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Une européanisation en proue… et une N-VA à contre-courant.

Les vacances politiques n’ayant pas eu lieu, la fatigue générale se fait ressentir dans les rangs. Grincheux, divisés, chaque homme politique y va de sa petite anecdote.
Au niveau européen, on prépare un système de listes transnationales, qui fait débat. Entre les deux? La N-VA.

Double paradoxe pour la N-VA. Un parti nationaliste paneuropéen, contre les listes transnationales.

La N-VA a encore montré une idiote opposition à une idée qui formait la majorité. Alors que, de façon relativement unique, le parti séparatiste nationaliste se veut paneuropéen,  et surtout y faire progresser leur image -ce qui n’est pas gagné compte tenu de leur façon de traiter les minorités linguistiques – elle s’est opposée à la formation de partis européen transnationaux.

Cela permettrait à des partis européens de se faire élire au sein de plusieurs pays, plutôt que participer au parlement de façon ponctuelle, chacun y allant de la défense de son propre pays, de son propre programme qui ne sera, de toute façon, pas respecté.

Cela n’est certes pas extrêmement grave – la N-VA n’ayant pas tout à fait leur mot à dire à ce propos -, mais permettra peut-être aux autres partis d’ajouter un argument à la liste des « contre » en ce qui concerne l’adoption d’un gouvernement comprenant le principal parti flamand.

Cela n’étant pas gagné, si l’on en croit Kris Peeters. J’ai pourtant bien envie de croire que le parti séparatiste soit esseulé. Malgré le fait qu’on ne peut guère davantage éloigner les deux parties du pays, l’espoir de voir la Belgique sortir de cette crise demeure vivant.

Et ce qui fait me dire ça, ce sont les déclarations de la N-VA.

En effet, si ce parti s’est opposé à la formation d’un Super-État européen, c’est aussi parce qu’ils ont peur de l’effet que cela aurait sur l’idéologie Belge. Si on fédéralise de plus en plus l’Europe, il n’y a pas de raison de défédéraliser la Belgique. D’autre part, cela témoigne de la peur qu’a le parti de devoir subir le contrôle d’un organe qui lui est supérieur, ce qui, sans la formation d’un État Européen, est impossible.

Je ne dis pas que la fédéralisation globale de l’Europe est tout à fait envisageable, bien que l’idée m’enchante. Le mélange de cultures est un argument qui se vaut pour le rattachisme, il se vaudra tout autant pour l’étatisation.

Si les négociations s’enlisent, les pouvoirs de l’Europe, dont l’ambition est maintenant à l’unification, s’exprimeront en faveur d’une unification de la Belgique, ou de la séparation simple et dure entre la Flandres et la Wallonie au profit d’une solution rattachiste avec la France et les Pays-Bas.

La N-VA, armé d’arguments politiques certes convaincants, se veut pro-européenne. Et pourtant, je suis tenté de croire que l’ambition qu’il y a derrière est tout simplement ridicule; si la N-VA ne veut pas se mettre à la disposition de l’Europe, elle veut s’y imposer. Sans vouloir aller trop loin dans l’interprétation, cela pourrait impliquer le refus de certaines mesures, et la demande d’adoptions de textes qui ressortent directement de leurs idées ségrégationnistes… voir même de donner une importance à leur langue sous-représentée.

« Honny Soit Qui Mal Y Pense », comme diraient les anglais, on ne rencontre plus d’avancées importantes dans les négociations depuis bientôt un an. La date du 26 avril, jour de la démission du précédent Premier Ministre et actuel premier ministre en affaires courantes, Yves Leterme, se rapprochant beaucoup trop vite, on peut déjà se préparer à un tonnerre d’articles sur tous les médias du monde pour dire que la Belgique se passe de gouvernement depuis un an.

Ce sera le moment de sortir notre légendaire auto-dérision.

Bonne journée!

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  1. 20 avril 2011 à 10 h 23 min

    Bravo pour votre blog et vos articles intéressants que je viens de découvrir via celui de Belgium4ever. Bonne journée.

  2. Youri
    20 avril 2011 à 12 h 14 min
    • 20 avril 2011 à 23 h 34 min

      Hello Youri, je me contenterai de citer la phrase sur laquelle il base son raisonnement. Le Voka, qui se fait soudainement entendre, de mentionner: « Les idées, les propositions francophones n’ont pas droit à être, tout simplement. »
      Je me demande vraiment de quel droit lui peut dire des choses aussi abominables.

      Je connais vos positions sur la question, c’est pourquoi il était judicieux de votre part de vous contenter de citer cela.

      • Youri
        21 avril 2011 à 11 h 01 min

        Le VOKA est entièrement derrière la NVA qui entraîne le reste (ou presque) de la classe politique dans son sillage.

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