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Archive for avril 2011

Plus de procès pénaux place poelaert… Pour les mettre où ensuite?

Avez-vous visité le Palais de Justice? Les Chambres civiles ayant été déjà déplacées dans un bâtiment « ikéa » à 50 mètres de là, le tribunal de commerce de l’autre côté de la place… Il n’y aurait plus alors que quelques procès résiduels au séculaire palais de justice. 

Palais de Justice de Bruxelles, place poelard. Photo personnelle.

Symbole de la grandeur de la Belgique nouvelle au sortir de la Révolution, un ministre CD&V veut le rendre plus anecdotique encore.

Alors que peu de procès civils s’y déroulent, le tribunal de première instance civile se situant à côté de celui-ci (en modèle moderne), le tribunal de commerce et de travail de l’autre côté de la place. Quelques procès correctionnels et une Cour d’Assise y font sa réputation.

Point culminant de Bruxelles, surplombant la ville toute entière, le palais se verrait évincé, au profit d’une autre utilisation; et ce, pour des raisons de sécurité.

Je me demande à quel point la sécurité du Palais est-il bas si il doit justifier des frais inutiles à la construction d’un nouveau bâtiment.

Ce qui doit hérisser Mr De Clerck, c’est que l’essentiel des gravures s’y trouvant sont inscrites en français: en effet, à l’époque il aurait été mal vu de parler la langue de celui qu’on a justement pourchassé.

Alors, serait-ce un geste symbolique, voulant réduire la grandeur de la Belgique à rien? Ou abaisser le dôme pour que celui-ci ne surplombe plus les gouvernements qui se veulent tout permis? Ou juste rendre désuet le symbole même de la révolution contre Guillaume d’Orange?
Et si ce n’est rien de tout ça; les travaux de la façade ayant dû être arrêtés, faute de budget, abandonnant un échafaudage – peut-être devenu inutilisable depuis lors – peut-on décemment construire un autre bâtiment – qui sera sûrement ikéa aussi – pour remplacer un chef-d’œuvre de l’architecture?

Alors qu’au parlement est voté une loi contre les habits couvrant le visage dont la sécurité juridique reste à démontrer : il faut savoir que cette loi, si elle ne fait l’objet d’aucun antécédent (et pourtant de nombreux débats) en France, en Belgique une telle règle a déjà été annulée par le Tribunal de Police d’Eterbeek, le 26 janvier 2011.

Cette annulation est effectuée en vue des griefs exposés: L’article 9 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme, garantissant la liberté de culte chez soi et dans les espaces publics.
Et pourrons-nous décemment interdire une personne de se protéger contre le vent ou le froid en hiver? Qui n’a jamais mis son écharpe sur le nez en période de grand vent neigeux?

Si la loi ne le dit pas spécifiquement, les débats parlementaires sont clairement dirigés dans ce sens: cette loi vise à interdire de le port du niqab et de la burqa.

Elle soulève donc un débat que nous risquerons de retrouver très prochainement dans la Cour Européenne des Droits de l’Homme, aussitôt que quelqu’un aura reçu une amende à ce propos. « Cette loi nuit à ma liberté de culte! » . Et, malgré qu’il soit évident  que ces tenues vestimentaires réduisent les femmes à moins qu’humains – comme le fait remarquer le débat parlementaire – le visage symbolisant l’humanité, recouvrir totalement celui-ci réduit l’humanité de la personne en question.

Cette loi, d’ailleurs, va-t-elle encourager les femmes islamiques à sortir découvertes? Non! Elle va surtout les empêcher de sortir, déportant le problème plus loin. Et il ne suffira pas de mener des actions sociales: en effet, quelle genre d’action sociale peut se permettre de demander à une femme de renier son culte?

Excellente journée à tous!

België Barst… de Wever?

« Barst » de Wever pour un autre mandat de formateur de gouvernement? Il a déjà échoué dix jours durant, réussira-t-il en lui accordant plus de temps?
Alors qu’il y a un an que la Belgique retient son souffle, Paul Magnette soulève que « si on isole la n-va, on va la renforcer »… analyse.

