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Archive for mars 2011

Encore 4 ou 5 mois? Chastel: OUI !

Nous avons touché le fond: même les politiciens ne croient plus en un arrangement proche ou éventuel. Olivier Chastel (Mouvement Réformateur) voit encore des négociations pour 4 ou 5 mois durant, avec grande certitude. C’est inacceptable.

Après avoir expliqué la crise politique, et avoir découvert et étalé ses effets, et même d’avoir proposé une solution, je suis scandalisé de voir cet article de l’Avenir reprenant quelques interviews de politiciens à propos de la situation actuelle en Belgique.

Non, nous n’aurons pas de gouvernement légitime de plein pouvoir avant les vacances scolaires d’été. Peut-être même pas avant la rentrée scolaire. Pour noël?  Nos politiciens se seraient-ils habitués à cette situation? Ont-ils, eux-même, cessé de combattre au profit d’une situation intermédiaire, attendant les prochaines législatives?

Cela me conforte dans l’idée qu’il faut faire table rase.

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Comment avoir confiance en des incapables?

D’après le GFK Academy, reporté par le vif seulement 13% des Belges font confiance aux politiciens. Pendant ce temps, aucune nouveauté n’est annoncée de la part des concernés.

Leterme déclarait, il y a quelques jours de cela: « De Wever a échoué.», son gouvernement en affaires courantes pouvant se vanter d’une certaine efficacité. Le concerné a alors répondu

Il s’agit là de la seule chose pour laquelle le Nord et le Sud du pays sont d’accord: nous n’avons pas d’espoir que cette situation se dénoue; et si elle se dénoue, ce ne sera pas dans notre intérêt.

De nouvelles élections législatives est-il envisageable?

Non, pas du tout. Cela ne ferait que déporter le problème, le reporter à plus loin. Ce qui pourrait être fait, c’est un référendum, par vote majoritaire, demandant au peuple quel type de consensus adopter; puisque les politiciens sont incapables de se mettre d’accords entre eux, autant laisser le peuple se débrouiller. Cependant, la validité légale d’un tel consensus reste à prouver.

Et quelles sont les nouvelles?

Le Chef du cabinet du Roi, Jacques Van Ypersele, qui était déjà celui du Roi Baudouin 1er, homme âgé mais d’une grande connaissance du pays, pourrait se voir évincé de son poste; parce que certaines voix (encore anonymes) l’accuseraient de ne pas être assez efficace. Ce n’est, techniquement, pas son boulot de résoudre la situation, donc sa responsabilité n’a pas vraiment à être engagée, mais la palpitante actualité politique Belge (oui, même moi emploie un ton sarcastique) fait qu’il faut forcément trouver un responsable et une raison.
Van Yp’ est au chef du cabinet depuis 1983, il aura donc connu les tensions politiques depuis sa source.

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La Guerre contre soi-même

Bonjour,

Ces derniers jours, le Japon vit dans un enfer, d’eau, de terre et maintenant, de radioactivité. La liberté de la Libye est insultée et observée de loin, avec espoir.

Cet espoir est bafoué par des accusations. Al-Qaida est accusé de commanditer les révolutions du printemps arabe. Ce mot est si beau, printemps arabe. Le printemps évoque la renaissance.
Ces accusateurs ne savent peut-être pas qu’Oussama Ben Laden est loin de faire l’unanimité auprès des musulmans. Cet homme associe les musulmans à des terroristes, provoquant la peur partout, également en France, où une discussion qu’on pourrait apparenter à l’interdiction de cette religion est en cours.

Et pendant ce temps, un japonais suffoque, emporté par une vague plus haute que deux fois sa taille.

La bourse du Japon s’effondre. Esseulés par le capitalisme dominant, principal objectif d’Al-Qaida. Tel est le constat d’une société dans le déclin; qui sont les gentils, qui sont les gentils? Ce n’est jamais aussi simple.

Et personne ne viendra rien changer à cela.

