur le dos des flamands. Mais encore une fois, la Flandre, par ce biais, pensant s’en prendre aux francophones, s’en prend en réalité aux Wallons. Et c’est différent: parmi les wallons, n’oublions pas les germanophones! Et n’oublions pas que Bruxelles est une région également qui compte son lot de francophones et qui pourtant rame d’un point de vue fiscal, car a besoin de plus de fonds que sa population n’apporte.

Ensuite, il pose un très lourd problème fiscal: en effet, en offrant des régimes fiscaux différents d’un côté du pays comme de l’autre, on risquerait d’exacerber une différence même ténue de financement, et provoquer ainsi la ruine pure et simple d’une région entière, en forçant l’exode d’une région à une autre.

Alors est prévu une solidarité; une sorte de système de vase communicants, dont profitent actuellement les deux régions Bruxelloise et Wallonne.

Mais alors, cela a posé un autre problème! Car si les communautés ne disposent pas d’un fonds propre, et que celui-ci provient du fédéral, il peut y avoir des disproportions d’usages de part et d’autre du pays. En 2001 a alors été pris une négociation concernant ce vase communiquant afin qu’il soit équitable.
Mais les nationalistes veulent davantage, pouvant conduire la Wallonie à perdre… 1 milliard d’euros par an.

Mais tout ce chipotage conduit à un constat: La Belgique s’appauvrit. Toutes ces collectivités politiques nécessitent un gouvernement chacun qui, il faut le dire, doit bien se nourrir.

Alors qu’on a inventé un petit concept – les région – les problèmes se sont succédés d’eux-mêmes en « butterfly effect », conduisant à une impasse. Il est évident qu’à force de vouloir complexifier un problème, on ne va pas le résoudre. Les Flamands pensent payer davantage que la Wallonie? C’est évident! Il aurait suffit que Charleroi soit en Flandres pour que la situation soit différente de ce point de vue.

Il est donc illogique d’avoir séparé les deux communautés encore davantage avec le système des régions. Parce que les Flamands, qui souffrent, nous allons le voir, de ce vieux complexe de langue, trouvent soudainement des arguments économiques à la séparation. C’est un bien trop gros cadeau, et il est temps de leur ouvrir les yeux à ce propos: Nous ne sommes qu’un seul pays, nous ne sommes pas des profiteurs ni des parasites.

Nous demandons également à ce que la situation économique de notre région s’améliore. Mais si c’est le cas, ce ne sera pas par le biais d’une isolation, d’un égoïsme financier.

La Langue

En 1829, la Belgique était hollandaise. Chassés du pays, la bourgeoisie – bien qu’ayant largement profité d’une milice néerlandophone – a voulu affirmer cette différence en faisant l’étalage du français dans la capitale. Un lion retient la France, une langue retient Guillaume D’Orange.

La fière Belgique peut se targuer de profiter de la langue de Molière. Les Flamands, eux, paysans, parlaient la langue de leur choix, mais ne pouvaient guère profiter d’une justice en leur langue.

Puisque l’Histoire a beaucoup d’importance lorsqu’on veut se servir d’arguments mitigés, elle vient au renfort des nationalismes flamands. Nous avons été longtemps lésés.

Il s’avère que du haut de leurs 21 millions de néerlandophones à travers le monde, ils ne mènent pas large.

Ce qui nous amène au problème de la « colonisation linguistique ». Soi-disant, les francophones envahissent la Belgique, d’après l’un des personnages les plus détestables qui soient, Vic Van Aelst.

Avocat de parachutistes, il défend la thèse que, tout comme lorsqu’il était enfant et opprimé par les méchants francophones, ceux-ci piétinaient ses terres et brûlaient tout sur leur passage; en dévorant les animaux, violant les enfants, et parlant français très fort avec des chaussettes dans des sandales à Knokke-le-Zoute.

Je ne vais pas m’étaler sur le sujet – peu intéressant, en somme – de la vérité de ces propos. Je vais plutôt analyser la situation en regard de ce qu’il a à y gagner.

BHV, et les communes à facilité, majoritairement francophones, peuvent voter pour des listes flamandes comme Francophone. Alors qu’il serait pourtant légitime et logique que tout le pays puisse en faire autant, cela semble « de trop » pour les nationalistes.

Pour Me Van Aelst, il est évident que cela ressemble à un agrandissement de la Communauté française de Belgique, et que par ce biais nous allons agrandir la francophonie et réduire la Flandres.

C’est ainsi que l’on fait fonctionner sa démagogie et que l’on accuse la francophonie de vouloir détruire la Flandres.

Ainsi, les électeurs, se sentant opprimés, voudront se défendre contre ça. Bart de Wever, fervent défenseur de l’Esprit Flamand, viendra remettre de l’ordre dans tout ça.

Tant et si bien qu’ils vont refuser de laisser la francophonie être définie comme minorité linguistique! Pourquoi? Parce qu’une minorité linguistique doit être défendue, or pour eux ce serait horrible de devoir tout faire pour la défendre.

Cela montre encore une fois de la ségrégation qui se déroule sous nos yeux: Non, nous ne reconnaissons pas cette minorité, comme ça nous n’avons pas de droit à leur reconnaître. Si, si, nous sommes des humains.

Synthèse

Comme nous pouvons le voir, la Belgique a inventé de nombreux concepts pour céder aux caprices nationalistes. Cependant, il faut tout de même se rendre compte de l’absurdité d’une telle chose: Au bout de bien 20 ans de négociation, rien n’est solide, et plus on accordera plus ils voudront. Il est temps, grand temps, d’oublier les communautés et les Régions, au profit d’une Belgique unie; à l’époque où elle vivait prospère.

La Flandre a bien vécu sur notre dos. Loin de demander un retour ou de récupérer quoi que ce soit, il faut peut-être qu’ils ouvrent les yeux – bon sang, on forme un pays!

Et un sacré bon pays!

Rappel, à bruxelles ce samedi, ce n’est pas un picnic qu’il y aura à Bruxelles. J’espère vous y retrouver.

Bonne journée.

Comme mentionné dans la marge de droite, une quantité astronomique de travail m’empêchera peut-être de publier ces prochains jours.
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