België Barst, disaient-ils, avant qu'ils n'aient effectivement le pouvoir de le faire.

« Le Tisserand » se dénoue de l’Europe de plus en plus. Contestant les idées européennes, multipliant les déclarations douteuses, la mauvaise foi… Paul Magnette jugerait plus efficace de les laisser prendre le pouvoir afin de les regarder, amusé, se casser la figure.

Peut-on prendre un tel risque? Certes, il est évident que, malgré qu’ils soient entourés d’économistes, la défense de leurs idées passent par un mensonge évident qui, au pouvoir, ne saurait être appliqué. Mais des partis nationalistes au pouvoir, il y en a déjà eu des réussis, qui ont mené à des drames insupportables, qu’on ne peut laisser voir appliquées ici.

Si Bart de Wever est effectivement dans la formation gouvernementale, rien ne nous prouve que sa mauvaise foi ne durera pas jusque là… faire supprimer le vote obligatoire, et alors rencontrer les résultats Français (à savoir des votes « militants » ), prendre des mesures préparant à une séparation, sinon une séparation effective.

Peut-on prendre ce risque? Non. Ce n’est pas parce que la méthode de l’écartement n’est pas efficace ailleurs que ce n’est pas la bonne méthode. D’ailleurs, si l’écarter ne fait que la renforcer, le résultat final sera le même que si on l’accepte dans le gouvernement… à part qu’on aurait montré que la société n’est pas bâtie pour permettre un nationalisme.

Même sur le long terme, où l’on pourrait imaginer un vote de sanction plus rapide si on laisse la N-VA former un gouvernement, il n’est pas certain non plus que l’écartement pur et simple, dans notre cas, mènerait à un vote de sanction. « Ils ne sont même pas parvenus à s’imposer dans le pouvoir en place… » Je pense que dans le cas de la Belgique, il y a une autre conscience que celle des autres états. Au delà de respecter ses promesses, il y a celle de la défense de sa légitimité au pouvoir, puisqu’avec le vote proportionnel on peut voir apparaître des gouvernements à l’opposition.

Peut-on imaginer une N-VA prendre nos décisions à l’europe? Non! Sur la durée de son mandat, il y aura suffisamment de décisions importantes à prendre, et donc des divisions entre la le parti séparatiste et les autres partis, majoritairement européens. Cela déportera vers d’autres débats parlementaires sur l’appui de ces mesures et donc, sincèrement, une bête perte de temps.

C’est vrai, quitte à le voir disparaître, autant essayer de s’arranger que cela se passe tout de suite… toute théorie de sciences politiques qu’il s’agisse, il ne faut pas oublier les maths: Dans un cas, la n-va est écartée, et on la retrouve (peut-être) dans trois ans; dans un autre cas, la n-va est gardée, et on est pas surs de la perdre dans trois ans, avec les dégâts en prime.

Si la finalité est de la voir disparaître, le premier est cas est, mathématiquement, plus valable.

Alors, permettre à la N-VA de reprendre les négociations? C’est idiot. On ne va pas retourner à un cortège, nous ne sommes pas des poissons rouges qui tournent dans leur bocal: encore une fois il y aura refus net des francophones, et encore une fois ce sera de leur faute si aucun gouvernement n’est formé.

À côté de cela, le rappel du CD&V est qu’ils suivront le parti séparatiste si celui-ci veut d’un gouvernement. Il me semble plutôt évident, pour l’avoir démontré à plusieurs reprises, qu’il ne s’agit pas là de leur intention.

Si l’on veut d’un gouvernement valable, il faudra un gouvernement sans nationalisme, et si possible sans le prof d’histoire.

Bonne journée!

Pourquoi la Flandre et la Wallonie ne se sépareront pas (tout de suite)

#1anSansGouvernement (Article Anniversaire) 

Un an. Un an que Mr Leterme a déposé sa démission auprès du Roi. Il n’y a toujours aucun accord gouvernemental. Est-ce un synonyme d’échec? Il serait temps de l’envisager. Petit rappel de fond sur les raisons de ce blocage; est-ce une preuve de l’inséparabilité de la Belgique? 