La crise politique belge pour les nuls

Nombreux sont ceux qui n’y comprennent rien. Et ils ont raison, le problème est à la fois compliqué et tortueux, autant que l’était le système politique Belge. Ce problème tire ses sources dans l’Histoire…

Carte pour se repérer

Contrairement à ce que TF1 a affirmé le 26 avril 2010, les Régions de Belgique se présentent comme ceci:

Carte des régions Belges. Crédit : Wikipédia. Attention ! Le texte « Flandres » est une francisation abusive du nom réel, « Vlaanderen »

Bref historique et un peu de politique

Tout a commencé dans les années ’60, lorsqu’une crise économique frappe la Wallonie de plein fouet. Celle-ci, jusqu’alors riche et florissante, voit ses chiffres baisser.

Prenant doucement le dessus, la Flandre demande une juste réforme. Les Communautés sont nées, visant à défendre la culture de sa communauté. Cette collectivité politique fédérée (= façon de réunir des individus, dans un même état fédéral) a, maintenant, pour compétence:

  • Matières culturelles (théâtres, cinémas, festivités, etc. …)
  • Enseignement (sauf la durée de l’obligation scolaire)
  • Matières personnalisables (qui sont susceptibles de devenir propres à l’un des autres ensembles; par exemple l’emploi des langues dans la médecine)
  • Emploi des langues.

(art. 127 à 130 de la Constitution et art. 4 et 5 de la loi spéciale du 8 août 1980)

Elles n’étaient pas aussi larges à l’époque, puisque les compétences ont été élargies entre-temps. Ces communautés sont au nombre de 3:

  • Communauté Française (comprend Bruxelles) (Attention, le nom « Communauté Wallonie-Bruxelles » est de la manipulation politique visible sur le site du Parlement Wallon et n’a aucune référence dans la Constitution)
  • Communauté Flamande (comprend Bruxelles) (à savoir, est attribuée à la Communauté Flamande les compétences de la Région Flamande, ce qui fait qu’il n’ont qu’une seule assemblée parlementaire pour traiter des compétences régionales et communautaires, ce qui semble montrer des prémices d’une volonté d’un parlement propre, tel un État)
  • Communauté Germanophone (petite région à l’Est, où moins d’1% de la population Belge parle Allemand)

Dès lors, la Wallonie, encore « plus fort » que la Flandre économiquement et certain de son redressement, a demandé la création d’une deuxième collectivité politique fédérée: les Régions. Ceci est à comprendre dans un autre sens que le sens géographique. Les Régions comprennent, dans l’espace, plusieurs régions géographiques:

  • La Région Wallonne comprend la région langue française et de langue allemande (Communautés Française et Germanophone, Bruxelles non comprise)
  • La Région flamande comprend la région langue néerlandaise (Communauté Flamande, Bruxelles non comprise)
  • La Région Bruxelloise (porte plusieurs appellations) s’étend sur la région bilingue de Bruxelles-Capitale.

À présent, la Flandre est dans une situation de force économiquement et démographiquement. Plus nombreux et ayant un PIB/hab. supérieur, l’égalité entre les régions est sur le point de se retourner…

Pourquoi la crise politique?

« Walen Buiten » , « Les Wallons Dehors! ». Source: Université de Liège

Depuis déjà longtemps, on observe de grosses tensions intercommunautaires. Par exemple, Louvain-La-Neuve. Prestigieuse université de nos jours, elle a été créée parce que les étudiants flamands ont voulu les « Walen Buiten », « Les Wallons Dehors! », ou encore « Walen Go Home! », désirant conserver pour eux l’Université de Leuven.

Ce message fort n’est pas le début, mais le premier grand message adressé aux Wallons. « Nous, Flamands, ne voulons plus de vous chez nous! ». Cela date de 1963.

Nous sommes maintenant en 2010, et si nous ne rencontrons plus ce genre de grands évènements, c’est sûrement parce que les Wallons sont effectivement buiten, et pourtant… Les débats continuent.

Pour cela, il faut se référer aux élections de 2007. Le pays a fonctionné relativement normalement depuis tout ce temps (un grand nombre de réformes ont eu lieu, la tension politique était alors évidente mais il n’y avait pas de crises telles que celles que nous rencontrons aujourd’hui), mais les coalitions ne sont pas parvenus à former un gouvernement, faute d’accord.Après 9 mois de négociation, le pays a un gouvernement, instable mais certain.