Yves Leterme a déposé sa démission il y a un an... Et il est toujours premier ministre. C'est pas un record, ça?

Nous savons pourquoi le gouvernement s’est scindé. Un désaccord concernant un texte constitutionnel et le sort de BHV, l’Open VLD se retire du gouvernement, le texte est déposé, et le parlement est régulièrement dissous. Leterme remet sa démission au Roi, celui essaye d’arranger le problème pour finalement accorder la démission 4 jours plus tard.

La scission de BHV. L’un veut, l’autre refuse. L’un veut que l’on respecte le territoire, l’autre la langue (voire le choix) de ses habitants. Deux idéologies qui s’affrontent, diamétralement opposés. Et pourtant, c’est une question plus profonde qui est directement posée – et si la Belgique se séparait?

Bye – Bye Belgium, disait la RTBF. Ceux qui y ont cru savaient qu’il fallait s’y attendre, ceux qui n’y ont pas cru savent qu’il faut s’y attendre. Pas de solution envisagée, pas de plan de réforme, toujours en désaccord.

Cela dure depuis des décennies.

Depuis que, gouvernement sur gouvernement, démissions sur démissions, l’on essaye de forcer la main, d’envisager une séparation un petit peu plus grande à chaque fois. D’abord les communautés, défendre sa langue et sa culture, contre celle de l’autre.

Ensuite, les régions, faire valoir son patrimoine et son capital, son argent, contre ceux qui en ont moins, ou ceux qui veulent y porter atteinte.

Petit à petit, les différents hommes politiques qui se sont succédés ont essayé, point par point, petit à petit, de déchirer la Belgique, juste là, en dessous de Bruxelles. Là où on en est, maintenant? Tirer la déchirure vers le haut, ou vers le bas, pour garder le pourtour de Bruxelles; élargir encore l’abîme avec de nouvelles compétences, creuser la tranchée avec des slogans, des actions, des affiches enlevées, des signaux routiers barrés, des postes changés.

Voire même des choses incroyables, comme l‘interdiction de parler français dans des bureaux de poste.

Pendant un an, un gouvernement provisoire a tenu la Belgique en parfait état de fonctionnement. Oui, la Belgique est un des rares États à afficher un bilan positif cette année. Économiquement parlant, ce gouvernement fonctionne. Alors pourquoi se retrancher derrière des négociations? Celles-ci sont clairement inutiles, puisque le pays tourne sans.
À côté de cela, malgré les rares manifestations séparatistes (qui regroupent quelques dizaines de personnes pas plus), la Révolution des frites, Shame ou Camping 16, regroupent des milliers de personnes. Y a-t-il une façon plus claire encore de dire au gouvernement: Non, nous ne voulons pas nous séparer! Ni un peu, ni beaucoup!

Pourtant, si accord était effectuée sur la Réforme de l’État, est-ce que tout ce séparatisme cesserait? Non, bien entendu. Alors, la Flandre en demandera encore plus, et par la Flandre, j’entend les partis qui en ont fait leur credo. On a deux cas; soit les négociations se poursuivent avec la N-VA, soit sans.

« Impossible de faire sans la N-VA, sans la N-VA il n’y aura pas la réforme de l’État » pouvait-on lire de la part de la Voka ou du CD&V… Je vais citer une deuxième fois un même article, mais dans celui-ci la N-VA n’est pas cité. Donc la Réforme n’est pas l’apanage du parti séparatiste, au contraire.

Et si la N-VA faisait partie du gouvernement? Un gouvernement Nouvelle-Flandre ne se fera pas dans l’intérêt du pays, et des mesures de plus en plus séparatistes seront prises jusqu’à ce que les Francophones fassent ce que l’Open VLD a déjà fait; scinder le gouvernement. Il en a le pouvoir, et il le fera si celui-ci constate que la N-VA fait tout pour scinder le pays. Retour à la case départ.

Alors que si on envisage un abandon de la réforme de l’État, et même une unification du pays, peut-être pour démarrer sur une autre réforme – une réforme budgétaire pour ceux qui soutiennent une inégalité de ce côté, par exemple – peut-être que la tabula rasa saura se montrer efficace?

D’accord, chi va piano va sano e va lontano, mais 1 an sans gouvernement?

Cela fait un an que:

  • Nous n’avons plus que des mesures habituelles, urgentes ou courantes qui sont prises. Aucune loi qui soit utile, qui suive l’actualité, qui soit un tant soi peu moderne!
  • Est-ce que les arrêtés ministériels qui nomment les entreprises/sociétés peuvent se donner? Sûrement, en affaires habituelles, ou urgentes… Mais il faut motiver tous les arrêtés!
  • La légitimité d’un tel gouvernement n’est pas démontrable! Un gouvernement démissionnaire d’un an, ce n’est plus un gouvernement démissionnaire, ça devient de l’intérim… Il a fallu donner des compétences spéciales à Mr Leterme pour qu’il puisse gérer le budget.
Si ces négociations aboutissent, s’ils aboutissent un jour, ils ne donneront rien de bon sur le long terme; et j’en veux pour preuve le fait que d’autres négociations ont abouti par le passé et n’ont pas tenu. Parce que le problème avec les extrémismes, c’est qu’ils ne font pas dans la demi-mesure… et donc, sont totalement contraires avec le concept même de négociation.
Alors, nous sommes peut-être à une sorte de croisée des chemins, même si celui-ci est loin derrière nous. Soit nous continuons vers les voies du séparatismes, dont l’élargissement des compétences régionales et la scission de BHV n’en sont que l’antichambre; soit nous abandonnons cette stupide idée et essayons de repartir vers une fraternité. Et pourquoi pas? Peut-être devenir nationalistes, avec nos voisins du Nord, un nationalisme paneuropéen.
Excellente journée à vous, et bon anniversaire à notre Belgique qui a le profil bien bas.

The Kingdom

Demain, la Belgique sans gouvernement fêtera sa première année. Une année durant laquelle absolument rien n’a été fait. Révolution des Frites, chansons, rien n’a suffi à être entendu par les hommes politiques qui décident pour nous de ce qu’est la Belgique.
Petit patriotisme, la veille de la première année, pour garder à l’esprit que la Belgique, ce n’est pas qu’une question de dispute, c’est aussi un peu de fraternité.

Demain, une première bougie sera soufflée. Prions pour qu'il ne s'agisse pas de la bougie d'Amnesty.

Malgré la flagrante vision d’une situation négative, d’une politique qui se prépare à scinder le petit pays tout jeune pourtant, l’esprit Belge demeure, tel un cœur au sein de sa vie, battant et chaleureux.  La Division, Pas en notre nom! Pouvait-on scander aux Révolutions de la Frite. Ou encore: Eenheid – Unité!

En traversant certaines grandes villes, Bruxelles comprise, on peut voir de vieux drapeaux moisis par la pluie traîner sous les fenêtres. Cela fait si longtemps que nous nous battons pour son unité. Déjà, dans les sixties, quand les français usaient les routes, « sous les pavés la plage », les jeunes flamands disaient, plutôt, « Walen Buiten ».

Oui, depuis des années nous déplorons cette idéologie, marginale jusqu’ici, qui gangrène la Belgique.

C’est alors que, depuis un an, plus rien n’avance.

Il faut se rendre à l’évidence, il y a une chose qui ne fonctionne pas, c’est le gouvernement en plan de réforme. « Pas de gouvernement sans la N-VA, parce qu’après, il faut réformer l’État ». Ce n’est pas impossible sans la N-VA et, de toute façon, cette réforme est une stupide idée. C’est tout à fait normal qu’ils ne parviennent pas à s’accorder si celui qui a le pouvoir dit des inepties.

Les partis francophones sont facilement qualifiés de lâches, d’inefficaces, de mener une politique qui, transposée dans une entreprise, mènerait à la faillite de celle-ci. Pourtant, des deux côtés, des hommes politiques chevronnés se tiennent. Un seul est tout nouveau dans le secteur. Inutile de préciser lequel.