Le problème BHV

La problématique concerne l’élection de la Chambre des Représentants, du Sénat et du Parlement Européen.
Les « zones » d’élection sont appelées circonscription électorales. En gros, on a divisé le pays en circonscriptions afin de bien voter de façon proportionnelle au nombre d’habitants.
Celle-ci recouvre Bruxelles ET l’arrondissement administratif Hal-Vilvoorde, arrondissement principalement francophone mais situé en Flandre.
Donc les électeurs sont soumis au même régime que Bruxelles (considérée comme bilingue) du point de vue électoral, et donc doivent voter pour les mêmes candidats, candidats qui peuvent être, à leur choix, issu d’un parti néerlandophone ou francophone.
Ça, la Flandre veut le changer et diviser la circonscription électorale en deux (d’où le mot « scission de BHV » qu’on entend partout), afin que les gens de Hal-Vilvoorde ne puissent plus voter que pour des partis Flamands, parce qu’ils sont situés en Flandre (Politique du territoire)
Les Francophones, eux, veulent pouvoir laisser le choix de la langue (politique de la langue).

Le gouvernement alors en place (Gouvernement Leterme), incapable de résoudre ce problème BHV, demande la démission du gouvernement et dissolution des chambres parlementaires. Nous sommes le 22 avril 2010, et depuis lors, nous n’avons plus de gouvernement.

La population est alors appelée à voter. La Wallonie élira majoritairement le Parti Socialiste, et la Flandre, grand drame, pour un parti indépendantiste flamand, qui n’est pas d’extrême-droite, contrairement à ce que de nombreux commentateurs et blogueurs affirment.

Ce parti indépendantiste et le PS doivent former un gouvernement, aussi absurde que cela puisse paraître. Cela a davantage bloqué la situation.

Sur quoi portent les négociations?

Principalement:

  1. La politique sociale. La Flandre estime qu’il y a trop de chômeurs en Wallonie, et qu’ils payent pour eux. Bien que cette opinion est critiquable, la Flandre souhaite une attribution de la politique sociale aux Région et non plus au Fédéral.
  2. BHV. J’en ai parlé là tout de suite.
  3. Modification du mécanisme du budget en général, pour arriver à environ 49% du budget fédéral attribué aux entités fédérées, pareil, début d’une indépendance, personne n’est dupe. Refus total des Francophones.

Et aujourd’hui…

On fait successivement appel à des conciliateurs pour essayer de mettre tout le monde d’accord, mais comme il y a des refus catégoriques de chaque côté, ce n’est pas prêt d’avancer…

De nouvelles élections n’est pas envisageable, sinon de secouer les dés à nouveau pour tomber encore sur un résultat incohérent.

Maintenant, les négociations ont tellement duré qu’ils se sont, globalement, arrêté de se faire confiance.  Ils ne se parlent plus véritablement et la discrétion autour du sujet est telle qu’on ne sait pas véritablement où ça en est.

La prise d'otages Libyenne

L’annonce est encore à prendre avec précautions, mais il se pourrait que Kadhafi ait monnayé son départ … contre garanties !

Pendant ce temps, le peuple avance... Crédit Photo: AFT

Cela sonne, pour moi, comme une prise d’otages d’échelle nationale. Surtout le fait qu’il demande, entre autres, une cagnotte.

 

Bien entendu, cela a été refusé, car cela lui accorderait plus d’honneurs qu’il n’en mérite et, surtout, parce qu’il est allé bien trop loin dans sa  « guerre contre son peuple » pour pouvoir simplement se retirer comme si de rien n’était.

Ultimatum de la N-VA: Et si on faisait sans eux?

Cela marque l’actualité de la Belgique en ce moment, la N-VA (parti séparatiste) a lancé un nouvel ultimatum : Une solution pour fin avril, ou nous boycottons la table… Mais est-ce vraiment une si mauvaise chose?

Comme l’a déclaré Guy Verhofstadt, et comme je tue à le dire depuis des mois, il est absurde d’espérer retirer une négociation convenable avec un parti qui souhaite, intimement, voir le pays se scinder. D’une manière ou d’une autre, ce que va entreprendre ce parti ira à l’encontre de l’intérêt du pays, ce qui n’est pas nécessairement une bonne chose pour établir un gouvernement stable.