Petite remarque par rapport à la date annoncée par la presse. Celle-ci soutient que l’anniversaire serait un 22 avril. Cela est faux. Officiellement, la démission de Mr. Leterme a effectivement été déposée un 22 avril, mais n’a été acceptée que le 26. C’est toujours ça de pris.

Bonne journée!

Une européanisation en proue… et une N-VA à contre-courant.

Les vacances politiques n’ayant pas eu lieu, la fatigue générale se fait ressentir dans les rangs. Grincheux, divisés, chaque homme politique y va de sa petite anecdote.
Au niveau européen, on prépare un système de listes transnationales, qui fait débat. Entre les deux? La N-VA.

Double paradoxe pour la N-VA. Un parti nationaliste paneuropéen, contre les listes transnationales.

La N-VA a encore montré une idiote opposition à une idée qui formait la majorité. Alors que, de façon relativement unique, le parti séparatiste nationaliste se veut paneuropéen,  et surtout y faire progresser leur image -ce qui n’est pas gagné compte tenu de leur façon de traiter les minorités linguistiques – elle s’est opposée à la formation de partis européen transnationaux.

Cela permettrait à des partis européens de se faire élire au sein de plusieurs pays, plutôt que participer au parlement de façon ponctuelle, chacun y allant de la défense de son propre pays, de son propre programme qui ne sera, de toute façon, pas respecté.

Cela n’est certes pas extrêmement grave – la N-VA n’ayant pas tout à fait leur mot à dire à ce propos -, mais permettra peut-être aux autres partis d’ajouter un argument à la liste des « contre » en ce qui concerne l’adoption d’un gouvernement comprenant le principal parti flamand.

Cela n’étant pas gagné, si l’on en croit Kris Peeters. J’ai pourtant bien envie de croire que le parti séparatiste soit esseulé. Malgré le fait qu’on ne peut guère davantage éloigner les deux parties du pays, l’espoir de voir la Belgique sortir de cette crise demeure vivant.

Et ce qui fait me dire ça, ce sont les déclarations de la N-VA.

En effet, si ce parti s’est opposé à la formation d’un Super-État européen, c’est aussi parce qu’ils ont peur de l’effet que cela aurait sur l’idéologie Belge. Si on fédéralise de plus en plus l’Europe, il n’y a pas de raison de défédéraliser la Belgique. D’autre part, cela témoigne de la peur qu’a le parti de devoir subir le contrôle d’un organe qui lui est supérieur, ce qui, sans la formation d’un État Européen, est impossible.

Je ne dis pas que la fédéralisation globale de l’Europe est tout à fait envisageable, bien que l’idée m’enchante. Le mélange de cultures est un argument qui se vaut pour le rattachisme, il se vaudra tout autant pour l’étatisation.

Si les négociations s’enlisent, les pouvoirs de l’Europe, dont l’ambition est maintenant à l’unification, s’exprimeront en faveur d’une unification de la Belgique, ou de la séparation simple et dure entre la Flandres et la Wallonie au profit d’une solution rattachiste avec la France et les Pays-Bas.

La N-VA, armé d’arguments politiques certes convaincants, se veut pro-européenne. Et pourtant, je suis tenté de croire que l’ambition qu’il y a derrière est tout simplement ridicule; si la N-VA ne veut pas se mettre à la disposition de l’Europe, elle veut s’y imposer. Sans vouloir aller trop loin dans l’interprétation, cela pourrait impliquer le refus de certaines mesures, et la demande d’adoptions de textes qui ressortent directement de leurs idées ségrégationnistes… voir même de donner une importance à leur langue sous-représentée.

« Honny Soit Qui Mal Y Pense », comme diraient les anglais, on ne rencontre plus d’avancées importantes dans les négociations depuis bientôt un an. La date du 26 avril, jour de la démission du précédent Premier Ministre et actuel premier ministre en affaires courantes, Yves Leterme, se rapprochant beaucoup trop vite, on peut déjà se préparer à un tonnerre d’articles sur tous les médias du monde pour dire que la Belgique se passe de gouvernement depuis un an.

Ce sera le moment de sortir notre légendaire auto-dérision.

Bonne journée!

Être rattachiste maintenant, c’est être séparatiste.

Eric van Rompuy, à son retour d’Allemagne: « Avons-nous encore de vrais dirigeants au nord et au sud de ce pays? », belle hypocrisie! Cela paraît difficile de croire qu’il s’agit d’un trait d’humour, visiblement stérilisé, et lui-même est pourtant partisan du coup de pied dans la fourmilière quand cela n’est pas nécessaire.
En lisant les commentaires et la presse, je constate que, de plus en plus, la situation devient risible et insoluble. Reprise des éléments de ces derniers jours, pour montrer que la Belgique n’est plus qu’un dessin sur une plage, et que la vague est en route.

La Mer du Nord. La Belgique est au loin, au large... Crédit photo: Xiiime.

 Nous avons pourtant proposé des solutions. Peut-être ne sont-elles pas meilleures, mais il y en a.
Dans l’hypothèse où demain, ils trouveraient un accord,  un parti nationaliste en redemanderait davantage, trouverait un argument, parce qu’il y a toujours un argument pour être nationaliste.

La Belgique est un pays compliqué. Pas plus tard que ce matin, je pouvais lire, quelque part – je l’ai d’ailleurs twitté – « Halte à la dictature gouvernementale! Manifestation le 23 avril contre l’interdiction de fumer dans les cafés. »

Et là, double constat. D’une part, il ne s’agit pas d’une décision gouvernementale, mais d’un arrêt de la Cour Constitutionnelle. Ça ne change pas grand-chose, d’un côté, mis à part que ça peut difficilement relever de la dictature.

Mon autre constat est un rien plus négatif. Il a oublié que nous n’avons pas de gouvernement depuis un an. Et que ce qui nous sert de marionnettiste aveugle est un gouvernement qui n’a certainement pas les compétences pour adopter une loi aussi bénigne. Depuis le temps, il est probable que l’essentiel des affaires courantes soient traitées au profit des affaires urgentes et habituelles, donc cette loi n’en fait probablement pas partie.

La Belgique serait-elle trop compliquée? Sa population peut-elle véritablement voter « juste » si elle ne sait même pas comment son pays fonctionne?

Et pourtant, des blogueurs, des gens qui comprennent, des gens qui ne comprennent pas, tiennent à leur Belgique. Elle n’est pas si vieille, en soi – même si l’on parle d’une Beglicae depuis l’antiquité – et ne résulte que de moult guerres pour faire valoir ses droits. Droits piétinés par l’Histoire.

Je n’aime, d’habitude, pas parler de l’ésotérisme politique – même si c’est défendable – parce que la politique n’a vraiment d’effets que lorsqu’elle forme une majorité, ou un plébiscite suffisant pour être représenté.

Mais certains défendent l’idée que la France et la Belgique devraient se rattacher.

Et, au gré des vagues des crises politique, cela peut impliquer beaucoup de monde, et cesser d’être un ésotérisme politique. Par exemple, un sondage de l’IFOP diffusé par Le Soir* montre un record de 50% en 2008. Ils étaient 32% en 2010, selon le Figaro*. À peu près autant que la N-VA, la même année.

C’est une solution qui en enchante certains, défendue depuis avant même la naissance de la Belgique. Elle s’explique, entre autres, par des intérêts économiques et culturels. On accordera que nous partageons la langue, une histoire commune, un code civil en commun, une constitution d’inspiration commune.

Nous sommes des rejetons de la France, agglutinés à la Flandre, qui nous rejette ardemment. J’accorde que nous sommes moins Flamands que francophones, et j’admets également que l’idée d’habiter une des plus grandes puissances mondiales serait sympathique d’un point de vue économique.

Paris et sa beauté, son histoire, les côtes niçoises et leurs stars, les montagnes et leurs stations de ski, la Bretagne, si poétique, la côte atlantique, le Périgord… La France est un pays magnifique, où se mélangent des cultures et des accents, qui nous transportent dans l’histoire et dans les rues étroites de ses vignobles.