Jan Jambon, qui pose l'ultimatum. Crédit Photo: Portfolio Le Soir

Ce qui me force à me poser une question: Pourquoi se sentent-ils si nécessaires? Pourquoi ne pas mettre ce parti de côté pour forger une majorité (c’est envisageable), défendant les intérêts du pays?

Théoriquement, le boycott de la N-VA ne devrait pas de poser de problèmes vis-à-vis du conciliateur, celui-ci ayant pour mission de forger une majorité, même si le parti majoritaire est écarté.

Tous les partis se sont opposés à cette « dead line », montrant bien que la N-VA se veut avoir le monopole de la négociation, et veut mener la danse, sans écouter les autres partis. Naturellement, la confiance dont on entend tant parler risque de rester bien illusoire si elle doit se faire avec un parti qui témoigne d’un intérêt manifeste de mettre des bâtons dans les rouages de la mécanique de la négociation.

Pour critiquer cet utlimatum, je me contenterai de répondre à ses arguments:

« La Belgique doit introduire un budget pour plusieurs années à la fin avril auprès des institutions européennes. Notre pays devra également indiquer comment il atteindra les objectifs européens pour 2020, qui doivent de relancer l’économie de l’Union européenne » (source: lavenir.net)

Le gouvernement en affaires courantes a parfaitement le pouvoir de gérer les affaires européennes, étant considérées comme urgentes, voire habituel, selon l’angle emprunté: elles sont urgentes en ce sens où il faut relancer l’économie européennes, habituelles parce que la Belgique doit, de façon habituelle, transmettre son budget. Comme je l’ai expliqué dans l’article à propos du fonctionnement de la Belgique en affaires courantes, de ces deux conditions, une seule suffit pour accorder la compétence au gouvernement en affaires courantes.

Cela ressemble , de sa part, à une nouvelle tentative de manipulation; en voulant précipiter les choses, la N-VA veut forcer les autres partis à prendre de mauvaises  décisions ou des décisions hâtives. D’autre part, durcir le climat ne va pas aider les partis à prendre calmement et sereinement les dures décisions qu’il y a à prendre.

Alors, autant faire sans un parti qui ne souhaite pas que de bonnes décisions soient prises.

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Le piège politique, ou le casse-tête de la boîte enfermant sa clé…

Crédit Photo: Xiiime

La politique Belge est-elle compliquée ? Oui. Résoudre les conflits qui s’y déroulent ne sont pas chose aisée, encore moins lorsque nous sommes dans un de ces cas insolubles.

La crise en Belgique est comme cette photo, prise à Louvain-la-Neuve le 14 février dernier. Imaginons une boîte fermée, dont la clé se situe à l’intérieur.

On ne sait pas comment on y est arrivé, puisqu’il est inconcevable que cette clé eût pu fermer la boîte. Le conflit politique Belge est si noué qu’on se demande comment on a pu en arriver là.

D’autre part, pour l’ouvrir il faudrait obtenir la clé, qui est au cœur du

problème.

Eh bien le conflit politique est pareil. Quelqu’un a dû fermer cette boîte, quelqu’un de l’extérieur est arrivé et a généré un conflit que personne ne voulait. Ce conflit, à savoir la régionalisation, est créée de toutes pièces par la Belgique, il y a quasiment cinquante ans de cela.

Pendant que les politiciens essayent, depuis l’intérieur de la boîte, à utiliser la clé qu’ils ont – leur pouvoir décisionnel – nous, à l’extérieur, on se demande un peu comment ils sont rentrés là-dedans, et comment ils ont pu s’y enfermer.

Je pense que tant qu’ils en resteront se poser les mêmes questions, à se concentrer sur cette serrure – serrure fermée par les nationalismes historiques – les politiciens ne pensent pas à utiliser une autre sortie, une autre méthode de s’arranger que traiter de cette régionalisation. Ils ne pensent pas à briser la glace, à abandonner cette sotte idée qui déchire le pays, et jamais les nationalismes ne viendront rouvrir cette boîte.

Les élections, ayant mené un parti « fermeur de boîte » à l’intérieur de ladite boîte, ont exacerbé ce piège diabolique. Oui, il y a un parti qui n’a pas l’intention d’ouvrir la boîte. Alors, à ce rythme-là, on n’en est pas sortis.

Catégories :Belge
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