Mais la Belgique n’est pas la France. La Belgique, Anvers, Bruxelles, Charleroi, Liège; ces villes ne sont pas françaises.

Il serait absurde d’imaginer une Flandre en France. La N-VA aurait un coq un rien plus large à avaler, mais compte tenu de leur mauvaise foi, ils pourraient bloquer des négociations  qui n’ont même pas lieu d’être dans un pays où le vote est uninominal et majoritaire.

Il est donc évident que ces résultats témoignent, dans le chef de ceux qui l’ont souscrit, d’une volonté de se séparer avec la Flandre.

Dans l’état actuel des choses, dans une Belgique brouillée mais pas détruite, dans une séparation de fait – il faut admettre que la régionalisation est, dès le départ, une séparation – mais pas de droit, parler de rattachisme est un peu anticipé, sinon prématuré.

Parler de réunionnisme est, en réalité, prévoir l’éventualité d’une séparation avec la Belgique. Et se montrer rattachiste maintenant, ce n’est pas prévoir la meilleure solution envisageable maintenant, mais prévoir la dernière solution envisageable à tout jamais.

Le plan-B, comme l’appellent les journalistes politiques et les politiciens eux-mêmes, n’est pas à proprement parler la meilleure solution, d’un autre point de vue que celui du principal parti séparatiste.

Les autres partis flamands veulent-elles d’une séparation? Rien n’est moins sûr. Le dossier aurait déjà été déposé sur la table depuis longtemps. Ils se seraient réunis et auraient obtenu cela d’emblée.

Et Bruxelles, dans tout ça? Wallonne, Flamande? Je pense que l’on peut être unanimes à ce propos, par deux points. Premièrement, Bruxelles est principalement francophone. C’est amplement suffisant, à vrai dire. Deuxièmement, et là il s’agit d’une question de logique, ce n’est pas la partie qui désire se retirer qui va décider de comment ça se passe. Si la Wallonie va accorder à la N-VA une séparation légale de la Belgique, elle ne va aucunement concéder Bruxelles.

Si l’on en croit la jurisprudence internationale, il y a de fortes chances pour que le sort de Bruxelles soit, à terme, décidé par les cours compétentes. Mais je ne vois pas en quoi ces cours auraient intérêt à aller à l’encontre du choix populaire. Si une répartition de la ville même n’est pas envisageable – imaginez le bordel – ils se contenteront d’appliquer le principe général qui veut que l’on se fiera aux limites régionales pour former la séparation. La Flandre se sépare, elle se sépare par sa région uniquement.

La séparation est encore relativement utopique, cela dit. Ce qui est utopique également, c’est la possibilité d’une Belgique unie. Comprenez que nous sommes pile à mi-chemin entre les deux, et qu’il appartient aux négociateurs ou aux électeurs – s’ils ont encore leur mot à dire – de choisir la direction à prendre.

La mienne est déjà toute choisie, et déjà largement défendue dans ce blog, je suis pro-belgique, et je défendrai ce point de vue aussi longtemps qu’elle existera.

En conclusion, suite à ce court réquisitoire – ou cette longue argumentation – je réponds aux propos d’Eric Van Rompuy. Est-ce qu’on a encore des dirigeants, oui! Mais ces dirigeants dirigent-ils encore quelque chose? Les négociations avanceraient, on serait tentés de dire qu’ils dirigent les régions en défendant leurs intérêts. Mais actuellement, il s’agit d’une bagarre politique de trois lustres qui ne concerne plus que la caste politique. Non pas que les belges n’y voient pas leurs intérêts, mais tout simplement parce qu’ils ont cessé de comprendre, ou même d’essayer de comprendre, un pays qui leur glisse entre les doigts.

Bonne journée à tous!
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Note de bas de page
* J’émets de nombreux doutes quant à la valeur de ces statistiques. Seuls 500 francophones ayant été sondés, il est difficile d’attribuer à ces 500 personnes la représentation des francophones de Belgique. J’ajouterais que pour peu que cette statistique ait été effectuée dans le Hainaut, où le FN enregistre ses meilleurs votes, ce chiffre trouverait une explication à la fois logique et malencontreuse. Ces chiffres sont donc cités à titre indicatif.

C’est trop injuste! (A.K.A L’allégorie de la Montgolfière)

Ce matin, Laurette Onkelinx, vice-premier ministre, qualifie De Wever de Caliméro. Les choses se précipitent dans la classe politique: d’une part le rapport semestriel doit être déposé à l’Europe, d’autre part les négociations sont à nouveau bloquées, et enfin nous arrivons bientôt à l’échéance donnée par Wouter Beke et par la N-Va.

Wouter Beke, CD&V, négociateur Royal, déçoit les francophones et ne s’accorde plus qu’une dizaine de jours pour résoudre le casse-tête.

Bart de Wever, le Caliméro politique. « J’aurais préféré que l’on me consulte » à propos du programme de réforme qui doit être remis à l’Europe. Il a été consulté.

Il y a un peu moins d’un mois, la N-VA (Jan Jambon) lançait un ultimatum, 6è du nom. « Nous attendrons le suivant. » Ça c’est de la fermeté.

Pendant que la N-VA devrait se rendre à l’évidence de l’inaccessibilité de son parti au pouvoir, elle continue à bloquer la situation, comme des gamins qui ne veulent pas voir arriver quelque chose qu’ils redoutent. Ils aiment mieux faire preuve de mauvaise foi que laisser un gouvernement stable se former.

Misère! Ce serait la fin du séparatisme!

Plus loin, en France, là où la langue de Molière est mise à l’honneur, on fait une nouvelle gaffe:

 

Les Galeries Royales Saint-Hubert, c’est bien à Bruxelles, ça, non? Bruxelles, c’est la Flandre, maintenant?

Celle-ci, après après la carte de TF1:

 

La preuve irréfutable que la TF1 préfère fabriquer ses propres cartes que chercher sur Google.

C’est à se demander si c’est une bonne idée de mélanger la Wallonie de la France. Ils pourraient se dire: « Oui, on accepte la Wallonie en France, comme ça on a la Côte Belge! ».

Quel intérêt, pour nous, de rejoindre la France? Absolument aucun. Je ne veux pas d’un président et encore moins de leurs bagarres politiques qui sont en totale rupture avec notre façon de mener un débat politique. Nous, on se dispute PUIS on forme un gouvernement, pas l’inverse… je ne dis pas que c’est mieux.

Et quel intérêt pour les Français d’ajouter la Wallonie? On leur a demandé leur avis, aux Français? Ce serait injuste pour eux…

Abandonnons cette idée loufoque, l’Europe n’a guère besoin de mettre Bruxelles à Paris, pas plus qu’à Amsterdam. La Belgique, c’est le cœur de l’Europe, et la N-VA veut propulser la Flandre sur la scène européenne … en empêchant son propre gouvernement de déposer ses budgets.

La ségrégation linguistique, c’est bien interdit par l’Europe, il me semble. En total désaccord avec l’idéologie Européenne, la N-VA n’a absolument aucune chance de s’y imposer.

La N-VA continue son voyage de mauvaise foi, pour mieux maintenir la montgolfière au sol. Et tant qu’on restera arrimés, les partis auront beau actionner le brûleur pour former une coalition cohérente, il y a encore cette lourde masse à bord qui les entravent dans leur périple.

Et cette lourde masse sait très bien que si elle partait, si on larguait du lest, la montgolfière s’élèverait. Et pendant qu’ils hurlent tous: Allez, Aide-nous à grimper! Lui, comme menace, dit: « Non. Si vous n’acceptez pas, je sors de la nacelle », alors que c’est aussi une solution…

Voilà pourquoi la N-VA refuse de partir. Ils sont parfaitement conscients que s’ils partent, les autres partis se débrouilleront sans lui.

Alors, cet ultimatum, Mr De Wever? On se dégonfle?

 

Encore un café sur un ton relativement léger. Bonne journée.

 

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